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26 février 2006 7 26 /02 /février /2006 00:00

Week-end forcé à Philadelphie.

J’ai toujours trouvé Philadelphie ennuyeuse. Il y a des villes où l'on se sent bien à la première minute comme New York, Chicago ou San Francisco, et puis celles dans lesquelles on ressent comme cette impression étrange de ne pas avoir sa place.

Philadelphie est de ces villes là et l'idée d’être à deux heures de voiture de New York accentue encore cette impression de n’avoir rien à faire ici. Philadelphie, est un peu la bonne copine de New York, celle qui est assise à coté dans la boite, celle qui garde les sacs, celle à qui personne ne s’intéresse.

Pour moi Philadelphie, c’est avant tout la marque de cream cheese qu’on tartine sur les Bagels (et ça faut reconnaître, c’est quand même vachement bon…).

Je suis toujours content de partir pour les Amériques mais je suis aussi toujours content d’en revenir aussi...

Parce qu’ici il n’y a pas de fromage, pas de baguette, pas de croissant digne de ce nom, pas de petite rue pavée et de terrasse ensoleillée sur la place de la poste.

Parce qu’ici on ne s’intéresse qu’au temps qu’il fait, au temps qu’il fera, au temps que l’on met pour aller d’un point A à un point B et éventuellement au type qui, la veille, s’est fait buter en effectuant ce trajet.

Parce qu’ici c’est le pays de la liberté mais que le premier truc qu’on apprend à la fac de médecine c’est à lire une carte bleue.

Parce que le journal d’hier nous indique qu’il n’est pas rare que les étudiants soient endettés à hauteur de 150.000 dollars à la fin de leurs études.

Parce que je trouve ça effrayant que chez macdo il n’y ait que des petits vieux derrière la caisse, qui entament une deuxième vie de travail parce que la première ne leur a pas suffit à se payer une retraite.

Parce qu’il faut être un peu con quand même pour demander, de quatre façons différentes, à un type qui va prendre l’avion si par hasard un inconnu ne lui aurait pas offert une bombe pour mettre dans sa valise et imaginer garantir ainsi la sécurité dans les avions.

Parce que, s’il le faut, l’interception de la frappe de ce billet par une agence gouvernementale suffit sans doute à me faire classer dans la catégorie des dangereux activistes et me vaudra peut être une petite fouille VIP avant l'embarquement de mon vol de retour mardi soir.

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25 février 2006 6 25 /02 /février /2006 00:00

Comme d’habitude, la magie du décalage horaire vers l’ouest me donne cette capacité à m’éveiller à l’aube et à être dans la même forme que le type qui faisait la pub pour les matelas Mérinos dans les années 80 (celui qui enchaîne les sauts périlleux arrière en chantant à tue tête, une demi seconde après avoir ouvert les yeux).

Mon petit plaisir est alors de déambuler dans la ville américaine déserte ou je me trouve (en l'occurence Philadelphie) à la recherche d’un Starbucks Coffee.

La sensation d’être complètement réveillé dans une ville complètement endormie et quelque chose d’unique. Pour un peu on aurait l’impression d’être le seul survivant d’une guerre thermonucléaire globale.

J’aime beaucoup l’ambiance des Starbucks Coffee au matin trop tôt, c’est un peu comme si toute l’agitation de la société américaine avait décidé de faire une pause en lisant le journal dans des vieux canapés en écoutant un air jazzy. L’expresso de chez Starbucks n’est jamais bon, par contre il fait toujours plaisir (c’est un peu comme les rissolettes de veau à la cantine, c’est pas bon, on le sait a l’avance, mais on est toujours content quand il y en a et on se jette dessus à chaque fois…).

Marrant de penser que Starbucks a construit sa fortune sur une idée simple : vendre du mauvais café mais de plein de sortes. Personnellement je ne fais pas bien la différence en le vanilla caramel flavored, le french roast et ce qu’il reste dans ma cafetière à la maison au troisième rinçage après l’opération de détartrage (vous savez le sachet avec la poudre bizarre, j’ai toujours trouvé ça très chiant de détartrer une cafetière, cette impression de perdre son temps à regarder couler l’eau qui coule, il n’y a rien de moins excitant a part peut être le dégivrage interminable du congélateur pris par les glaces…).

