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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 02:28

J’ai toujours aimé les aéroports. Il y a dans ces lieux une atmosphère qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Etant petit, l’aéroport d’Orly était parfois la balade du dimanche à l’époque où les distributeurs de billets n’étaient pas si nombreux et souvent vides le week-end. L’aéroport d’Orly, c’était la garantie d’un distributeur toujours replet même pendant les ponts. J’adorais qu'on se promène dans l’aérogare, aller sur la terrasse pour regarder les avions décoller. L’aéroport d’Orly a cette odeur caractéristique mélange de vapeurs de kérosène et de solvants des matériaux de construction employés dans les années soixante. L’odeur d’Orly est unique au même titre que celle qui règne dans la ligne 1 du métro.

Quand je dois prendre un avion, j’aime bien arriver très en avance, me mettre dans un coin et regarder les gens. Départs, arrivées, embrassades, retrouvailles, larmes, courses contre la montre, retards, rupture, coups de foudres, bousculades, attente, angoisses, excitation. J’observe avec amusement les gamins avec leurs énormes étiquettes autour du cou qu’une hôtesse emmène à l’avion en les tenant par la main, les portes automatiques des arrivées qui s’ouvrent sur les mines défaites des voyageurs qui viennent de passer deux six douze ou vingt heures dans un avion, les chauffeurs qui attendent un client qu’ils ne connaissent en tenant un panneau à l’orthographe approximative.

L’aéroport est un petit monde à part entière, une vibration permanente qui donne parfois l’impression comme dans les clips d’être immobile alors qu’autour de soi tout défile en accéléré.

Un peu comme là maintenant autour de moi dans le salon de l’aérogare 2C alors que j’attends un vol pour pékin en tapotant ce billet ce lundi après midi.

 

 

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19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 09:09

Je suis en train de faire une valise.

Pour être tout à fait précis j’étais en train de faire une valise juste avant d'entamer l'écriture de ce billet.

La valise est l’un des préliminaires fondamentaux au voyage. J'aime bien sortir toutes les affaires sur le lit, les étaler, faire un tri, parler aux paires de chaussettes  : toi je t’emmène, toi je te t’emmène pas.

Quand on était petit et qu’on partait en colonie de vacances, la valise était un cérémonial qui commençait quelques semaines plus tôt lorsque l’on se rendait en famille à la mercerie pour retirer ces petits rubans de tissus avec son nom dessus que maman coudrait avec amour sur ce magnifique sous pull en acrylique orange (celui qui fait des étincelles quand on l’enlève) afin que celui-ci ne finisse pas dans la valise d’un autre au retour de colo.

Autre étape importante de ce processus, la construction de la liste, qui quelques jours plus tard sera scrupuleusement scotchée sur le dessus de la valise comme un deuxième garde fou au détournement du sous pull en acrylique orange.

Aujourd’hui  plus besoin de liste et à force d’habitude je suis capable de boucler une valise en un temps record (sans rien oublier, c’est ça qui est dur). Par contre je souffre d’une maladie chronique que je tiens de ma mère : quelle que soit la durée du séjour et la taille de la valise, celle-ci finit toujours pleine à craquer (ce qui permet de se livrer à ce petit plaisir unique qui consiste à s’asseoir sur la valise pour arriver à la fermer).

Le plus souvent, au retour, on retrouve la moitié des affaires qui n’ont pas été dépliées, elles ont juste vu du pays et sont beaucoup plus froissées qu’au départ.

Autant faire une valise a quelque chose d’excitant, autant défaire une valise est très ennuyeux : une fois qu’on a enlevé les trucs qu’on a acheté au bout du monde, le reste, principalement du linge sale en boule n’a pas grand intérêt.

Le plus souvent d’ailleurs, on ne prendra pas la peine de décrocher l’étiquette noir et blanc portant les trois grosses lettre CDG symbole du retour au bercail. On ne l’arrachera que plus tard quand on aura besoin de remplir une nouvelle valise sur laquelle bientôt sera posée une autre étiquette et trois lettres différentes et lointaines d’une destination exotique pour laquelle on aura déjà étalé plein d’affaires sur le lit.

