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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 20:22
Depuis quelques temps, mon PC se traine. Il met une éternité à s'allumer et affiche parfois une certaine lenteur à ouvrir ou fermer une fenêtre. N'ayant pas le courage d'un reformatage réinstallation total qui serait pourtant la solution idéale à ces troubles du comportement, j'ai décidé de palier à ce manque de performance en lui achetant de la mémoire (les ordinateurs ont cet avantage sur nous qu'on peut leur rajouter de la mémoire).

Je me suis donc rendu dans ce supermarché du numérique jaune et rouge. Après un échange un peu surréaliste avec un vendeur en gilet bleu qui avait l'air d'être le seul à comprendre quelquechose à notre conversation j'ai finalement mis dans mon panier la barette de mémoire idoine, celle qui allait permettre à mon PC de retrouver une seconde jeunesse.

C'est toujours assez effrayant d'ouvrir les entrailles de son PC (pinces, scapel, chimie, iono, NFS). D'abord parce que c'est tout plein de vide, et puis on a toujours peur de casser quelquechose. Et  même si on a scrupuleusement débranché la bête avant l'opération comme c'est conseillé dans la notice, on se demande à quel moment elle va se remettre en marche toute seul et vous interpeller d'une voix glaciale comme HAL 9000 dans 2001 l'odyssée de l'espace.

Une fois la chirurgie terminée, c'est emprunt d'une certaine appréhension que j'ai appuyé sur le bouton ON, avant de constater avec déception que celui-ci était inopérant et que le PC ne se réveillait pas du tout. J'ai donc entrepris de retirer la barette de mémoire pour remettre la machine dans son état initial (quand on y pense ce principe appliqué à un malade ne se réveillant pas après une greffe du coeur serait complétement idiot...) et de nouveau j'ai pu observer l'indifférence de la machine à l'actionnement du bouton marche. Il fallait se rendre à l'évidence, mon PC n'avait pas supporté cet excédent de mémoire et était parti faire un long voyage.

Depuis quelques mois, j'éprouvais comme un sentiment étrange lorsque je croisais un mac dans les rayons de la fnac. Ce que j'ai d'abord pris pour un caprice s'est au fil des semaines changé en une envie irresprescible d'avoir un mac. Le décès prématuré de mon PC était un signe, l'heure était venue pour moi de posséder un mac.

Mon PC même pas encore froid, je me suis donc précipité à la fnac, bravant la foule et décembre pour prendre possession de mon nouvel ami.

J'ai été élevé à l'apple 2C, puis au Macintosh à l'écran carré, avant une longue période d'infidélité dans les bras de divers PC au travail et à la maison. Du coup, taper ce billet sur un macbook flambant neuf si blanc, si bon, c'est un peu comme retrouver un vieil ami perdu de vue depuis des années. Déjà c'est inoui ce que c'est beau un mac et puis dans un café un gars derrière un pc portable c'est un pauvre type qui travaille, qui fait un rapport, un type derrière un macbook c'est un écrivain, c'est sur.

Et puis un mac, ça met pas des heures à démarrer, ça bloque pas quand on ouvre word et excel en même temps, c'est pas bourré de virus comme un vieux chien plein de puces dès qu'on a surfé sur deux ou trois sites. Bref un mac c'est le bonheur.

Par acquis de conscience, j'ai quand même emmené mon Pc chez le docteur, celui-ci a diagnostiqué une panne de l'alimentation. Il m'en coûtera 45 euros pour le remettre en état.

Il faudrait que je lui demande si ça reviendrait pas moins cher de le piquer car je ne suis pas sûr de pouvoir faire machine arrière.

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28 novembre 2006 2 28 /11 /novembre /2006 21:41

Depuis quelques jours, suite à une baisse de vigilence de mon écharpe face à un courant d’air farceur, une armée de virus (à moins que ça ne soient des bactéries) ont emménagé dans mes voies aériennes supérieures et prennent un malin plaisir à me faire renifler, tousser, cracher etc etc ...

