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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 00:00
Quand on travaille dans un endroit reculé (c'est-à-dire de l’autre coté du périphérique) il n’est pas rare que le nombre limité de moyens de transport disponibles pour se rendre au travail ne concentre aux heures de pointes quelques connaissances de seconde zone. Une connaissance de seconde zone est une personne qui travaille dans le même immeuble que vous mais que vous ne connaissez que de vue.

 

La croiser dans l’immeuble provoquerait au mieux un sourire poli voire un hochement de tête, mais se retrouver ensemble dans le train de 8h14 déclenchera à coup sûr une conversation pendant laquelle on ne manquera pas de se réjouir d’avoir, la veille au soir, réussi à attraper le train de 19h18 alors qu’on était parti du bureau à 13 (ce qui en soi est une prouesse même si hier soir le train de 19h18 était en retard comme souvent sur cette ligne qui-vraiment-ne-marche-pas-bien-c’est-une-honte).

 

Il peut arriver que le matin alors qu’on est pas encore tout à fait réveillé, on aperçoive une connaissance de seconde zone dans la rame dans laquelle on vient de s’engouffrer et que l’on ait pas du tout envie de converser des vertus comparées du 8h14 et du 08h24.

 

Deux techniques d’évitement assez efficaces sont alors possibles : la technique dite du caméléon qui consiste à faire le moins de mouvement possible, à ne poser son regard sur rien, bref, se faire de la couleur du siège. La seconde technique, dite de la loutre, consiste à opérer un mouvement rapide en surfant sur le flot de la foule afin de se diriger vers l’étage du wagon où ne se trouve pas cette personne.

 

Ces techniques, qui ont fait leurs preuves, permettent de profiter tranquillement de son ipod pendant son trajet sans passer pour un muffle. Il convient cependant de s’entraîner à prendre un air surpris pour le moment où, une fois arrivé dans l’ascenseur, on vous lancera un "Je vous ai vu ce matin dans le 8h14".

 

Vanessa Paradis - Le tourbillon de la vie
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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 00:00

perso-haddock.gifL’autre jour en pleine réunion j’ai appris un nouveau mot, c’est arrivé par hasard, le mot anacoluthe.

Quand on est petit, apprendre un nouveau mot est un truc qui arrive presque tous les jours et qui, à chaque fois, suscite un certain émerveillement. On ne se lasse alors pas de répéter ce nouveau mot ami. C’est par exemple le cas vers l’age de trois ans quand on découvre le mot caca boudin.

Découvrir un nouveau mot à l’age adulte est un plaisir plus rare qu’il convient de savourer. Ainsi mes collègues de travail (qui ne connaissaient pas ce mot non plus) et moi-même avons à ce moment là marqué une pause dans la réunion et pris le temps d'esquisser un sourire gourmand.

Il se trouve qu’il y a deux catégories de mots que j’apprécie tout particulièrement : les figures de rhétoriques, qui sont aux mots ce que le chat angora est au chat, comme épanadiplose ou autonomase et puis les mots périmés, ceux qui sentent bon la naphtaline et nos grands-mères comme par exemple suranné, fifrelin, potron-minet ou bulgomme dont je m’efforce parfois de saupoudrer ma conversation.

Ce qui est drôlement chouette, c’est que le mot anacoluthe, comme le mot apophtegme, peuvent rentrer dans ces deux catégories mais aussi qu’ils font parties des insultes préférées du capitaine Haddock.

Il y a des jours, où on ne regrette pas de passer ses journées en réunion.

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Jil Caplan - Les mots

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 00:00
L’entreprise dans laquelle je travaille a récemment décidé de régler par défaut toutes les photocopieuses en mode recto-verso. Cette initiative a pour but de générer quelques économies de frais variables et aussi de sauver quelques arbres.

Seulement voilà, quand on imprime une jolie présentation PowerPoint en couleur sur la photocopieuse atomique de l’étage (celle qui paraît-il fait aussi scanner et fax, sans que personne n’ait encore réussi à percer les mystères de cette fonctionnalité), les effets combinés de l’agrafage dans le coin inférieur droit du document et de l’inversion haut-bas du mode recto-verso paramétré de force, rendent le plus souvent la dite présentation inutilisable à moins de risquer une luxation collective du coude lors de la réunion à laquelle l'impression de ces supports est destinée.

Juste après un premier essai, on tente en général de remettre la liasse obtenue dans le chargeur afin de générer un document normal et on obtient le plus souvent un autre recto-verso dans lequel il manque une page sur deux.

