Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 10:42
Je ne sais pas par quel mécanisme, mais il y a des restaurants qui, le dimanche midi, attirent les familles.

C’est le cas de la Gioconda, chouette restaurant italien qui donne sur le jardin des batignolles où l’on est certain, le dimanche midi, de trouver pèle mêle, des petits couples très amoureux, des petits qui courent partout en attendant leur énorme coupe de glace avec des jolis parasols en papier de toutes les couleurs plantés dedans, des ados blasés qui donnent l’impression d’être en train de préparer un plan d’évasion, des couples plus très amoureux qui n’ont rien à se dire, des mamies en famille qui sont prêtes à tout pour attraper l’addition avant leur gendre ou des mamies entre copines qui se lèchent les babines quand on leur amène leur énorme coupe de glace avec les jolis parasols en papier de toutes les couleurs plantés dedans.

Le restaurant le dimanche midi, c’est comme une fenêtre sur la vie, comme un film des grandes étapes de la vie qui défilerait en accéléré.

Ricchi e poveri - Sarà perché ti amo
Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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Samedi 4 octobre 2008 6 04 /10 /Oct /2008 19:55
Dans la vie il y a les trucs qui reviennent et les trucs qui passent.

Les baleines dans la baie du Saint-Laurent, la rentrée des classes, la pluie, les feuilles d’impôt, les quantités excessives de mûres accrochées aux branches épineuses des ronces au bord des chemins en septembre, Noël ou le chien à qui on a lancé un bâton sont des trucs qui reviennent.

Une mauvaise bosse, le temps, les coups de soleil, la vie ou les couleurs de ce tee-shirt qu’on aime bien sont des trucs qui passent.

Le plus souvent un truc qui passe, ça fait comme un petit pincement au cœur et un truc qui revient c’est plutôt chouette (à l’exception peut être de la rage de dent).

Mais ce qui est vraiment intéressant dans la vie c’est les trucs dont on ne sait pas à l’avance s’ils vont revenir.

C’est par exemple ce chat appartenant sans doute à un voisin qui, sans raison, prend l’habitude de venir faire chaque jour chez vous un repas supplémentaire avant de décider sans prévenir de sortir de votre vie comme il y était entré.

C’est aussi le cas quand on est au feu d’artifice, vers la fin, au moment où on ne sait pas trop si c’est le bouquet final ou si ça va continuer encore.

Mais ce qui est vraiment épatant dans la vie, ce sont ces trucs dont on a la quasi certitude qu’ils sont passés et qui reviennent sans crier gare : Ulysse 31 à la télé, les espadrilles, le succès d’Indochine et aussi et peut être surtout un ami perdu de vue depuis longtemps retrouvé par hasard.

Daho - Dani - Comme un boomerang
Par Nanaimo - Publié dans : Humeur
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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 15:55
Il y a un mois ils étaient nerveux, pressés, agacés, parisiens, et poussaient à toute vitesse leur caddie dans les allées du G20.

Il y a trois semaines, ils arrivaient enfin à la mer, la mine défaite, après avoir eu trop chaud dans des embouteillages trop nombreux.

A peine la valise défaite (elle aussi), ils allaient prendre leurs premiers coups de soleil.

C’est un peu comme si à ce moment précis, une force contre laquelle il était inutile de lutter avait décidé de freiner le cours du temps. Dès lors chaque geste se faisait plus lent. Chaque jour était rythmé par des occupations semblables : vérifier les horaires de marées, se mettre en route pour la plage, ne pas oublier de mettre de la crème, penser à acheter du rosé pour l’apéro.

Il y a deux semaines et trois jours, ils ont commencé à peler. On n’est pas vraiment en vacances tant que l’on ne pèle pas un peu.

Il y a trois jours, ils s’étaient fait la remarque qu’il faisait déjà nuit alors qu’il n’était même pas neuf heures.

Le lendemain ils s’étaient étonnés qu’une feuille se détache nonchalamment sur leur route avant de venir mourir devant leurs espadrilles.

Il y a deux jours, ils avaient ressenti comme un léger pincement au cœur à l’idée qu’il fallait se mettre à faire les valises.

Il y a un jour, ils arrivaient enfin au péage de Saint-Arnoult, après avoir eu trop chaud dans des embouteillages trop nombreux. C’est à ce moment précis, qu’ils ont eu cette sensation étrange que le temps était de nouveau pris dans une espèce d’accélération dans laquelle il fallait se fondre pour ne pas se faire klaxonner parce qu’on a mis trop longtemps à avancer après que la barrière se soit ouverte.

Il y a une heure, ils étaient au supermarché pour remplir leur frigo. Curieusement, malgré le repos, malgré le sel sur la peau, ils étaient nerveux, pressés, agacés parisiens et poussaient, à toute vitesse leur caddie dans les allées du G20.

Jean Louis Aubert - Les plages
Par Nanaimo - Publié dans : Actualité
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Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 17:26
De mon point de vue, l’utilisation d’un photomaton s'apparente à une espèce de torture.

D’abord se rappeler dans quelle station de métro il y a une cabine, pester de ce que la machine est en panne, marcher, en trouver une autre, s’énerver de la présence d’un énorme tag sur le fond blanc plus très blanc du coup. Trouver enfin un automate photographique disponible, constater avec désarroi que l’on a pas de monnaie, aller acheter un paquet de tic tac au bureau de tabac pour faire de la monnaie, perdre son tour, attendre la fin de la séance photo de trois lolitas compactées ayant décidé d’immortaliser leur amitié préadolescente.

Vérifier que l’on a pas été suivi, s’engouffrer dans la machine, s’étonner de ce que le rideau soit désespérément trop court, tourner le tabouret, mettre les pièces, appuyer sur le gros bouton, se concentrer, sentir le nez qui gratte, ne pas se gratter, surtout ne pas se gratter le nez. Et puis si, se gratter le nez quand même, on doit avoir le temps, clic clac. Ne pas garder la photo, recommencer, se rappeler des photomatons de son enfance et du flash qui résonnait dans toute la gare (y a-t-il un équivalent de raisonner pour la lumière ?), se concentrer de nouveau, et puis sans raison sur un coup de tête, défier l’objectif d’une grimace de dernière minute, clic clac. Dernière chance, se concentrer vraiment, pas bouger, clic clac.

Sortir de la machine, attendre une éternité en se donnant une contenance, s’emparer de la bandelette et partir en courant.

Quelques années plus tard mettre la main sur son stock de photomatons ratés en triant des vieux papiers, se moquer.

Etienne Daho – Tombé pour la France

PS : c’est sans doute une coïncidence, mais il se trouve que je commence juste un projet inutile (http://www.photomaton-moche.com) en lien avec billet.  N’hésitez pas à contribuer à cette oeuvre.

Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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