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10 mai 2006 3 10 /05 /mai /2006 00:00

J’ai parfois l’impression qu’aux Etats-Unis, encore plus que chez nous, les jeux, les séries, les infos sont un prétexte pour donner une apparence de discontinuité au tunnel de publicité absolu que constitue le PAF américain*.

Aux Amériques, on a le droit de faire de la pub pour à peu près n’importe quoi : les partis politiques, les médicaments qu’ils soient en vente libre ou non et même les hôpitaux.

C’est ainsi qu’un écran incitant à réélire le gouverneur sortant est suivi d’une pub qui vante les mérites d'un médicament anti-cholestérol (On imagine ensuite assez bien la consultation chez le médecin : "Docteur j’aimerais bien que vous me prescriviez cet anti-cholestérol que j’ai vu à la télé dont je ne me rappelle plus bien le nom mais dont la boite est jolie", puis d’une autre  pour un hôpital qui traite le cancer mettant en scène des gens aussi radieux et excités qu'un américain moyen dans la file d’attente du Space Mountain.

Un ou deux écrans plus tard, Gillette fait la promotion d’un nouveau rasoir à cinq lames. Je dois dire que je suis un peu perplexe sur cette surenchère à laquelle se livrent les fabricants de rasoirs concernant le nombre de lames, assez voisine de l’escalade entretenue par les Etablissements Afflelou chez nous qui à mon avis ne va pas tarder à sortir la dodécadra (la douxième paire de lunette pour 1 euro de plus).

Il y a un je ne sais quoi de névrotique qui pousse ce pays à être toujours en quête de plus grand, de plus gros, en un mot de plus tout court. C’est peut être le fruit de l’histoire, à moins que ça soit simplement un effet de taille : ce territoire est immense on a donc tendance à faire tout en grand.

C’est peut être aussi pour cette raison que ce sont les Japonais qui ont inventé les bonzaïs et les origamis et pas les américains.

* Oui je sais, on ne dit pas le PAF américain, mais cette expression boiteuse est celle qui traduit le mieux ma pensée de l’instant.

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7 mai 2006 7 07 /05 /mai /2006 22:54

Se réveiller tôt le matin dans un lit grand comme celui de Gulliver, sentir la vibration de la ville.
Entrouvrir les rideaux de la chambre d’hôtel, se rendre compte qu’il fait un temps magnifique.
Errer sur Times Square encore un peu endormi, faire une rafale de photos, se mettre à la recherche d’un endroit pour prendre un petit déjeuner. Se décider pour un déli.
Se promener au parc, croiser des milliers de New Yorkais à vélo.
Prendre une cinquantaine de photos d’écureuils.
S’étonner de voir ces gens qui promènent plusieurs chiens en même temps en étant pendus au téléphone.
Reprendre une dizaine de photos d’écureuil, on ne sait jamais.
Passer par le zoo pour assister au déjeuner des otaries, se plaindre qu’il fait un peu trop chaud.
Descendre la cinquième avenue, s’attendre à croiser Arnold et Willy à chaque instant.
Faire un peu de shopping, se réjouir de la faiblesse du cours du dollar et du coup refaire un peu de shopping.
Se retrouver sur Time Square, refaire une vingtaine de photos de cet endroit.
Marcher le nez en l’air pendant des kilomètres, dévorer ces avenues verticales.
Se plaindre qu’on a mal au pieds, abandonner les avenues verticales pour les petites rues du village.
Déjeuner à la terrasse d’un petit restaurant italien.
Prendre un petit café au premier Starbucks que l’on rencontre pour lutter contre le coup de barre de l’après midi.
Remonter la ville en métro parce que décidément on a trop mal aux pieds .
Aller voir les horaires de cinéma de mission impossible III et décider enfin de ne pas y aller car ça n’a pas d’intérêt vu que le film est sorti en France déjà.
Se noyer dans la foule de Time Square au soleil couchant, refaire quelques photos.