C’est donc de mon plein gré mais à contre-cœur que j’ai poussé la porte du cabinet de mon généraliste. D’ordinaire j’aurais doublé la dose de Doliprane ou d’Actifed en attendant que ça passe (les garçons sont les rois de l’automédication). Mais là je dois prendre un avion dans une semaine et j’ai pas envie de perdre mon tympan gauche à 33.000 pieds. Rhume et avion ne font pas bon ménage et je me vois assez mal interpeller l'hôtesse alors que l'avion s'apprète à amorcer sa descente : Madame l’Hôtesse, j’ai cré mal à l’oreille, est-ce vous pouvez demander au Commandant de faire des ronds et d’attendre que mon rhume soit guéri pour entamer la descente ?

Or donc je suis ressorti du dit cabinet médical plus léger de 33 euros avec une jolie ordonnance dans la poche. On est toujours content dans ces moments là. D'abord parceque c'est toujours satisfaisant de sortir de chez le Médecin sans qu'il vous ait trouvé une maladie effrayante, et puis parceque le chemin de la pharmacie est aussi celui de la guérison. Au passage, je suis à chaque fois bluffé par le système social français qui permet de sortir de la pharmacie avec un semi remorque de médicaments sans débourser un centime. Mais ce qui m’amuse le plus à la pharmacie c’est cette habitude qu’a la pharmacienne, de recopier la posologie sur les boites des médicaments, au cas où vous ne seriez pas capable de faire le rapprochement entre le mot Rhinureflex écrit sur la boite celui qui se trouve sur l’ordonnance. Pour être tout à fait certaine que vous avez compris, elle vous explique Donc ça c’est pour le nez, vous en prenez bien trois fois par jour au moment des repas tout en continuant à écrire machinalement sur la boite avec son Bic :

Je n’ai jamais autant l’impression d’être un débile que dans ces moments là.

C’est un peu la même chose quand vous prenez l’avion et qu’à l’enregistrement, l’hôtesse au sol vous précise que vous allez embarquer porte 60 et entoure machinalement (à l’aide du même bic que celui de la pharmacienne) cette inscription qui se trouve dans la case Porte/Gate de votre carte d’embarquement

Cette manie là a toujours eu le don de m’agacer.

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 08:15

J’ai toujours aimé les lapins. Quand j’étais petit il y avait un clapier à lapins au fond du jardin chez ma grand-mère. Aller caresser les lapins ou leur donner des restes de carottes (oui je sais ça fait un peu cliché…) était une des activités phare d’une journée ordinaire de vacances scolaires.

Le lapin est un animal paisible qui vit sa vie de lapin sans trop se poser trop de questions. J’aime cette impression que donnent les lapins de se foutre de tout en faisant doucement vibrer leurs narines.

Le lapin est un des rares animaux (avec la colombe) qui possède des pouvoirs magiques, notamment celui de disparaître ou de se matérialiser à sa guise au fond d’un chapeau haut de forme.

Lorsque l’on vit à Paris et que l’on veut se reposer l’esprit à la vue de léporidés, le plus simple consiste à aller prendre un avion pour l'autre bout du monde en partant de Roissy. Je suis toujours surpris de la quantité de lapins qui pullulent là bas. Le fait est, qu’a part quelques nuisances sonores ils sont relativement peinards. Je pense qu’ils sont tous à moitié sourds et que sans doute dans quelques générations, l’évolution naturelle du lapin aéroportuaire conduise à une espèce sans oreilles, ce qui serait quand on y pense, quand même un peu dommage.

L’autre jour, je ramenais du marché des Batignolles un lapin rôti (je les aime aussi beaucoup avec de la moutarde et des petites patates) destiné au dîner du jour. Un peu avant la sortie du marché, après le marchand de fruits et légumes, il y avait, posé sur une table, un grande cage avec un énorme lapin dedans (sans doute le lapin de compagnie d’un commerçant du marché). Il avait l’air de se foutre de tout, il faisait doucement vibrer ses narines, mais j’ai senti comme une petite inquiétude dans son regard rouge au moment ou il à croisé le mien.

