Week-end forcé à Philadelphie.
J’ai toujours trouvé Philadelphie ennuyeuse. Il y a des villes où l'on se sent bien à la première minute comme New York, Chicago ou San Francisco, et puis celles dans lesquelles on ressent comme cette impression étrange de ne pas avoir sa place.
Philadelphie est de ces villes là et l'idée d’être à deux heures de voiture de New York accentue encore cette impression de n’avoir rien à faire ici. Philadelphie, est un peu la bonne copine de New York, celle qui est assise à coté dans la boite, celle qui garde les sacs, celle à qui personne ne s’intéresse.
Pour moi Philadelphie, c’est avant tout la marque de cream cheese qu’on tartine sur les Bagels (et ça faut reconnaître, c’est quand même vachement bon…).
Je suis toujours content de partir pour les Amériques mais je suis aussi toujours content d’en revenir aussi...
Parce qu’ici il n’y a pas de fromage, pas de baguette, pas de croissant digne de ce nom, pas de petite rue pavée et de terrasse ensoleillée sur la place de la poste.
Parce qu’ici on ne s’intéresse qu’au temps qu’il fait, au temps qu’il fera, au temps que l’on met pour aller d’un point A à un point B et éventuellement au type qui, la veille, s’est fait buter en effectuant ce trajet.
Parce qu’ici c’est le pays de la liberté mais que le premier truc qu’on apprend à la fac de médecine c’est à lire une carte bleue.
Parce que le journal d’hier nous indique qu’il n’est pas rare que les étudiants soient endettés à hauteur de 150.000 dollars à la fin de leurs études.
Parce que je trouve ça effrayant que chez macdo il n’y ait que des petits vieux derrière la caisse, qui entament une deuxième vie de travail parce que la première ne leur a pas suffit à se payer une retraite.
Parce qu’il faut être un peu con quand même pour demander, de quatre façons différentes, à un type qui va prendre l’avion si par hasard un inconnu ne lui aurait pas offert une bombe pour mettre dans sa valise et imaginer garantir ainsi la sécurité dans les avions.
Parce que, s’il le faut, l’interception de la frappe de ce billet par une agence gouvernementale suffit sans doute à me faire classer dans la catégorie des dangereux activistes et me vaudra peut être une petite fouille VIP avant l'embarquement de mon vol de retour mardi soir.



A l’heure ou j’écris ces mots, j’ai pris place à bord du TGV 6433 à destination de Bourg Saint Maurice. Le TGV 6433 à destination de Bourg Saint Maurice est ce qu’on appelle un train des neiges. Il se trouve que c’est aussi un train de parigots. Dès que l’on a mis un pied sur le quai D de la gare de Lyon en ce jeudi matin, on peut s’imprégner de cette atmosphère unique de la semaine des vacances scolaires des parigots au ski. Ici tout n’est que fatigue stress, tension les moon boots au pieds.
J'écris ces quelques mots du bar de l'hotel Sofitel Plaza à Saigon. J'aime beaucoup l'atmosphere de cette ville, de ce pays que je ne connaissais pas et avec lesquels mon contact aura duré à peine une trentaine d'heures. Saigon est comme je l'imaginais : accueillante, colorée, hospitaliere, douce. Les gens sont gentils, un peu timides, souriants.
J’aime bien faire du shopping au Japon, il a plein de trucs étonnants qui ne servent absolument à rien. Il est surréaliste que des armées de chercheurs Japonais au fond de leur labo dépensent des crédits gouvernementaux à mettre au point des trucs aussi utiles à l’humanité que des toilettes donc la lunette est chauffée, des robots chiens qui se comportent comme des vrais, des fleurs en plastique dans un pot qui bougent quand il y a de la musique, ou des pingouins en plastique qui viennent vers vous en disant pingu pingu quand vous tapez des main.
J'aime beaucoup cette chanson de Benjamin Biolay. 


