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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 21:50

edam-img.jpgJe m'étais souvent rendu à Amsterdam pour le travail, mais le plus souvent, d'Amsterdam, je n'avais vu que l'aéroport, des kilomètres d'autoroute, l'usine du client visité, à nouveau des kilomètres d'autoroute puis l'aéroport encore.

L'arrivée à l'aéroport d'Amsterdam, samedi matin avait donc un petit air de déjà vu, si ce n'est que pour une fois, l'avion n'était pas plein de businessmen usés à force d'allers et retours à l'autre bout de l'Europe condensés en une journée trop longue.

Quand on arrive à Amsterdam, on se rend assez vite compte qu'ici on aime bien les couleurs agrumes et que du coup on a décidé de peindre les trains en jaune et les maillots des joueurs de foots en orange.

Au début, il n'est pas très facile de s'orienter dans cette ville là : tous les canaux se ressemblent, et puis en général, au moment où on referme le plan, on ne se rappelle plus du nom de la rue que l'on doit prendre (force est de constater que les consonances de cette langue ne nous évoquent rien : parfois, on se racle la gorge et un autochtone vous répond avec le sourire)

Au bout d'un moment, ça devient encore plus dur de s'orienter tellement le vapeurs de shit inhalées dans la rue émoussent les capacités d'orientation (qui en ce qui me concernent sont déjà assez faibles).

Quand on visite une capitale européenne, on a toujours plein de stéréotypes en tête et parfois on est un peu déçu : à Amsterdam, il n'y a point de moulins et pas de champs de tulipes, tout le monde ne sirote pas un verre de lait (erk) à la terrasse des cafés.

En revanche, il y a bien de l'herbe à tous les coins de rue, des filles à louer dans des vitrines éclairées au néon rouge, et le bruit des tramways qui fait qu'on a du mal à entendre les marins qui chantent, dans le port, au loin.

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Benjamin Biolay - La pénombre des Pays-Bas

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 19:01

A Tokyo dans le métro c’est un peu comme Châtelet les halles aux heures de pointes, même quand c'est pas l'heure de l'heure de pointe.

A Tokyo dans le métro vers 21 heures il y a comme des effluves d’alcool et plein de japonais qui dorment, on ne sait pas trop s’ils sont ivres morts, juste fatigués ou un peu les deux.

A Tokyo, au supermarché, on peut acheter des œufs à l’unité dans une jolie barquette .

A Tokyo, à l’hôtel, quand on zappe, il arrive qu’on tombe sur un film de fesses. En général c’est un gros japonais qui fait des guillis à une écolière en soquettes blanche qui couine, et dès qu’il pourrait y avoir quelque chose à voir, il y a une mosaïque. Il y a donc au Japon des infographistes qui sont payés pour rajouter des mosaïques sur tout ce qui a des poils, ce qui doit être un job passionnant.

A Tokyo dans le métro à 5 heures du matin, il y a les mêmes effluves d’alcool mais en plus fort, et des japonais qui dorment encore plus profondément.

A Shibuya, au lever du jour, certains finissent de cuver accroupis dans la rue avant de retourner bosser.

A Tokyo, on a toujours l’impression d’être un peu décalé et pas seulement parce qu’on prend son petit déjeuner à l’heure où Paris s’endort.


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Benjamin Biolay - Chaise à Tokyo

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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 14:46

A Shanghai, comme à Hong Kong les gratte-ciels ont des allures de carte postales.

A Shanghai comme souvent en chine, il y cette petite brume de pollution qu’on ne retrouve pas sur les cartes postales.