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 07:35

J’ai récemment reçu un lien vers un chat énervé qui témoigne une fois de plus que les chats savent mal cacher leur contrariété. C’est assez effrayant un chat énervé, c’est un peu comme une cocotte minute lancée à toute vapeur, on peut l’enlever du feu, elle continue à siffler.

On apprend à l’école que l'Homme, grâce à son intelligence supérieure, s’est hissé tout en haut du règne animal. Il lui arrive encore de temps en temps d'être vaincu par un représentant d'une autre espèce et de perdre bêtement la vie suite à un contact un peu trop proche avec un serpent à sonnette, mais le plus souvent il écarte le danger animal grâce à son écrasante supériorité technologique : une balle de 22 long riflle entre les deux yeux ou au pire une petite bombe à neutrons suffit le plus souvent à faire entendre raison à un rhinocéros en colère.

Au cours de son évolution, l’homme s’est employé à domestiquer un certain nombre d’espèces amies. Parmi elle le chat. J’émets cependant quelques réserves quant à l’exactitude de cette idée selon laquelle l’homme aurait domestiqué le chat : il n’existe pas de chat d’aveugle, on a jamais vu un chat ramener le journal, et je ne connais pas de chat qui rapplique à l’écoute de son prénom (sauf bien sur si on l’appelle tout en secouant un paquet de croquettes).

En fait je suis convaincu que c’est plutôt le chat qui a domestiqué l’homme. Quiconque vit sous le même toit qu’un chat sait qui est le vrai propriétaire des lieux. En y repensant, je crois même que le mot domestiqué est un peu faible, et que l’expression réduit en esclavage serait plus appropriée.

Regardons les choses en face, les chats dorment toute la journée pendant que vous travaillez pour gagner l’argent nécessaire à l'achat de leurs bouchées au saumon favorites. A peine ont-ils poussé un miaulement que vous vous précipitez pour les nourrir. Très tôt le matin alors que vous dormez profondément, ils viennent vous mordre les pieds pour vous rappeler qu’il faut leur donner à manger. J’ai même bien connu un chat familial qui ne supportait pas qu’on ne soit pas à coté de lui pour le regarder prendre son petit déjeuner le matin.

Cette prétendue supériorité de l’Homme sur les autres espèces ne me paraît pas entièrement évidente lorsque l'Homme nettoie en sifflotant la caisse où le chat a fait ses besoins pendant que celui-ci dort sur le canapé.

Les chats sont des tyrans, j’adore les chats.

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11 novembre 2006 6 11 /11 /novembre /2006 10:39

Quand j’étais petit, l’achat de vêtements était toujours un peu une épreuve. C’était un événement familial qui en général se produisait le samedi après midi, souvent quelques jours avant la rentrée des classes, ce moment convivial où toutes les familles se précipitent dans les magasins pour acheter des beaux habits à leur progéniture, se bousculent, ne trouvent rien, s’énervent. Plus tard elles se retrouvent dans les bouchons pour sortir du parking et s’énervent encore.

Pour des raisons qui m’échappent, mon dévolu se jettait le plus souvent sur les vêtements les plus chers (et ce sans même avoir connaissance de leur prix) ce qui n’était pas compatible avec le budget prévu pour l’opération par mes parents, ce qui contribuait d’ailleurs à l’agacement général.

Aujourd’hui, je  suis toujours victime de ce qu’il est convenu d’appeler "le syndrome de l’étiquette", mais mon libre arbitre est plus important.

Globalement, l’achat de vêtements est plutôt une activité agréable souvent gâchée par les même petits détails :

- Une vendeuse genre blondasse qui vous tombe dessus à peine avez-vous mis un pied dans le magasin et vous harponne d'un "Je peux vous aider ?" sirupeux.

- Le rideau de la cabine qui est toujours trop étroit et qui, comme celui du photomaton, laisse quoi qu'on fasse un jour d’un coté ou de l’autre permettant à tout quiconque se trouve à proximité de vous voir en slip.