L’expresso tant convoité n’est donc pas bon, mais il est rassurant et l’ambiance est celle que l’on cherche à ce moment précis. Pour un peu on se mettrait à sortir un PC et écrire un billet.


* Paroles et Musique Edvard Grieg - Ca n’a rien à voir mais ce passage de Peer Gynt me donne la chair de poule comme aucun autre.

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22 février 2006 3 22 /02 /février /2006 23:56

 

Ce mercredi matin est un matin d'envol vers les Amériques, en partance pour Philadelphie, mon PC et moi nous nous sommes installés pour écrire ce billet dans un bar du terminal 1 à Roissy.

La différence vertigineuse de prix entre un aller retour paris Philadelphie sur Air France et le « même » aller retour Paris Philadelphie sur USAIR font que je déserte ce matin le terminal 2 où tout n'est que luxe calme et volupté pour le terminal 1 où tout est chaos.

Le terminal 1 fut un jour l'incarnation du progrès aéroportuaire. Seulement voilà, c'était en 1974 et aujourd'hui il incarne un peu moins la quintessence de la modernité aérienne terreste (c'est une expression que j'ai inventée juste là). Ce qui est rigolo ici est qu'on s'attend à tout moment à voir apparaître Pierre Richard et Mireille D'arc en haut de l'escalator bulle. Pour un peu on ne serait pas non plus surpris d'embarquer dans un latécoère, un superconstellation ou une vieille caravelle.

J'aime bien ces petits plaisirs d'aéroport, comme regarder les gens, voir les avions décoller, entendre cette petite musique et ces annonces indémodables :

"Passeunjeurs tou Cairo are quindly ricouested tou bord tou gate touentitou satellaïte for"


Par contre je ne félicite pas ADP pour leur nouvel indicatif ultrasonore qui me fait penser au bruit que pourraient émettre des extra terrestres malveillants pour paralyser tout forme de vie sur terre.

Le moins qu'on puisse dire c'est que ce terminal a une âme, une histoire comme par exemple celle d'Alfred croisé encore ce matin devant la pharmacie du Niveau inférieur. Alfred, il vit là, ça fait onze ans qu'il est en transit, ce terminal c'est son univers. Alfred sa vie elle tient sur quelques chariots à bagages dans ce terminal. Maintenant c'est une star Alfred, Spielberg s'est inspiré de lui pour un film, si ça se trouve il est riche, il pourrait s'acheter une autre vie, mais non il préfère rester là et voir passer dans un sens puis dans l'autre des centaines de types comme moi qui courent après des centaines d'avions.

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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 17:46

Je persiste à essayer d’écrire dans le TGV du retour mais je crois que je ne suis pas physiologiquement conçu pour écrire dans les moyens de transport. Je pense que ça doit être un truc d’oreille interne. Me concentrer sur un clavier et un écran à 300 à l’heure ou plus me colle quasi instantanément la gerbe. Le voyage aller m’a fait arriver à la conclusion qu’il existait une vitesse  limite (que j’évalue à peu près à la vitesse que peut atteindre un train normal sur une voie pourrie) au delà de laquelle il m’est désagréable d’écrire. Je me limite donc aujourd’hui à l’écriture à vitesse moyenne c'est-à-dire jusqu’à ce qu’on atteigne la voie rapide …

Tout à l’heure, j’ai assisté dans ce TGV à une scène délicieuse et consternante : le train est bondé, les voyageurs pour la plupart installés. Arrive alors une personne, son billet à la main (que pour la clarté de l’exposé nous appellerons désormais "la conquérante")  qui constate que la place dont le numéro est marqué sur son billet, cette place qu’elle a payée, sur laquelle elle a des droits absolus, ce siège qu’elle  possède pour quelques heures est occupé par un autre voyageur (que pour la clarté de l’exposé nous appellerons désormais "le mal-assis"). Très vite le ton monte, il ne faudrait vite pas grand chose pour qu’on en vienne aux mains.  La conquérante s’énerve, le mal-assis bougonne et juste avant de se sauter à la gorge, on se décide à aller chercher le contrôleur. Celui-ci comprend la situation en quelques secondes (en même temps c’est son métier de comprendre ce genre de situation en quelques secondes). Il se trouve que l’employé du guichet auquel la conquérante a acheté son billet a ripé sur son clavier et lui a émis un billet en bonne et due forme dans la voiture 8 à la place 64 mais en date de la veille…


J’adore ce moment où l’agresseur s’aperçoit qu’il est dans son tord et où tout bascule...