Un dimanche ordinaire à New York.

 

Just a perfect day
Feed animals in the zoo.
And then later a movie, too
And then home
Oh it’s such a perfect day
I'm glad I spend it with you

* Paroles et musique Lou Reed

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6 mai 2006 6 06 /05 /mai /2006 22:03

Il y a deux ou trois signes qui ne trompent pas et qui permettent d’être sur que l’on est aux Etats-Unis :

- On se réveille au milieu de la nuit sans raison (mais ça ne dure pas)

- Il y a de la cannelle partout. Quand on déteste la cannelle (comme moi) il ne faut jamais baisser sa garde, le moindre dessert, le moindre chocolat, le moindre chewing-gum, voire la moindre pizza peut avoir été piégé. Je déteste la cannelle, beurk.

- Les sirènes hurlent dans la nuit comme dans les films américains

- Dans les douches des hotels, les robinets sont toujours très compliqués et à chaque fois différents. On ne sait jamais trop comment aiguiller l’eau vers la pomme de douche. Il m'est arrivé de m'acharner sur le bitonio pendant vingt minutes avant de renoncer et faire couler un bain. C’est en effet le même bouton qui règle la pression d’eau et la température selon un mécanisme complexe et incompréhensible. C'est ainsi que l'on a une chance de s’ébouillanter quand on allume l’eau et une autre au moment ou l’on tente  de l’éteindre. Entre les deux il coule en général de l'eau froide.

- Les gens parlent tous très fort, s’appellent par leur prénom et trouvent tout FAN-TAS-TIQUE.

- Les steaks dépassent de leurs assiettes.

- Les gens dépassent de leurs pantalon.

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5 mai 2006 5 05 /05 /mai /2006 13:37

J’écris ce billet à bord du train qui relie Boston à Washington en passant par New York ce qui tombe plutôt bien car je me rends à New York.

Quel que soit le moyen de transport que l’on adopte, il y a quelque chose de magique à arriver à New York. A l'instant où l'on commence à discerner les traits caractéristiques de cette ville,  on ressent cette impression étrange, cette excitation unique, sans doute voisine de celle que ressentaient les immigrants à l’approche d’Ellis Island.

Il y a quelque chose de magique à se réveiller sans être fatigué le premier matin vers quatre heures puis errer sur Times Square presque désert en attendant l’ouverture du premier Starbucks.

New York est un rêve vertical, un aimant d’une polarité attractive à la mienne.

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2 mai 2006 2 02 /05 /mai /2006 11:23

Les avions sont les dernières forteresses de tranquillité de notre époque moderne. J'ai devant moi, sept heures de calme absolu entre Paris et Boston avec pour tout bruit le ronronnement rassurant des réacteurs. Et cette satisfaction de se trouver dans un des derniers endroits sur terre imperméable aux signaux GSM. Il paraît que les compagnies aériennes proposeront prochainement un système qui permettra d’utiliser son portable en avion et là le dernier bastion de calme électromagétique sera vaincu.

J’aime bien les avions pour cet isolement absolu qu’ils procurent. Cette possibilité qu’ils donnent d’avoir précisément la tête dans les nuages. Cet endroit hors du temps, ouaté, où l’on se livre principalement à deux occupations essentielles que sont manger et dormir tout en flottant au milieu des nuages. Est ce que ça ne serait pas un entraînement pour le paradis ?

Les avions sont des failles de l’espace temps. Les avions sont les seuls endroits que je connais où l’on peut voir le journal de sept heures de télématin alors qu’il est quinze heures (en avion les journaux télévisés comme les voyageurs sont en conserve). Quand on voyage vers l’Ouest le soleil ne se déplace presque pas sur l’horizon, on reste tout le temps presque à la même heure. On arrive souvent à peu près à l’heure à laquelle on est parti. On a l’impression qu’en continuant tout droit toujours plus à l'Ouest on pourrait arrêter le cours du temps. C’est sans compter sur cette ligne de changement de date à laquelle je n'ai jamais compris grand chose, si ce n'est qu'elle a le pouvoir de vous remettre dans le droit chemin spatio temporel en vous propulsant en une fraction de seconde à la même heure le lendemain.

