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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 08:42

Dans notre civilisation judéo-chrétienne, les stratégies d’évitement de l’effort sont jugées comme répréhensibles. La paresse constitue même un péché capital, c'est-à-dire qu’il est probable que cet après-midi passé sur le canapé à regarder des dvd de séries américaines sans avoir fait la vaisselle et en vous empifrant de glace Häagen-Dazs à la fraise puisse vous mener tout droit en enfer et peut être même doublement si vous ne vous calmez pas un peu sur la glace Häagen-Dazs à la fraise.

On dira d’un enfant qui n’a pas des bonnes notes à l’école qu’il est fainéant, renonçant ainsi à la faire progresser. « C’est dans ses gênes on y peut rien laissons le tranquille il est bon pour une éternité de chaudrons et de marmites. On a plus qu’a le laisser se goinfrer de glace Häagen-dazs à la fraise* ».
Pourtant la paresse peut s’assimiler à une recherche d’optimisation d’un effort pour obtenir un résultat ce que j’aurais tendance à considérer comme un signe d’intelligence.

Dans une recherche d’optimisation de mon effort donc, le prochain billet qui sera publié sur ce blog a été écrit par Monsieur Type, énigmatique lecteur/commentateur de ce blog, qui a gentiment accepté de se prêter à ce jeu, me dégageant ainsi un peu de temps pour aller m’empifrer de glace Häagen-Dazs à la fraise.

 

* Oui je fais un peu une fixation sur le parfum strawberry cream de chez Häagen-dazs qui pour des raisons qui m’échappent n’est plus disponible dans les grandes surfaces (ni les petites non plus) et ne se trouve plus maintenant que dans les boutiques Häagen-Dazs. Je pense qu'il s'agit d'un complot d'autant plus qu'aucune boutique de cette marque imprononçable ne se trouve à proximité de la rue des moines.

 

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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 14:16

L’autre jour en faisant un peu de rangement, j’ai retrouvé une disquette 5 pouces et un quart encore appelée disquette molle par opposition à la disquette 3 pouces et demi, plus moderne et plus rigide aussi. Au siècle dernier il était de bon ton de laisser traîner une disquette cinq pouces et un quart, cela permettait d’être rangé dans la catégorie des technophiles. Il y avaient ceux qui bricolaient leur Commodore 64 et qui sauvaient leurs programmes sur le lecteur de cassette familiale interfacé avec ledit Commodore, et les autre fiers propriétaires d'un Apple 2E modèle évolué se nourissant exclusivement de disquettes molles.

Aujourd’hui quiconque laisserait traîner une disquette molle sur son bureau serait sans doute la risée de tous les collègues de l’étage tant cet objet appartient au passé au même titre que le téléphone en bakélite ou le baigneur en celluloïde.

Il est ainsi un certain nombre d’objets incarnant jadis le progrès moderne qui  se contentent aujourd’hui de susciter la nostalgie des badauds un dimanche à une brocante des batignolles. Certains comme le magnétoscope, le walkman, la K7 audio ou le minitel gouttent une retraite bien méritée après de belles heures de gloire, d’autres moins chanceux comme le magnétoscope V2000, le bibop ou le parfum bic ont traversé trop vite leur époque à contresens et se sont retrouvés "has been" avant même d’avoir été (cette phrase mériterait d’être traduite complètement en français, ou bien en anglais mais je crains que ça lui fasse perdre de son sens donc je vais la laisser comme ça je crois…).

Mais combien de temps ça prend au juste de devenir un objet du passé, un objet ringard. Le Concorde, la roue ou la fourchette ont assez bien traversé les époques la tête haute sans se démoder vraiment jamais mais c’est moins vrai des tabourets tam tam en plastique orange de notre enfance dans lesquels on rangeait nos jouets.

Alors combien de temps, combien de temps pour que cet écran plasma 107 cm ou cet ipod dernier cri finisse sur une table de fortune un dimanche dans un vide grenier devant les sourires amusés et nostalgiques de badauds nonchalants ? Combien de temps pour que les gens se disent que ça devait être long quand même neuf heures pour faire un Paris - New York dans un A380 ?

Post scriptum énervant à l'attention des lecteurs se trouvant actuellement au bureau :

Desolé pour l'horaire tardive de publication de ce billet, mais le programme de Thalasso de ce matin ne laissait pas la place à la mise en ligne de ce billet. Sur ce je file à la plage (Biarritz), je suis en retard... Mais au fait peut on simplement être en retard à la plage ???