Nombreuses sont les situations ou l’on peut se délecter de ce genre de comportement tellement animal et en même temps tellement humain :

- Dans le métro : deux personnes avec une envie folle de s'asseoir qui repèrent simultanément l'unique place disponible dans la rame bondée. Encore plus drôle au moment où le vainqueur s'aperçoit que cette place est libre parcequ'un clochard a vomi à cet endroit précis.

- Au cinéma, le spectacle d'une personne seule qui garde quatre places (difficile exercice)

- Au supermarché, la course au ralenti vers la caisse qui vient d’ouvrir et qui permet en une fraction de seconde de gagner vingt minutes de queue si l’on est plus rapide à l’atteindre que le voisin.

- Au supermaché encore, les gens qui se faufilent sous le rideau de fer au premier jour des soldes pour être le premier à mettre dans son caddie la télé 16/9 en série très très limitée.

- Au spectacle ou ailleurs, les gens qui se faufilent dans une file d’attente et qui font mine de s’étonner qu’il y ait une file d’attente lorsqu’on leur fait la remarque. C’est un grand classique au moins aussi jouissif à observer que les quinze minutes qui ont précédé la scène pendant lesquelles on a pu voir bouillonner le petit couple qui s’est fait passer devant avant que sous la pression de sa femme (mais dis lui toi !) l’homme se décide à rappeler à l’ordre le malotru.

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9 février 2006 4 09 /02 /février /2006 00:00

A l’heure ou j’écris ces mots, j’ai pris place à bord du TGV 6433 à destination de Bourg Saint Maurice. Le TGV 6433 à destination de Bourg Saint Maurice est ce qu’on appelle un train des neiges. Il se trouve que c’est aussi un train de parigots. Dès que l’on a mis un pied sur le quai D de la gare de Lyon en ce jeudi matin, on peut s’imprégner de cette atmosphère unique de la semaine des vacances scolaires des parigots au ski. Ici tout n’est que fatigue stress, tension les moon boots au pieds.

Pas facile a caser dans une valise une paire de moon boots, alors on les mets aux pieds. Dans le tgv de la neige, ça passe relativement inaperçu, on se fond dans la masse, par contre tout à l'heure à Réaumur-Sebastopol, on faisait pas trop le malin avec ses moon boots. C’est un peu comme quand on revient de la foire du trône avec cet énorme panda qu’on a gagné sur les épaules : à Porte Dorée rien de plus naturel que d’avoir un énorme panda sur les épaules, mais passé Daumesnil, le regard des gens devient étrange...

L’atmosphère électrique de ce quai de gare durera toute la semaine à tous les endroits. Au lieu de faire la queue au Franprix et de se tasser dans le métro, ils vont faire la queue au tire fesse et s’entasser dans le téléphérique.  Dans le train, ils se lèveront au même moment pour aller dans la cohue chercher le même club sandwich poulet crudité fromage frais à cinq euros (ou bien la formule à huit euros quatre vingt dix avec une boisson et un dessert quand même plus avantageuse). Ils iront en même temps louer les mêmes skis, ils dévaleront les même pentes, boiront le même vin chaud à cinq euros entourés d’anglais avinés…Ce qui est bien au ski c’est que l’on est pas obligé de trimbaler des pièces dans les poches de sa combinaison, car tout ici a un prix multiple de cinq ou dix euros.

J’aime bien la montagne, j’aime bien le bon air, j'aime bien la tartiflette et faire du feu dans la cheminée. Par contre j’aime pas bien l’atmosphère des stations de ski pendant les vacances scolaires).

Je me rappelle une fois dans le bus dans lequel mes skis et moi nous étions entassés au matin, m’être fait pourrir par un type sous le prétexte que ma paire de ski avait dans la soute du bus été faire un petit câlin à sa paire de skis.