On met alors rapidement le tout à la poubelle en grognant avant de repartir lancer l’impression sur une imprimante normale, non sans se lamenter sur le triplement probable de la consommation de papier dans l’entreprise consécutif à la mise en place de cette mesure liberticide.

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Collectif des sans papiers -Les p'tits papiers

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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 00:00


tongs2.jpgIl y a quelque chose d’épuisant dans la dernière semaine avant les vacances. De la fatigue accumulée pendant des mois, et puis ce truc toujours désagréable de voir au fil des semaines les autres partir en vacances en faisant le tour des bureaux le dernier jour.

Quand on était à l’école primaire, la dernière semaine avant les grandes vacances était synonyme de glande organisée. On passait des heures dans la cour de récréation, on avait le droit d’amener des jouets, on s'empifrait de gâteaux, bref on se mettait en roue libre en attendant que cette semaine passe.

Il est amusant de constater que dans les entreprises l’été, l’atmosphère rappelle par moment celle de l’école Paul Langevin à l'aube des grandes vacances.

Bien sur on n’amène pas ses jouets, on ne fait pas de gâteaux mais les récréations à la machine à café durent plus longtemps.

Parfois, le téléphone sonne, c’est en général un collègue rieur qui veut savoir à quelle heure vous allez déjeuner et qui trouve amusant de passer ce coup de fil du bureau du grand chef dont le nom apparaît donc sur votre téléphone (bonne blague d’été qui fait toujours son petit effet).

Je crois qu’on a vraiment besoin de ces palliers de décompression vers une oisiveté estivale reconstructrice.

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Au p'tit bonheur - J'veux du soleil

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 18:25
plateau.jpgJe ne sais pas à quelle étape de son évolution l'homme a décidé d'inventer les réunions. Pendant longtemps tout était plutôt simple. Le chef était celui qui tapait le plus fort, les problèmes se réglaient d'eux même. Quand on rencontrait un lion des cavernes, il n'y avait que deux issues possibles, soit on était doué avec sa lance et ca faisait un festin pour le soir pour sa famille, soit on était pas doué avec sa lance et ça faisait un festin le soir pour la famille du Lion. A l'époque nul besoin de passer des heures dans une salle mal éclairée à visionner des présentations powerpoint montrant les différentes espèces de lion des cavernes et à se mettre d'accord sur le modèle de lance qu'on allait adopter ou sur la stratégie qui allait permettre de tuer un max de lions des cavernes et d'en laisser le moins possible aux concurrents.

Aujourd'hui dès qu'il y a un problème à résoudre, et même parfois quand il n'y en a pas, on organise une réunion.

On peut classer les réunions en quelques grandes familles :

Il y a d'abord les réunions foireuses qui, le plus souvent, ont lieu un lundi matin très tôt, ou bien un vendredi à 17h30. En général on ne sait pas trop qui les organise d'ailleurs on a oublié de réserver une salle. Au bout d'une petite demi-heure, quand on a retrouvé tous les participants et la salle, tout le monde se regarde en se demandant ce qu'il fait là. Ces réunions là peuvent tourner en rond pendant des heures, rythmées par les allers et venues de gens qui sortent téléphoner ou qui demandent qu'on leur prête le cable réseau pour lire leurs mails. La meilleure chose qui puisse arriver dans ces réunions là, c'est de se retrouver assis au niveau de l'assiette de gâteaux secs et de les garder pour soi, de s'empifrer pendant que les autres sont jaloux.

Il y a les réunions où tout le monde s'engueule, que personnellement j'aime assez. Organiser délibérement ce genre de rendez-vous est un jeu assez amusant : d'abord il faut inviter deux ou trois participants qui se détestent, ensuite il faut veiller à construire méticuleusement l'ordre du jour pour que le point connu de désaccord arrive à un moment de fatigue, d'hypoglycémie ou de surmenage de la clim.

Il y a aussi les réunions plateaux repas, que je n'aime pas trop ; le principe : on commence vers 11h, on prévoit de terminer vers 14 heures. En ce qui me concerne je commence à atteindre un état d'hypoglycémie galopante vers 11h30 et j'ai carrément les crocs à partir de 11h42. C'est en général à cette heure que les plateaux repas font leur apparition. Seulement voila, en général on ne les attaque pas avant 13h30 voire 13h45. Donc on est là à parler d'un sujet auquel on ne prète plus aucune attention, obsédé qu'on est par l'odeur de la béanaise qui accompagne le rosbeef froid et alléché par la vision des tartelettes à la fraise à travers le couvercle thermoformé en plastique transparent. De temps en temps un ventre gargouille. Chacun se comporte alors comme s'il ne l'avait pas entendu, en faisant mine de se concentrer sur les powerpoints colorés qui défilent sur l'écran.