- Ce phénomène étrange qui fait que la dame qui s’occupe des ourlets prend toujours sa pause au moment où vous êtes prêt à vous faire planter des epingles dans le bas de ce beau pantalon neuf.   Vous partez donc à sa recherche pieds nus dans un pantalon trop long, l’esprit omnubilé par la possibilité non négligeable de vous faire voler les affaires abandonnées dans la cabine.

L’âge adulte a cet avantage sur l’enfance, que l’on peut en toute impunité se rendre dans n’importe quel magasin de vêtements, laisser s’approcher la blonde vendeuse décrite plus haut, lui faire déballer son entière collection de chemises, avant de lui lancer avec un grand sourire, "non finalement je ne vais rien acheter ici, je vais aller plutôt dans un magasin ou l’on ne vous saute pas dessus et puis pour votre info, cette chemise orange que vous m’avez conseillée et qui me va à raaaavir comme vous dites ne me sied pas du tout au teint, comme tout ce qui est orange d’ailleurs. Je vous laisse tout replier hein ?"

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 09:59

Il traîne au fond de mon ipod quelques vieilleries d’une époque où la musique ne se vendait pas encore en zeros et en uns, d’un temps où l’on se rendait chez le disquaire pour un acheter cet air qu’on avait entendu à la radio. Quand on ne savait pas trop le titre, on le fredonnait, on était ridicule, mais l’instant d’après le disquaire vous guidait vers le bon bac, celui ou vous attendait le 45 tours convoité.

Ce matin à la hauteur de la station Argentine, je me suis fait surprendre par « Si j’étais président » de Gérard Lenormand, ce titre phare des années 70 qui a bercé une partie de mon enfance. Le morceau farceur était resté des mois tapi dans la mémoire de mon pod sans faire de bruit.

Jusqu'à ce matin.

C'est fou ce qui se passe à l’intérieur du cerveau dans un moment comme ça. C’est comme une effervescence de neurones. La dernière fois que ça m’avait fait ça, c’était en redécouvrant d’odeur d’un pot de colle blanche Cléopatre* que je garde maintenant au bureau et qui me vaut de nombreuses visites de collègues rieurs qui viennent me voir pour sniffer ensemble cet objet banal et retrouver cette sensation de l’enfance.

A l’écoute de cette chansonnette, dans cette rame bondée de costumes gris, me sont revenues les images qui allaient avec : un chanteur en costume blanc, des enfants, des ballons, un clown, et puis tout le reste, les gendarmes en képi aidant le chanteur à se frayer un chemin a travers la grand place de Vesoul pendant le direct de midi première, le sourire toujours un peu niais de Danielle Gilbert, et puis aussi les décors somptueux des samedi soir (quelqu'un sait il s'il faut mettre un s à samedi soir quand il y en a plusieurs ?) des époux Carpentier, basés sur le mélange avant-gardiste d’échafaudages de chantiers et de projecteurs lumineux colorés, et les incoutournables choristes à frange qui allaient avec.

Un peu après la fin de cette chanson, j’ai repris la lecture de mon vingt minutes, avec toujours ce couplet dans la tête :

Si j'étais Président de la République
Je nommerais bien sur Mickey premier ministre
De mon gouvernement, si j'étais président
Simplet à la culture me semble une évidence.

Et si ce chanteur léger avait inspiré quelques uns des Chefs d’Etat de la cinquième république ?

* On peut se procurer cet objet du passé en allant dîner au restaurant A l’école - 21 rue Brochant – Paris 17eme. L'endroit est sympa, la bouffe pas extraordinaire, l'addition  un peu lourde, mais le petit pot de colle vaut le détour.

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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 07:34

Contrairement au chat qui s’en fout, l’être humain aime avoir son destin entre ses mains.

C’est une des raisons pour laquelle, certains développent une phobie des voyages en avion : quand on est passager d'un aéronef, on n’a plus de prise sur rien.