Post scriptum à l'attention de Monsieur Type:

J'attends ton article

Post scriptum à l'attention de la plage du Miramar

J'arrive 

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7 août 2006 1 07 /08 /août /2006 07:01

Il y en France, une poignée de gens, oeuvrant dans l’ombre à l’inconfort de leurs contemporains. Nous avons tous fait les frais un jour ou l’autre de leurs travaux obscurs. Ils ont mis leur énergie créatrice à la disposition des forces du mal. Ils ont infiltré les administrations, les cabinets de design et les grands groupes de l’industrie dans le but de nous nuire.

Le plus souvent leur génie maléfique s’exprime dans le domaine de l’emballage. Les exemples sont nombreux. Citons au hasard (pas si au hasard que ça en fait mais bon) le blister plastique : ce truc qui résisterait à la découpe du laser le plus puissant, qu’on arrive péniblement à entailler avec une paire de ciseaux bien aiguisés avant de tirer dessus comme un malade en faisant bien attention aux arrêtes vives devenues coupantes comme des lames de rasoir. Ou encore la cellophane autour des CD dont la localisation de l'amorce est à peu près aussi aisée que de retrouver puis de décoller le bout d'un rouleau de scotch invisible.

C’est quand l’homme a faim qu’il est le plus vulnérable, et ces gens l’ont bien compris. Ainsi ils ont réservé leur inventions les plus cruelles à l’industrie agroalimentaire : ils sont responsable de l’utilisation de  l’espèce de feuille métallisée pour emballer les plaquettes de beurre qu’il est impossible d’ouvrir sans s’en mettre plein les doigts ou de la mise au point (le mot est peut être un peu fort) de la boite de sardine à l’huile dont le caractère néfaste s’exprime pleinement par un phénomène de synergie avec la clef à sardine : on rippe, on renverse de l’huile et éventuellement on se coupe (la même idée a été exploitée avec la boite de raviolis en conserve ouverte avec un ouvre-boite de camping).

Il n’est pas un domaine qui ait échappé à la perfidie de ces gens. Ce sont eux qui ont rendu le bord des feuilles de papier coupantes, eux qui calculent pendant des journées entières la quantité d'encre à mettre dans les cartouches d'imprimante pour qu'il faille les remplacer les jours où l'on porte une chemise blanche, eux qui ont fait en sorte que les timbres que l’on lèche aient mauvais goût. Eux encore qui ont dessiné la forme des berlingots d’eau de javel véritablement impossibles à ouvrir sans en foutre partout, eux qui ont inventé les étiquettes qui grattent dans les t-shirts ou les caleçons. Eux toujours, qui au fond de leurs sordides laboratoires trafiquent la densité de la pâte qui sert à faire du pain de mie pour être sur que les tartines tombent préférentiellement du coté du beurre.

Ce sont eux enfin qui ont eu l’idée de mettre un bâtonnet en bois dans les esquimaux, ce bâtonnet qui a très mauvais goût et dont le contact avec les lèvres est tellement désagréable, puis ils ont fait la promotion de cette invention diabolique (avec les résultats qu’on sait) chez les médecins généralistes pour l’examen notre gorge.

Mais alors qui sont ces malfaiteurs de l’humanité ?

Quel événement funeste a bouleversé leur vie et les a fait basculer ainsi du coté obscur ?

Mais surtout, pourquoi ne fait on rien pour les arrêter ?

* Sur une idée de Monsieur Type que l'on retrouvera ici

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 07:15

De tous les jobs de la fonction publique, le poste de Bison Futé est sans doute l’un des plus cool.

D’abord au niveau des horaires : on bosse un peu en fin de semaine, un peu quand il y a un jour férié, un peu pendant l’été (surtout début et fin juillet) et puis mi-août aussi (après mi-août il ne se passe plus grand-chose jusqu’à la toussaint).

C’est un job sans risque ça. Soit il y a des bouchons au moment où on les a prévu et on est super fort et on a de l’avancement, soit il n’y a pas de bouchons au moment où on les a prévu et là c'est super facile de désamorcer les remontrances du chef sur le fait qu'on est nul en prévisions : "qu’est ce que vous voulez Chef, ma prévision rouge était parfaite mais les gens m’ont écouté et sont partis plus tard, du coup pfuuut pas de bouchons, week end tout vert. Mais c’est quand même à ça que je sers non chef ? à ce qu'il n'y ait pas de bouchon. Vous oublierez pas ma petite prime, Chef."

Ce boulot, c’est une planque de rêve je vous dis. D’ailleurs je pense que ce n’est pas un hasard que le Bison Futé de notre enfance soit indéboulonnable* : Quand on a un job pareil on fait tout pour le garder.