Il m’avait lancé un très amical :

« Faites attention nom de dieu, c’est pas parce qu’on a des merdes qu’il faut pas faire attention aux skis des autres…. »

Je me rappelle aussi il y a quelques années le premier jour des vacances scolaires dans le bus qui monte à Méribel de Jeremy, 4 ans à l’époque, qui avait comme une fascination pour les blaireaux et qui a passé le voyage à nous signaler leur présence dans le paysage :

"Oh regardez il y a plein de blaireaux"

Il semblerait que ce bonhomme avait non seulement une bonne vue mais aussi un certain discernement.

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27 janvier 2006 5 27 /01 /janvier /2006 15:48

Au départ on avait une énorme liasse de billets d’avion.

Mon grand jeu est alors de détacher le pointillé qui les attache à la souche par laquelle ils sont agrafés les uns aux autres. C’est un plaisir simple comme de défaire la cellophane d’un emballage de CD ou de crever une à une, les bulles d’un emballage à bulles.

Or donc cette grosse liasse de billets d’avion fait aujourd’hui moins la maline et c’est le moment un peu magique où il ne reste plus qu’un seul billet dans la liasse : un aller simple vers la maison. C’est aussi le moment où, dans la valise, la quantité de linge sale excède de loin la quantité de linge propre qui se limite maintenant à cette tenue qu’on a choisi de porter dans l’avion.

Si l’on voyage sur Air France, on est presque déjà un peu en France dès le check in. Très vite on repère les français dans la file pour l’enregistrement : ils jouent des coudes, ils soupirent, ils critiquent tout et souvent cherchent le passe-droit d’un air vachement sur d’eux, genre je suis français, je travaille au bout du monde, je voyage sur Air France, on me doit au moins un petit surclassement.
Après c’est l’attente dans l’aéroport, les fausses bonnes affaires mais quand même vachement séduisantes du Duty free. Le Duty free est l’une de clefs de voûte de tout voyage intercontinental. Ce qui se passe dans la tête du voyageur qui se prépare à changer de continent c'est « Je ne suis plus déjà là d’ou je viens et pas encore là où je vais, je suis dans un no man’s land,  je m’apprête a effectuer un voyage hors du temps et de l’espace, je n’ai rien à faire d’autre qu’observer les gens, je vais donc aller me délester de ces billets de monopoly que j’ai dans la poche et dont je n’aurai pas l’utilité là ou je vais pour acheter une connerie dont je n’ai pas besoin qui serait moins cher au Marionnaud du coin.

Un de mes plaisirs favoris en attendant l’avion est de guetter l’arrivée de l’équipage. A Paris on ne voit jamais les équipages car ils sont briefés au siège d’air France avant d’être livrés par bus directement au pied l’avion (merci Julien pour ce détail des coulisses des navions). A l’autre bout du monde, pas d’entrée des artistes pour les équipages, ils arrivent comme vous par la petite porte et c’est  toujours un moment assez gracieux, toujours très aérien. C’est peut  être parce ils n’ont pas besoin de faire la queue et qu’ils sont donc toujours en mouvement qu’on a l’impression qu’ils flottent à travers l’aéroport.

Après ils s’installent dans un coin de la salle de l’embarquement pour le "briefing" et moi j’aime bien laisser traîner mes oreilles à ce moment là pour écouter des trucs un peu futiles pour le passager ordinaire genre : le vol dure 12H30, il y a quatre chaises roulantes, une rock star en première dont il faudra surveiller la consommation de cocaïne, 20 tonnes de melons dans les soutes et un redoutable groupe de teen-agers qui se rendent en France pour un compétition de volley-ball à surveiller particulièrement.

Plus tard et en général de façon séparée, arrivent le pilote et son acolyte, souvent l’air un peu hautain (ça doit être la casquette), genre : « je suis pilote chez Air France sur long courrier, je suis au bout du monde, je vehicule l'image de la compagnie et de la France toute entière à moi tout seul, je m’apprête à ramener de mes mains cette machine de quelques centaines de tonnes à la maison à plus de mille kilomètres par heures, j’aurais bientôt la vie de 300 personnes au bout de mes doigts et j’ai même pas peur..."