Ainsi, dès le décollage, le chef d’entreprise rougeaud transpirera à grosses gouttes en serrant son accoudoir alors que sur le fauteuil d’à coté le chat dormira sur ses deux oreilles peu après avoir lapé sa coupe de champagne et englouti délicatement sa tartine de saumon fumé comme les chats savent faire.

Dans la vie de tous les jours, on ressent toujours comme un malaise quand on perd le contrôle.

C’est le cas par exemple quand quelqu’un a pris avant vous possession de la télécommande de la télévision (c’est insupportable le zapping quand on a pas la télécommande) ou bien lorsque l’on se trouve au restaurant avec un groupe et que quelqu’un décide qu’au lieu de prendre chacun un plat qu’on aime on va plutôt commander plein de plats qu’on aime pas qu’on va tous partager, que ça sera vraiment plus sympa.

C’est aussi le cas chez le fromager quand après avoir choisi l’épaisseur de la tranche de gruyère suisse, on se rend compte qu’au dernier moment le commerçant (sans doute guidé par l’appât du gain) dévie la course du couteau et découpe une tranche beaucoup plus épaisse que celle initialement prévue. Cette technique est assez proche de celle des chauffeurs de taxi, qui pour vous épargner gentiment un effort de calcul mental, arrondissent copieusement leur dû lorsqu'ils vous rendent la monnaie, optimisant ainsi le montant de leur pourboire.

Parfois on réagit, on reprend le manche à balais de son existence d’un "Dites donc vous êtes gonflé vous".

Parfois la fatigue aidant, on ne réagit pas, on feint l’indifférence absolue du chat décrit plus haut, mais toujours avec un léger malaise.

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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 17:37

Il est une tâche ménagère qui me rebute particulièrement, c’est la décongélation du compartiment à surgelés. C’est un processus long et terriblement ennuyeux. Le plus souvent on se dit qu’on fera ça plus tard, jusqu’au moment ou l’on passe le point de non retour, celui ou l’on ne peut plus refermer la porte du frigo tant la couche de glace est épaisse, celui où l’on découvre par hasard qu’un couple d’ours polaires a élu domicile entre les fondant au chocolat Picard et le bac à glaçons.

A ce moment précis, on n’a plus d’autre choix que de se lancer dans cette pénible aventure. En soi ce n’est pas un truc compliqué. La méthode simple consiste à débrancher la machine puis à regarder patiemment fondre la glace en se limant les ongles et vider l’eau de temps en temps en faisant attention de ne pas en mettre partout.

Mais voilà on a vite fait d’y passer beaucoup de temps, trop de temps. Alors la tendance naturelle de l’homme moderne, forcément pressé, est de chercher un raccourci temporel.

Les méthodes pour accélérer ce processus et gagner ainsi quelques précieuses heures ne manquent pas. Aucune n’est cependant tout à fait inoffensive. Il s’agit d’augmenter la température dans le ventre de la bête. On peut pour ce faire utiliser deux grandes techniques : celle du sèche cheveux (parait il déconseillée) ou bien celle du verre mesureur que l'on remplit d’eau bouillante avant d'en jeter rageusement le contenu contre les glaces (curieusement les formes conjuguées du compartiment à glace et du verre mesureur semble être calculées pour limiter l’efficacité de ce procédé).

Une fois l’intégrité du bloc de glace passablement entamée, au moment où celui-ci fait nettement moins le malin, le jeu consiste à dégager celui-ci de la partie métallique à grand coup de couteau à huîtres. C'est alors que l'on se met à détester cet ingénieur de chez Frigidaire qui à la fin des années vingt a eu l'idée de placer à cet endroit précis le tube métallique tortueux qui fait arriver le gaz frigorigène dans le but évident de rendre impossible le détachement du bloc de glace tant que tout n’est pas fondu.

Quand après quelques heures de lutte on est ressorti vainqueur de l’exercice, qu’on contemple avec fierté le compartiment métallique immaculé à peine embué d’un léger givre dû à la remise en route du compresseur, on se dit que la prochaine fois on attendra pas la dernière minute pour se livrer à cette corvée.