Parfois quand je suis fatigué, j'ai tendance à oulier de noter des rendez-vous dans mon agenda, et à découvrir aver horreur que je suis censé me trouver dans deux réunions au même moment. Curieusement mener de front deux réunions est à peu près gérable. Il suffit de s'absenter de la réunion dans laquelle on se trouve sous le pretexte qu'on a oublié un truc dans son bureau, qu'on va aux toilettes ou chercher un café et mettre ce temps là à profit pour aller participer à l'autre réunion.

Par contre, comme au théatre, il faut avoir passé un peu de temps à préparer ses accessoires et ne pas revenir avec un gobelet de café quand on a annoncé qu'on allait chercher l'alimentation de son ordinateur, surtout si l'ordinateur en question se trouve en fait dans l'autre réunion.

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Yanna Katsoulos - Les autres sont jaloux
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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 11:59
La vie de bureau est le terrain idéal  pour vivre ou observer des moments de lâcheté ordinaire.

Parfois celle-ci est la conséquence d'une certaine paresse. C'est pas exemple le cas lorsqu'on est à l'origine du plus grand bourrage papier que la photocopieuse de l'étage ait connu dans les dix dernières années et que l'on a pas le courage de se laisser guider à travers les douze écrans d'aide de la machine vous demandant tour à tour d'ouvrir la trappe C4, le tiroir B8 et de tourner la manette E4. Ce processus prend en général une bonne vingtaine de minutes avant de vous ramener à peu près dans la situation de départ. On se décide en général assez vite à abandonner la scène du crime en siflottant , non sans avoir pris soin d'effacer ses empreintes et de façon plus générale tout indice pouvant permettre à un éventuel enquêteur du FBI de remonter jusqu'à vous.

C'est aussi le cas lorsque la cartouche de votre imprimante vient de passer de vie à trépas (c'est en général le jour où vous portez votre plus belle chemise blanche, je n'ai jamais compris pourquoi les cartouches des imprimantes choisissent toujours un jour à chemise blanche pour mourir) et que vous avez eu la flemme d'en commander une à l'avance. Une solution assez vilaine, consiste à aller échanger votre cartouche pourrie contre celle d'un collègue en RTT, non sans avoir pris soin de la secouer un peu pour donner, demain matin, à ce collègue l'illusion que sa cartouche s'éteind dans ses bras.

Parfois la lâcheté est guidée par un instinct de survie, comme par exemple devant cette cuvette des toilettes sans doute encombrée par une consommation excessive de papier, dans laquelle le niveau de l'eau s'élève dangereusement vous poussant à une fuite animale et salvatrice.

Il semble que l'instinct de survie soit plus fort que tous les codes sociaux. Je me suis souvent demandé ce qui se passerait dans un avion en dépressurisation s'il ne tombait qu'un masque sur deux. Est-ce qu'on tirerait à la courte paille ? Est-ce qu'on se mettrait d'accord sur un partage équitable  ? Ou bien est-ce qu'on se foutrait sur la gueule ? (hypothèse à mon avis la plus probable) : "Je vous assure Madame, ce masque est tombé à ma place."

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Axel Bauer & Zazie - A ma place
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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 07:32

L’autre jour j’ai reconnu quelqu’un que je ne connaissais pas.

Je m’explique, je me trouvais dans un de ces endroits où les multinationales aiment bien regrouper leurs troupes pour faire défiler sur un écran des présentations powerpoint chamarrés devant un auditoire pas toujours passionné, attendant avec impatience la pause du matin qui sera l’occasion de papoter un peu avec les collègues de l’autre bout de l’Europe, de passer un ou deux coups de fils, ou de se goinfrer de chouquettes.

Comme on partage en général ce genre d’infrastructure avec d’autres entreprises, il n’est pas rare d’y croiser au détour d’un couloir, qui un ancien collègue, qui une vague connaissance du milieu professionnel. C’est ce qui m’est arrivé l’autre jour. Seulement voilà le type que j’ai cru reconnaître, je ne l’avais jamais rencontré. En fait il ressemblait juste beaucoup à un client à moi.