A Shanghai on a parfois l’impression de faire une confiance aveugle aux chauffeurs de taxi. Ils ne parlent pas un mot d’anglais et moi je parle seulement un mot de chinois, et ce mot, qui veut dire merci, ne m’est pas d’un grand secours…A Shanghai comme partout en Asie, on montre une petite carte au chauffeur de taxi pour qu’il vous conduise au bureau et une autre pour qu’il vous ramène à l’hôtel (surtout ne pas se tromper de carte). Je me suis souvent demandé ce qu’il y avait d’écrit dessus, peut être : "Je suis un touriste, vous pouvez m’entuber comme vous en avez envie, vous pouvez faire des énormes détours, je n’y verrai que tu feu, je vous sourirai et je vous laisserai un pourboire quand même".
A Shanghai, il y a toujours Mao sur les billets.
A Shanghai, il y a Zara, il y Gap et Mcdo, ca devient de plus en plus difficile de trouver du dépaysement sur cette planète.

A Shanghai, comme au Japon, quand vous demandez un expresso à la serveuse au petit-déjeuner à l'hôtel, elle vous regarde avec un air inquiet, vous dit "ok ok ok, please, one moment" et part en courant consulter sa chef. La chef vient vous voir à son tour et vous lui expliquez que vous avez assez envie d’un expresso. Elle prend le même air affolé vous dit : "ok ok ok, please, one moment". Elle part pour improviser une réunion avec tous ses collègues dans un coin de la salle du restaurant, avant de revenir un peu plus tard pas très sure d’elle et une bouteille de tabasco à la main….

A Shanghai, il y a des Starbucks où l’on peut se poser devant un expresso pas bon mais toujours réconfortant où l’on peut écrire des billets blog en écoutant des vieux standards américains.

Nino Ferrer - Mao et moa

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10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 09:07

Quand on voyage pour le travail il y a en gros deux possibilités : voyager seul ou bien voyager à plusieurs et découvrir ainsi les joies du déplacement entre collègues.

Les multinationales aiment bien envoyer leurs cadres faire des réunions à l’autre bout de la planète, ce qui fait que la cabine affaire est en générale pleine de joyeuses bandes de collègues en route pour un séminaire à Shanghai, une réunion de vente à Bali ou à une revue stratégique à Tokyo.

Le voyage aérien collectif est par exemple l’occasion de s’étonner que le chef puisse porter un jean ou de découvrir que tel ou tel collègue s’endort la bouche ouverte.

Il arrive qu’au bout d’un moment le voyage collectif devienne un peu pesant. C’est souvent le cas au moment du petit déjeuner, moment que j’ai personnellement un peu de mal à partager avec des collègues, aussi sympathiques soient ils.

Au petit déjeuner quand il est 7 heures du matin à Shanghai, votre corps vous dit qu’il est une heure du matin et qu’il serait peut être temps de retourner se coucher, vous avez l'esprit embrumé et vous avalez machinalement vos tartine sans trop penser à rien.

C’est en général le moment que choisit ce collègue survolté (qui par malchance a choisi de s’asseoir à la table à laquelle vous étiez en train de comater devant vos corn flakes) pour vous demander en guise de bonjour si vous avez réussi à vous connecter pour lire vos mails (il a toujours des problèmes pour lire ses mails).

C’est à ce moment précis que vous regrettez de n’être pas ce type assis seul à la table d’à coté qui vous observe du coin de l’œil, amusé qu’il est de vous observer découvrir les joies du déplacement entre collègues.


Pierre Perret - Les jolies colonies de vacances

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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 07:10
Il y a dans le voyage en avion une foultitude de petits rituels agréables ou excitants. Parmi eux, l'arrivée à l'aéroport, l'enregistrement, le passage du contrôle de police, le p'tit café vautré sur les canapés confortables du salon ou le guillotinage de la carte d'embarquement par la petite machine avant de rentrer dans l'avion.

Mais il y a aussi des étapes un peu angoissantes, souvent liées à la relation Homme – Valise.

D'abord il y a ce petit pincement au coeur au moment de l'enregistrement où l'on voit s'éloigner
doucement son bagage sur le tapis roulant et où l'on se demande si on le reverra un jour.