Et puis avant que l'on ait eu le temps de réaliser que quelques mois sont passés, on se rend compte qu’on arrive plus à fermer la porte du frigo, et on découvre avec surprise qu’un couple d’ours polaires a élu domicile entre les fondants au chocolat Picard et le bac à glaçons.

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15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 14:52

Je trouve toujours très amusant, lorsqu’on est au restaurant, le moment où l’on est invité à saisir le code secret de sa carte bleue sur cette étrange machine. D'abord ce concentré de technologie qui crépite, crache un ticket et prend des sous sur votre compte en banque est divertissant en soi, mais ce qui est irresistible, c'est le comportement du serveur (ou de la serveuse, c’est selon) qui détourne ostensiblement la tête pour vous convaincre qu’il ne vous épie pas dans ce moment critique. Le plus souvent ça rappelle une pub pour un shampoing des années 90.

J’aime ces moments où tout a coup on a l’impression de se retrouver au théâtre devant de mauvais comédiens qui surjouent leur scène, qui composent des numéros de téléphone interminables à toute allure, et cherchent du coin de l’œil ce petit bout de scotch phosphorescent leur indiquant l'endroit où doit se poser leur prochain pas, tout à l'heure entre deux scènes, quand la lumière se sera éteinte.

On observe aussi ce phénomène à l'occasion de quelques moments de bonheur "félicitations hein, vraiment un beau mari-a-ge", de quelques moments de tristesse "Toutes mes condoléances, hein, il était tellement jeune, c’est aaaaaffreux" et de queqlues moments tout court : "Ce costume vous va a raaaavir, vous ne voulez pas une petiiiiiiitte chemise pour aller avec ?".

Il ne faudrait pas grand-chose pour que l’on ait cette image du serveur, de la tante Agathe, de la voisine de pallier et de la vendeuse de chemises, se tenant par la main et saluant devant un beau rideau rouge, avant de nous préciser que les costumes sont de Donald Cardwell.

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 10:47
Je n'ai jamais beaucoup aimé cette impression désagréable que l’on ressent à la première minute de l’existence d’un groupe dans lequel on se trouve. : cette table de mariage à laquelle on ne connaît personne, ce compartiment de train plein de gens dans lequel on vient de s’installer.

Au début il y a toujours un silence pesant, communément appelé silence d'ascenseur. Ce phénomène n'est par contre pas observé aux Etats-Unis. En effet dans une situation de ce type, tout citoyen Américain inconnu normalement constitué se met à hurler "Bonjour comment allez vous aujourd’hui ?" une demi seconde après que vos regards se soient accidentellement croisés.

Puisqu’on parle d’ascenseur, je me suis souvent demandé pourquoi la tendance naturelle, lorsque l’on rentre dans un ascenseur, consiste à s’installer dans un coin, puis quand il n’y a plus de coin disponible à égale distance de deux coins. Et pourquoi finalement quand il ne reste plus qu'un espace disponible au beau milieu de la cabine on se trouve saisi d’une espèce d’angoisse ?

Si l’on a récemment échoué sur une île déserte avec quelques compagnons d’infortune anonymes, il est difficile de soutenir ce silence encombré très longtemps. Le plus téméraire finira par briser la glace d’un "Ca fait longtemps que vous êtes-la ?" Ou bien "Vous venez souvent ici ?" ouvrant ainsi la porte à l’établissement de relations sociales au sein du groupe.

Ce qui est étonnant dans une assemblée quelle qu’elle soit c’est qu’on y retrouve toujours les mêmes profils.

Par exemple si l’on est en train de visiter un joli temple grec et que l'on croise fortuitement un groupe de joyeux vacanciers portant tous fièrement un beau sac fram rouge en bandoulière, il y a toujours de façon certaine dans cet attroupement gentiment bordélique : un meneur, un raleur, un fayot, un souffre douleur et un rigolo.

Lorsque j’ai la chance de pouvoir observer un regroupement comme celui là, mon jeu préféré consiste à essayer de retrouver chacun de ces personnages.

Mais je dois avouer que dans l’ascenseur c’est quand même assez difficile.

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