La scène s’est déroulée devant la porte des toilettes (c’est inoui à quel point c'est un endroit stratégique les toilettes). Comme j’étais pas sûr de mon coup (parfois l’identification d’un visage connu sorti de son contexte prend un peu de temps) j’ai commencé par le dévisager longuement, le temps que mon cerveau gauche fasse défiler les fiches des gens croisés  jusqu'à s’arrêter sur le sienne. Ayant associé un nom (monsieur Machin) à son visage, je lui lance un jovial :  "On se connaît non ? Vous êtes Monsieur Machin", auquel il me répondit froidement: "Ah non pas du tout "

A ce moment précis, j’ai réalisé que le regard un peu intrigué qu’il avait tout à l’heure n’était pas du au fait que son cerveau gauche faisait lui aussi défiler ses fiches mais à la gène qu’il éprouvait de se sentir observé.

A ce moment précis, j’ai eu très envie de creuser un trou et de me mettre dedans, de lancer une boule de fumée pour faire diversion et partir en courant. Je suis devenu tout rouge et après avoir bredouillé quelques plates excuses, j’ai filé me cacher dans la salle de séminaire quitte à prendre le risque d’abandonner ma part de chouquettes à quelques collègues affamés de l’autre bout de l’Europe.

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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 07:50

L’un des moments incontournables de la vie professionnelle est la célébration collective d’un événement heureux (mutation, marriage, naissance, retraite) communément appelé pot d’entreprise.

Il est en général précédé de quelques jours par la circulation souterraine d’une enveloppe au sein du service. Une enveloppe toute bête en kraft, sur laquelle on agrafe une liste de circulation, toute bête elle aussi, de laquelle on prend soin de biffer secrètement le nom de la personne concernée.

Ca m’amuse toujours assez le truc de l’enveloppe. D’abord parce que ça permet dans le calme de son bureau de se livrer à deux ou trois choses assez vilaines, comme par exemple mesurer la popularité de celui qui part par l’évaluation de la somme contenue dans l’enveloppe ou bien spéculer sur l’identité de celui qui est responsable de la présence d’une pièce de 5 centimes dans ce nourin moderne.

Pour les plus radins, l’enveloppe c’est aussi le moyen de financer ni vu ni connu l’achat de la baguette familiale aux dépends de la qualité du cadeau de celui qui s’en va….

Parfois il y a beaucoup d’enveloppes qui tournent en même temps (dans ces cas là le dernier qui passe a droit à un cadeau pourri).

Des fois il me prend l’envie de faire circuler des enveloppes pour des prétextes imaginaires (comme l’enlèvement d’une de mes dents de sagesse) pour voir si elle revient avec de l’argent ou d'utiliser ce moyen pour faire courir des bruits de mutations ou de départ sur des collègues désagréables.

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21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 04:32

Le séminaire annuel est un évènement courant dans bon nombre d'entreprises multinationales.

Celui où je me trouve pour deux jours, a lieu dans une ville de chine paraît t’il très chouette (je dis paraît t’il car en général, et c’est assez frustrant, ce genre de manifestation laisse assez peu la place pour se faire des trucs fous, comme par exemple sortir de l’hôtel pour aller se promener). C’est curieux comme les salles de réunions se ressemblent, qu’on soit à New York, Saigon ou Hangzhou…

Le déroulement d'un séminaire est somme toute assez prévisible :

A l’aéroport il y a en général un type qui vous attend avec un petit panneau et votre nom dessus. Il vous sourit une fois que vous lui avez fait un signe qui confirme que vous êtes le type dont le nom est sur le panneau. Il parle deux mots d’anglais (good morning), il a une chouette voiture avec les vitres teintées et l’air conditionné dedans (c’est tant mieux car dehors il fait 38 degrés et 150% d’humidité). Il vous conduit gentiment à travers la ville jusqu'à votre hôtel pendant que votre corps s'etonne qu'il fasse grand jour alors qu'il est trois heure du matin à sa montre.

Une fois arrivé à l’hôtel, un autre type qui a suivi le même cours d’anglais (good morning) vous dépossède de votre valise. Ca m’a toujours un peu stressé le rapt de valise en arrivant à l’hôtel : on ne la voit plus jusqu'à ce que par miracle un spirou frappe à la porte de votre chambre et vous la rene sans même exiger une rançon autre qu'un léger pourboire. A cette minute là, je suis en général émerveillé. C’est vraiment une machine bien rodée le truc des valises dans les grands hôtels, je pense que le personnel est recruté pour ses capacités télépathes : vous ne voyez jamais le type de la reception parler avec le bagagiste et pourtant le bagagiste il retrouve votre chambre du premier coup.