Et puis, plus tard, cette étape que je trouve insupportable où l'on attend pour le récupérer. Cela se passe souvent au petit matin, on est au milieu d'une foule ronchonne aux yeux hagards, sous l'effet combiné d'une nuit trop courte et d'un décalage horaire rampant. On attend en s'énervant pendant une  éternité la mise en marche du tapis puis l'apparition de son bien au bout d'une seconde éternité.

En général pour la plupart des voyageurs, le franchissement triomphal par la valise des bandes de caoutchouc verticales déclenche comme une espèce d'hystérie qui les pousse à bousculer à coût de chariot métallique tout ce qui peut s'interposer entre eux et elle. Ce comportement bien étrange est la conséquence d'un certain énervement et de la conscience que le temps dont ils disposent pour l'extraire du tapis
est relativement limité. A ce stade, il ne faut pas perdre une seconde car n'importe qui pourrait s'en emparer et mettre ainsi la main sur ce qu'elle contient de souvenirs de vacances, d'étoiles de mers, d'échantillons de sable du bout du monde et de chaussettes sales.
 
Parfois on a passé avec brio l'étape de la récupération de sa valise, on est habité par un sentiment de plénitude, de soulagement.  On la prend dans ses bras, on la serre fort comme Jack Bauer à la fin d'un épisode de 24 heures quand il retrouve sa fille qui vient d'être libérée par les méchants et puis on arrive au Sheraton, et l'on s'apercoit en descendant du taxi qu'un spirou l'a déjà kidnappée et exige de vous une rançon de quelques dollars pour vous la rendre.

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A cliquer juste à la fin de la lecture du billet

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Dorothée - La Valise
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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 15:21
De tous les animaux de la création, le moustique est sans nul doute le mieux armé pour pourrir la vie de l'être humain.

Comment une aussi petite bête peut elle faire autant de bruit ? Comment est elle capable de générer des lésions grandes dix fois comme elle ? Comment au milieu de la nuit, les moustiques font ils pour être toujours parfaitement cachés au moment précis où l'on allume la lumière avec des envies de meurtre ? Ca les amuse de nous voir en caleçon debout sur notre lit, à deux heures du matin, une pantoufle à la main, de la bave à la comissure des lèvres en train de crier "putain je vais lui faire la peau à cette salope" (c'est bien connu seule les filles moustiques piquent, on ne sait pas trop ce que font les papas moustiques pendant ce temps là) ?

Comment Dieu a t'il pu être assez sadique pour concentrer autant de vice dans même pas un demi millimètre cube. Comment peut on encore croire à dieu face à truc pareil ?

Il y a des endroits, comme ici par exemple (quelquepart sous les tropiques) où l'eau turquoise est à 28, où il fait toujours beau, où quand il pleut ça dure dix minutes et c'est plutôt chouette. Et bien il faut qu'il y ait des moustiques.

Le moustique est l'incarnation même du systématique rabat-joie judeochrétien : ici c'est le paradis mais pas trop quand même : il y a des moustiques. D'ici on ramène un bronzage parfait, mais pas trop quand même : on a vite la peau ruinée par des gros boutons rouges grattés jusqu'au sang.

Le moustique ne sert à rien, à rien d'autre qu'à nous donner des raisons de râler dans des endroits parfaits, et accessoirement à fournir l'inspiration nécessaire à l'écriture d'un billet tropical.

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Vanessa Paradis - Mosquito
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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 13:01
Saint-Martin, Antilles Françaises, vendredi.
Piscine 28 degrés, Mer des caraïbes 27 degrés.
On reste dans la piscine.

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Venus - Beautiful Day
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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 22:23
Il y a quelque chose d'un peu décadent à partir sous les tropiques au mois de mars, surtout quand ce voyage s'effectue par hasard en classe affaire.

La cabine affaire de cet Airbus 340 à destination de Saint-Martin est un petit monde fascinant. On y trouve notament deux quarantecinquenaires faisant dans le business de l'art, arborant fièrement chacun un top modèle russe de seconde division, fraichement ferré à la gold.