Apres c’est champagne, foie gras, dodo, descente, airport, contrôle de police dilettante (c’est fou comme c’est bien gardé la France, le plus souvent il suffit d’avoir un truc qui ressemble vaguement à la couverture d’un passeport français et hop on vous laisse passer…) bagages, queue pour le taxi, taxi, queue dans les embouteillages, stade de France, périphérique bouché ,avenue de Clichy, maison, puis des plaisirs simples comme prendre le courrier qui s’est empilé dans la boite aux lettres, croiser le voisin du dessus, et se demander quelle heure il peut bien être ici et là-bas et essayer de rester éveillé et en rallant sur ce putain de décalage horaire. 

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27 janvier 2006 5 27 /01 /janvier /2006 01:10

J'écris ces quelques mots du bar de l'hotel Sofitel Plaza à Saigon. J'aime beaucoup l'atmosphere de cette ville, de ce pays que je ne connaissais pas et avec lesquels mon contact aura duré à peine une trentaine d'heures. Saigon est comme je l'imaginais : accueillante, colorée, hospitaliere, douce. Les gens sont gentils, un peu timides, souriants. Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil*.

J'aime bien les bars des hotels internationaux : où que l'on soit sur la planète c'est toujours un peu pareil les bars des hotels internationaux. Les mêmes touristes plutot friqués, les mêmes hommes d'affaire qui négocient les mêmes contrats et puis la même chanteuse un peu grassouillette en robe du soir qui reprend les memes standards (là c'est "as time goes by"). Et puis aussi les memes equipages arrivés hier de Paris et qui seront à Paris demain...

Tout ça, c'est un peu comme une piece de theatre qu' on aurait deja vu mille fois mais à chaque fois différente...

 

* Paroles et musique Georges Garvarentz pour Charles Aznavour

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25 janvier 2006 3 25 /01 /janvier /2006 01:41

J’aime bien faire du shopping au Japon, il a plein de trucs étonnants qui ne servent absolument à rien. Il est surréaliste que des armées de chercheurs Japonais au fond de leur labo dépensent des crédits gouvernementaux à mettre au point des trucs aussi utiles à l’humanité que des toilettes donc la lunette est chauffée, des robots chiens qui se comportent comme des vrais, des fleurs en plastique dans un pot qui bougent quand il y a de la musique, ou des pingouins en plastique qui viennent vers vous en disant pingu pingu quand vous tapez des main.

Le truc japonais inutile de la semaine : des déguisements pour chien (voir photo). De quel esprit malade peut bien sortir une idée pareille ? Et quel esprit encore plus malade peut dépenser son argent dans un truc comme ça ? A voir la photo et l’air malheureux mais resigné du chien on imagine que la séance photo pour mettre sur le packaging du dit costume a du être un tantinet rocambolesque. Dans la collection existe aussi très joli smoking pour bouledogue ou une chouette panoplie de cow-boy pour caniche.

Mais au fait, quelle grande occasion peut donner envie de se mettre à deguiser son chien de la sorte ? l’anniversaire du petit dernier ? celui du chien ? Ou alors juste c’est pour lui faire plaisir car cela fait des mois qu’il vous tanne pour que vous lui offriez cette panoplie de cow-boy dont il a tellement envie ?

Non vraiment j’aurais voulu être dans la réunion où les cadres de cette grande multinationale japonaise ont eu cette idée géniale, « messieurs nous avons trouvé LE produit qui va re dynamiser notre portefeuille : des déguisements pour chien. Alors maintenant messieurs tous au travail… » 

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23 janvier 2006 1 23 /01 /janvier /2006 00:03