Mais soudain un doute affreux m’étreint. Et si Bison Futé n’existait pas ? Et si toutes ces prévisions étaient bidon ? Et si tout cela n’était qu’une immense manipulation du gouvernement pour inciter les gens à partir en vacances tous en même temps parce que c’est rigolo de voir tous ces vacanciers coincés dans le bouchons au journal de vingt heures, quand on obligé de rester bosser dans son ministère à Paris pour le cas ou il y aurait une canicule ? Et puis finalement ce Bison Futé, on ne l'a jamais vraiment vu à la télé, personne ne sait trop à quoi il ressemble vraiement, on ne l'a jamais retrouvé en couveture de Voici, shooté au téléobjectif au bras d'une top modèle dans les rues de Rosny-Sous-Bois.

En tout cas une chose est sure, si Bison Futé part à la retraite, j'envoie un cv pour le job.


* Contrairement à Groquick qui s’est fait piquer son boulot de mannequin sur les emballages de Nesquick par un lapin arriviste. Pour plus de détail, voir ce site d'investigation sur ce qu'il est convenu d'appeler l'Affaire Groquick.

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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 07:00

La décharge d’adrénaline est un truc qui a été inventé il y a fort longtemps afin que l’homme des cavernes puisse courir plus vite la minute après celle de sa rencontre avec le lion des cavernes.

Depuis que l’homme a inventé la bombe atomique, il est beaucoup moins sensible aux attaques du lion des cavernes, mais ce mécanisme inscrit au fond de nos gènes continue de se déclencher dans des situations le plus souvent anodines, ne menaçant nullement notre survie immédiate :

- A la gare, au moment de l’achat d’un ticket de train quand il y a plein de monde, que le train lui partira dans quatre minutes alors que (comme dans les films) les aiguilles de la grande horloge de la salle des pas perdus tournent dans un mouvement que l’on pourrait qualifier de ralenti accéléré, si l’on aimait bien (ce qui est mon cas) associer des mots qui s’opposent en oxymores absolus d’une parfaite pertinence, tout en se perdant en digressions rhétoriques inutiles (comme par exemple souligner le fait qu’on trouvera un peu plus haut dans cette phrase un chiasme de très bonne facture) alors même qu’il ne s’agit nullement du sujet de ce billet. Pendant cette attente insupportable on pestera sur la lenteur maladive de ces gens qui prennent un malin plaisir à demander quatre fois au guichetier si pour aller à Perigueux il vaut mieux prendre un billet découverte séjour ou bien partir une journée plus tard et profiter ainsi du tarif couple seulement disponible pour un départ en période bleue, avant de se décider de partir en voiture finalement. Un peu plus tard, comme aura pas eu le temps d’attendre la fin de ce comparatif ferroviaire on se retrouvera dans le train sans réservation, on choisira un fauteuil au hasard et on sera de nouveau soumis à ces petites poussées d’adrénaline au moment ou s’approchera un passager ennemi disposant possiblement d’une réservation en bonne et due forme pour le fauteuil sur lequel on s'est indument assis.

- Chez Quick, un quart d’heure après qu’on vous ait promis de vous amener à votre place un Giant espéré (momentanément en rupture de stock) et que dépité vous ne voyez rien venir. Panique totale au moment où les regard inquiets que vous jetez à la caisse semblent vous indiquer que la caissière qui vous a fait la promesse d’un service personnalisé paraît avoir terminé son service.

- Chez le boulanger, quand il ne reste qu’une baguette et qu’il y a trois personnes avant vous. Stress voisin de celui que l’on ressent à la cantine  lorsque l’on aperçoit tout au bout de la chaîne du self qu’il ne reste plus qu’une mousse au chocolat et que l'on craint de n'être pas le seul dans la file à avoir envie d'une mousse au chocolat.

- Dans une réunion, quand la conversation arrive par hasard sur un sujet que vous ne maîtrisez pas, au moment où vous sentez que quelqu’un peut vous demander votre avis.

Ces petites agressions du monde extérieur produisent les mêmes réactions que la fréquentation du lion des cavernes : accélération du cœur, transpiration, bouffées de chaleur. Toutes ce petites choses qui permetteraient à notre organisme de se mettre à courir vite, très vite, ce qui quand on y réfléchit deux minutes ne sert à rien car la fuite à grandes enjambées a rarement provoqué l'apparition d'un Giant.