Le séminaire proprement dit comporte un certain nombre de figures imposées : le discours du grand chef qui dit que les résultats sont pas mal qu'il faut se bouger davantage, les retardataires qui essaient de se faire le plus discrets possibles (ils sont arrivés la veille et ont eu du mal à se lever ce matin a cause de l’énorme biture qu’ils ont pris la veille). Et puis aussi les jolies présentations Powerpoint aux camemberts chamarés qui défilent toute la journée alors que l’on tente de lutter avec plus ou moins de succès contre le décalage horaire.

Le soir c’est dîner tous ensemble, le plus souvent suivi d’une séance de ce qu’il est convenu d’appeler la franche camaraderie après la travail (rien ne vaut une bonne cuite pour souder les équipes) pouvant prendre la forme au choix, d’un verre au bar de l’hôtel, d’un karaoké bien arrosé voire, pour certains, d’un petit tour aux putes avant de rentrer à l’hôtel.

Perso j’ai un peu de mal avec ce concept très asiatique qui consiste après une journée de travail à aller aux putes entre collègues pour se détendre. D’ailleurs en général à cette heure là je suis couché. Je souffre en effet de ce handicap congénital (que j'ai baptisé narcodécalepsie) qui fait qu’au dixième coup de vingt deux heures je tombe de fatigue, faiblesse décuplée par le décalage horaire.

La respiration d’après on se retrouve dans la voiture du type au panneau en route pour l’aéroport avant d’avoir eu le temps de dire ouf.
Mais au fait comment on dit ouf en chinois ?

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21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 10:18

La multinationale qui me possède à récemment fait le choix de rompre le contrat de la multinationale de restauration collective qui nous nourrissait pour nouer un nouveau contrat avec une autre multinationale de la restauration collective qui nous nourrit maintenant. Ce changement, sans doute motivé par une possible réduction des coûts sur ce poste finalement peu productif pour l’entreprise s’est traduit, comme c’est souvent le cas, par une baisse significative de la qualité et du niveau de service.

C’est ainsi que j’ai récemment eu l’occasion de manger les pommes noisettes les plus sèches, les plus fades, les plus froides, les plus moches de mon existence.

Une autre orientation impardonnable a été prise, celle de deréferencer la Danette au chocolat pour un ersatz de crème au chocolat de chez Mamie Nova, permettant sans doute par son prix de revient plus modique d’optimiser la marge dudit prestataire de restauration. Avec la disparition de la Danette au chocolat de la chaîne du self c’est peut être le seul moment de douceur voire d’extase de la journée (non le mot n’est pas trop fort, quiconque a goûté déjà à la Danette au chocolat pourra confirmer) qui est sacrifié sur l’autel de la rentabilité.

C’est pour dénoncer ces deux scandales que m’a traversé l’idée de remplir le cahier de suggestion.

La lecture du cahier de suggestion a toujours été pour moi un moment délicieux. Certaines signatures reviennent presque à chaque page. Ce sont les habitués du cahier, ceux qui chaque jour claqueront une remarque dénonçant ces nouilles vraiment trop cuites ou cette mouche trouvée dans la salade, c’est scandaleux.

Le cahier de suggestion est sans doute LE défouloir moderne qui cristallise toutes les frustrations du monde de l’entreprise, un terrain d’expression libre et presque sans conséquence, l’occasion pour certain d’exister à travers une trace de leur engagement pour le bien être culinaire de la boite, un griffonage qui sera lu par d'autres sur la route de la badgeuse qui parfois approuveront d'un "elle a bien raison quand même, elles étaient dégueu ces nouilles".

Et il y a un type de l’entreprise de restauration dont la tache consiste chaque jour à lire chacune de ces remarques et à y apporter une réponse circonstanciée, expliquer que tout le monde n’aime pas les pâtes al dente, présenter ses excuses pour la mouche même s’il ne peux pas faire grand-chose contre une mouche dépressive qui décide de mettre fin à ses jours en s’engluant dans une goutte de vinaigrette…

Au moment d’aller protester par écrit contre l’orientation stratégique concernant la crème dessert et ce qu’il est convenu d’appeler la tragédie de la pomme noisette, je découvre avec horreur que le cahier de suggestion a lui été remplacé par de vulgaires fiches à glisser dans une urne rendant impossible la récréative lecture des commentaires de mes cothurnes de siège social.

Je me suis donc empressé de remplir trois fiches, une pour la Danette, une pour les pommes noisettes et une pour demander le retour du cahier de suggestion, le tout sous un nom d’emprunt car il paraît que certaines personnes passent leur temps à lire les commentaires des autres et à s’en moquer dans leur blog.

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