Mais le plus étonnant dans ce vol, c'est quand même ce stewart visiblement très fatigué contre qui un poisson rouge gagnerait facilement une partie de mémory.

Je lui avait signalé en début de vol que ma télécommande ne marchait pas, au bout d'un moment comme il ne semble pas prendre le problème à bras le corps, j'opère un rappel amical et lui signale de nouveau le manque de fonctionnement de cet ustentile, avant de m'entendre répondre : "Vous non plus ?, ah bah décidément on a pas de chance avec les télécommandes aujourd'hui, c'est comme le monsieur de derrière !"

Un peu plus tard, vers la fin du repas je lui demande un peu plus d'eau gazeuse (more sparkling water comme on dit ici)  il revient dix minutes plus tard, constate que mon verre est vide et me demande alors si je souhaite plus d'eau, avant de m'interroger sur ma préférence entre l'eau plate et l'eau gazeuse et de revenir dix minutes plus tard me servir un verre d'eau plate.

D'un naturel joueur je veillerai à lui signaler que ma télécommande ne marche pas la prochaine fois qu'il viendra me proposer un verre d'eau gazeuse.

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Charlotte Gainsbourg - AF607105
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26 janvier 2007 5 26 /01 /janvier /2007 17:59

Les aéroports américains sont des écosystèmes fascinants.

Nous sommes jeudi soir, mon Pc et moi attendons sagement notre avion, assis sur une banquettre près de la porte A17 du terminal A de l'aéroport International de Philadelphie.

Nous contemplons le ballet des voiturettes électriques probablement évadées du golf le plus proche. Ces engins permettent à des américains trop gros, trop handicapés ou juste fainéants, de rejoindre leur porte d’embarquement en affichant un air supérieur. Pour la première fois je vois passer un modèle de voiturette estampillée d'un magnifique logo Police. Je pense que l’utilisation de ce moyen de transport par les forces de l’ordre aéroportuaire doit donner lieu à des courses poursuites tout-à-fait spectaculaires.

Sur les longs tapis roulants du terminal, des businessmen grassouillets en polo de golf pourri sont scotchés à leur portable dans l'attente d'un avion qui les ramènera chez eux : à Akron, à Colombus, à Greensboro ou à Raleigh.

Je m'interroge sur ce phénomène étrange qui existe ici, qui fait qu’aux alentours de l’âge de trente ans, les bogosses athlétiques genre pub pour slips de salope, se métamorphosent en businessmen grassouillets en polo de golf pourri.

A coté de moi, un type s’est installé et a sorti sa guitare, il gratte en silence, et au fond de moi je me dis que s’il avait décidé d’apprendre les cymbales plutôt que la guitare, l’atmosphère devant la porte A17 aurait été toute différente.

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Tricky - Hell is around the corner

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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 00:05

Quand on entre dans un avion d’une compagnie étrangère on a instantanément l’impression de se trouver déjà dans cet autre pays. Le même phénomène est observé quand on entre dans un avion d’Air France se trouvant au bout du monde.

C’est également le cas dans cet A330 d’US Airways dans lequel je viens de m’installer.

Ici déjà des hôtesses usées à qui le décalage horaire ne fait plus rien.

Ici déjà, des businessmen bedonnants qui parlent fort et qui portent des polos de golf pourris.

Ici déjà une pauvre tranche de saumon, à qui le décalage horaire ne fait plus rien.

Ici déjà des bonbons à la menthe senteur Harpic ou cannelle.

Ici déjà des annonces en phonétique et ce regard vide quand vous parlez français.

Ici déjà pas de sourire jamais, les hôtesses d’US Airways ont arrêté de sourire en 1984, le jour où on leur a annoncé qu’on avait décidé d’utiliser l’argent destiné à leur retraite pour acheter des pièces de rechange aux avions.

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Chemical Brothers - Asleep from day

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