J'aime beaucoup cette chanson de Benjamin Biolay.
Bien que l’artiste affirme de jamais s’être rendu a Tokyo il a su capturer l’essence même de cette ruche. Si le Japon est un pays étonnant, Tokyo est encore plus étonnant que le Japon. J’aime bien descendre à l’hôtel Excel dans le quartier de Shibuya, pour la salle du petit dejeuner ou l'on flotte dans le ciel de tokyo (voir photo) et si possible dormir dans une chambre à un étage élevé avec la vue sur ce grand carrefour que traverse Scarlett Johansson sous la pluie dans le film « Lost in translation ». Je pourrais rester le nuit entière le nez collé a la vitre à observer les grappes de fourmis parfois sous des millions de parapluies s’agglutiner sur les trottoirs avant de traverser en même temps dans tous les sens. J’aime bien me promener au milieu de cette foule en ayant un peu l’impression d’être un extra terrestre (il y a très peu d’occidentaux au Japon). Comme hypnotisé, et toujours cette foule, toujours ce bruit , toujours ces néons et cette impression bizarre de croiser dix fois, cent fois, mille fois la même fille.

Au Japon il y a deux types de coupes de cheveux, les cheveux noirs raide, et les cheveux noirs raide vaguement décolorés genre blondasse. Il y a les jeunes fashion / destroy et puis les autres chemises blanches / costumes gris qui bossent leur vie entière dans un grand trust  japonais. Il paraît que ce sont les mêmes, juste ils se réveillent un matin et enfilent un costume gris à jamais.

 

Je veux m’asseoir sur une chaise, à tokyo,
ça prendra le temps qu’il faut.
Je prendrai un aller sans retour, en avion cargo. 

 

* paroles et musique Benjamin Biolay

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22 janvier 2006 7 22 /01 /janvier /2006 00:00

On prend au Japon toute la dimension de la barrière de la langue. Par exemple quand un japonais dit oui, cela peut vouloir dire indifféremment  : "oui", "non" , "peut être", "j’ai compris ta question" ou bien "je n’ai pas compris ta question mais je n’ai pas envie de te le montrer pour ne pas perdre la face".

Le problème, c’est que lorsque l’on s’aperçoit de cette curiosité linguistique, il est en général trop tard… Cela se passe en général après avoir, pendant une journée entière, pris pour argent comptant les réponses positives aux questions que l’on a pu poser. Tout s’écroule au moment precis où l’on pose par hasard une question ouverte genre « quel temps fera t’il demain » et que l’on obtient la réponse "yes".

De ce que j’ai compris la nation de « non »  s’exprime souvent par la présence du mot « maybe » dans une phrase. Pour résumer si un japonais utilise le mot "maybe" c’est qu’il n’est pas du tout mais alors pas du tout d’accord.

Les Japonais ont une grande passion dans la vie : se saouler la gueule. L’autre matin, le client avec qui j’avais rendez vous a commencé par s’excuser de son état piteux rapport qu’il avait pris une mega retournée la veille au soir (ici on dit « heavy drinking »). Comme partout dans le monde le samedi soir (mais aussi n’importe quel autre soir) ne saurait se concevoir sans une bonne biture.

Les conséquences de ce penchant éthylique sont parfois inattendues : j’ai été réveillé à 5 heures ce matin par un japonais ivre mort au téléphone qui bredouilé un vague "ai ai" (oui oui en japonais) avant que je raccroche. A peine rendormi rebelote, coup de fil d’un second japonais ivre mort lui aussi mais possédant quelques notions d’anglais.

Moi (un peu enervé) : What do you want ? (je sais pas c’est le premier truc qui m’est venu)
Lui : You
Moi : Encore plus enervé : No way !
Lui : Adios

Suit d’un raccrochage très agacé de ma part
Je me décide ensuite à appeler le bureau de devant (front desk) afin qu’ils fassent quelque chose pour éviter de me faire réveiller toutes les 5 minutes par un japonais tout saoul et là je me suis encore une fois heurté vivement à cette putain de barrière.

Moi : I just had two weird phonecalls, can you make sure I don’t get any more calls
Lui : you want morning call ? What time ?
Moi : No I had stupid calls and I want it to stop
Lui : So you already set up morning call and you want cancel ?

 

Je comprends alors que ma question va bien au-delà des douze questions standards que cet employé a du apprendre par cœur dans sa formation et que cette conversation risque d’être tres longue sans pour autant avancer d’un pouce, je finis donc par baisser les bras et je raccroche avant de simplement débrancher le fil du téléphone sans attendre le troisième poivrot imbibé de saké qui aura cette idée géniale de composer au hasard le numéro de ma piaule.

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