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10 juillet 2006 1 10 /07 /juillet /2006 22:03

Il y a un certain nombre de produits alimentaires qui ont un parfum d’enfance comme le Banga, le pain d’épice Prosper (youpla boum), les yaourts La Roche aux Fées ou les crèmes dessert Dany (Dany Dany Dany, on prend la vie du bon coté…) les barquettes trois chatons, ou bien encore les tablettes de chocolat Poulain jaunes dans lesquelles on trouvait des images à collectionner. J’arrête là cette liste avant que ce billet ne ressemble trop à un texte de Vincent Delerm (peut être est il déjà trop tard d’ailleurs).

L’autre jour je suis tombé par hasard sur un Carambar. Quand j’étais petit j’étais toujours volontaire pour aller chercher le pain dans la mesure ou il était permis d’acheter un Carambar (ou bien un ourson en guimauve) avec la monnaie du pain.

J’adorais J’adore les Carambars. D’abord cet emballage jaune imprégné de l’odeur du caramel que l'on decolle et que l’on glisse dans sa poche car on s’occupera plus tard des blagues imprimées dessus. Ensuite mettre le Carambar dans la bouche le sentir tendre les deux joues et espérer qu’il finisse par bien vouloir se ramollir sous l’effet conjugué de l’humidité et de la température pour pouvoir le tordre. S’étonner qu’il reste des plombages à la fin de la dégustation.

Enfin lire la blague, cette blague tordante qu’on pourra raconter le lendemain dans la cour de récréation. Et puis cette devinette qu’on ne comprendra pas car le procédé d’impression de l’emballage du dit Carambar fait que la réponse à cette devinette se trouve sans doute à cet instant précis entre les petits doigts d’un autre enfant qui achète le pain à l’autre bout de la France.

Je me demande à quoi ça ressemble la réunion du lundi chez Carambar, celle dans laquelle on doit trouver les blagues de la semaine. "Bon les gars je vous écoute, Robert t’as quoi en devinette. C’est tout ? C’est nul, bon les gars appliquez vous un peu on est en train de se faire tailler des croupières par Malabar qui a eu l’idée de mettre des décalcomanies on perd des parts de marché, alors je veux du lourd, du vraiment tordant"

Un des avantages de l’age adulte c’est qu’on a pas besoin de négocier âprement l’achat d’un Carambar avec la monnaie du pain. On peut si l’on en a envie glisser un plein sac dans son Caddie sans rien demander à personne. Si on veut on peut même s’envoyer la trentaine en une soirée sans que les parents ne trouvent rien à redire ou vous fassent la moindre remontrance. Après on met tous les emballages dans sa poche et le lendemain au bureau à la machine à café, les collègues vous trouvent vraiment tordant.

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8 juillet 2006 6 08 /07 /juillet /2006 10:25

Depuis toujours l’homme a l’obsession d’être le premier. Etre le premier à découvrir les Amériques, le premier à inventer la bombe atomique, le premier à aller sur la lune etc etc …

Quand bien même on ne serait pas destiné à laisser une trace aussi profonde que celles là dans le sillon de l’humanité, on éprouve dans la vie de tous les jours comme un sentiment de plénitude lorsque l’on réussit à occuper une place au premier rang à l’Olympia, a rentrer en premier dans ce magasin le premier jour des soldes, ou bien à démarrer en premier au feu rouge.

A l'école, où l'on est depuis la plus tendre enfance conditionné à conquérir la première place, l'ordre des choses banales est le plus souvent régit par l'ordre alphabétique, ordre supérieur au sein de l'Education Nationale. Moi qui suis un "t" (c'est-à-dire que mon nom de famille commence par un "t") j’ai souvent envié les "a" et les "b", ceux qui en premier savaient dans quelle classe ils étaient affectés, ceux qui connaissaient leurs notes avant tout le monde. Au fond d'eux les "a" savaient que l'orthographe de leur patronyme leur conférait un avantage absolu et ils en profitaient pour nous torturer un peu, par exemple en sortant de la visite médicale en nous faisant croire qu'on était sur le point de subir des trucs abominables auxquels ils venaient juste de survivre avant de nous laisser à notre attente insupportable et de s'en aller jouer dans la cour de récréation en riant.

Parfois pourtant être le premier n’a pas que des avantages. En temps de guerre, par exemple, les "a" ont beaucoup plus de chance que les "t" de sauter sur les mines (on le sait assez peu mais l’ordre alphabétique est aussi très prisé par le ministère des armées quand il s’agit de trouver des volontaires pour s’aventurer en premier dans un terrain inconnu possiblement miné).

Parfois quand il sent le danger l’homme renonce à cette quête d’excellence et lance un « vas-y toi plutôt » à un congénère moins finaud. C’est ainsi que l’espèce humaine s’améliore par la survie de ceux qui appréhendent le danger. Notons au passage que cela contribue aussi à parfaire les capacités de manipulation de cette même espèce.

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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 11:44

J’aime bien les périodes un peu calmes au bureau, celles où l’on ne se sent pas obligé de mettre la cravate, où l’on ne fait pas trop la queue au self, où le téléphone ne sonne presque pas, où l’on a le temps de faire des trucs incroyables, comme par exemple ranger son bureau ou son disque dur.

Un peu comme les éclipses, ces moments là sont relativement rares, mais se reproduisent de temps en temps, par exemple au mois de mai parce qu’il faut finir ses congés, au mois d’août parce qu’il faut prendre des congés, ou entre noël et le jour de l’an parce qu’il faut digérer sa dinde aux marrons.

Ce qui est rigolo dans les périodes creuses, c’est que lorsque l’on envoie un mail à dix personnes, on reçoit le plus souvent au moins neuf notifications d’absence. Il m’est même arrivé d’envoyer à mail à un correspondant en vacances juste avant d’enclencher à mon tour la notification d’absence puis de découvrir à mon retour non sans un certain amusement que nos PC s’étaient mis à se répondre l’un l’autre par des messages d’absence.

J’aime bien ces petites incursions d’infini dans notre monde profondément fini. C’est comme une faille, comme une aspérité dans la continuité de l’espace temps. Comme deux miroirs parallèles qui se reflètent à l’infini, comme la boite de la vache qui rit qui se répète sur la boite de la vache qui rit.

Etant petit (et toujours encore en fait) il m’arrivait de me poser la question de ce qu’il y avait au dessus de moi, le toit de la maison, les oiseaux, les nuages le ciel, les planètes, puis très vite au fur et à mesure du zoom arrière on ressent comme un malaise. Réfléchir à l’infini, c’est un peu quand on tournait sur soi-même dans la cour de récréation de l’école primaire jusqu'à s'étourdir.

Je crois que l’esprit humain ne peut concevoir vraiment l’infini. Il doit y avoir comme une sécurité, un truc qui fait que l’on disjoncte au bout d’un moment pour qu’on ne voit jamais le dernier reflet des deux miroirs. J’ai par exemple beaucoup de mal à concevoir qu’au commencement tout ce qui compose aujourd’hui l’univers tenait dans un truc beaucoup plus petit qu’une tête d’épingle  (et nous dedans) avec rien autour. C'est surtour le rien que j'ai du mal à concevoir en fait.

Alors une fois que l’esprit s’emballe, une fois qu’on est saisi de ce vertige, on se dit que le mieux serait de ne penser à rien.

Mais voilà, se contraindre à ne penser à rien est truc tout aussi impossible et vertigineux.

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14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 21:31

Le monde de la blogosphère permet tout un tas de fantaisies comme par exemple aller publier chez le voisin. Ce qui quand on y pense est une révolution dans la démarche artistique. On imagine assez mal trouver une grosse de botéro au beau milieu d’un tableau de Picasso, ou une nouvelle de Maupassant au beau milieu d’un recueil de poèmes de Victor Hugo.

C’est ainsi que mon billet du jour se trouve ici chez fcrank qui a eu l’idée de construire un blog autour des premières fois. Je dois dire que je suis très jaloux de cette idée là. C’est souvent drôle, émouvant, surprenant, comme une première fois en fait.

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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 10:53

Quand j’étais petit, je n’aimais pas trop faire la sieste à l'ecole maternelle. Je trouvais cela sans grand intérêt, c’était pour moi un perte de temps sèche. Pourquoi s’enfermer dans une salle sombre sur des petits matelas et s’obliger à dormir quand on a vraiment pas sommeil alors qu’on pourrait courir, sauter ou faire de la peinture avec ses doigts en en mettant partout.

Aujourd’hui, si la multinationale qui me possède avait l’idée d’imposer la sieste à ses salariés suite à la publication d’une étude montrant une corrélation nette entre le fait de faire la sieste et la hausse du cours de l’action, je ne crois pas que j'entamerais une grève de la faim pour protester contre cette idée là.

Bref il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour que je sois d’accord pour piquer un roupillon après le déjeuner dans une salle sombre sur des petits matelas alors que j'ai sommeil, au lieu de courir à droite à gauche, sauter de réunion en réunion ou taper des mails avec mes doigts pour les envoyer partout.

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