Ce que j’aime aussi dans les avions quand ils vont aux Amériques c’est le coté décalé du formulaire vert qu’il faut remplir pour entrer aux Etats Unis.

D’abord le fait que la mise en page du dit formulaire et la disposition des cases à remplir à été élaborée par un sadique qui doit tirer une grande satisfaction du fait que chaque jour , des centaines de gens à bord des longs courrier transtlantiques demandent une nouvelle fiche car ils se sont trompés pendant le remplissage de la première, le plus souvent en mettant le sexe dans l’emplacement prévu pour la date de naissance (cette phrase, un peu bizarre à la relecture, sera aisément comprise par quiconque a déjà rempli un formulaire vert I94-W d'entrée sur le territoire américain, et s'est fait vilipender par l’officier d’immigration pour avoir mis son sexe au mauvais endroit).

Ensuite j’aime beaucoup la naïveté des questions qui sont posées.

Petit best of : 

Etes vous atteint d’une maladie contagieuse, de troubles mentaux ou physiques ? Faites-vous usage de stupéfiants ? Etes vous toxicomane ?

Ils répondent quoi le président et les stars du showbiz quand ils rentrent au pays ?

Avez vous autrefois été impliqué, ou êtes vous maintenant impliqué dans des activités d’espionnage, de sabotage, de terrorisme, de génocide, ou entre 1933 et 1945 avec vous participé en aucune façon à des persécutions perpétrées au nom de l’Allemagne nazie ou de ses alliés ?

Oui je suis un agent double, mais soyez sympa n’en dites rien à votre gouvernement car ça pourrait m’attirer des ennuis, je vous réponds gentiment parce que vous me demandez gentiment mais ça reste entre nous hein monsieur le douanier.

Ne serai-il pas plus simple de poser la question suivante : Avez vous l’intention de profiter de votre voyage pour vous livrer à des actes terroristes sur notre sol ?

Le plus drôle c’est qu’après toutes ces questions il y une petite mise en garde qui dit :

ATTENTION : Si vous avez répondu oui à une ou plusieurs de ces questions veuillez contacter l’ambassade des états unis AVANT d’entreprendre votre voyage, il est possible que l’entrée au Etats-unis vous soit refusée.

Bien sur au moment où on découvre ces lignes on est au-dessus de terre neuve à moins de deux heures de Boston et à 2570 miles de l’ambassade en question.

Du coup je vais répondre non à toutes ces questions, ça sera plus simple et puis reprendre un peu de foie gras aussi.

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13 avril 2006 4 13 /04 /avril /2006 19:27

Un reportage vu sur Arte hier soir me rappelle cette réalité : j’ai deux grands regrets dans la vie. L’un de ne pas savoir la musique et en particulier de ne pas savoir jouer du saxophone, l’autre de n’avoir jamais pris le Concorde.

Ce qui est étonnant avec le Concorde c’est que cet avion était à la fois obsolète et futuriste.  C’est un peu comme s'il avait voyagé dans le temps de quelques siècles à rebours vers les années soixante dix.

En fait le Concorde était un peu l’incarnation d’un décalage spatio temporel. Ce même décalage qui lui permettait de livrer ses passagers et leur caviar supersonique avant même que leur montre ait quitté Paris.

A la mort du Concorde, et pour la première fois de l’histoire de l’humanité, la technologie a fait un bond en arrière. Plus jamais peut être l’Empire State Building ne sera à moins de 4 heures du parvis de Notre Dame.

C’est peu comme si du jour au lendemain on décidait de se priver de téléphone portable.

Les avions me fascinent, le Concorde est un hyper avion.

New York est en moi, aller à New York en Concorde est un truc absolu et tristement improbable.

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28 février 2006 2 28 /02 /février /2006 23:02

J’écris ces lignes à près de mille kilomètres heures à bord du vol USAIR 26 a destination de paris Charle's De Gaulle  (le jet stream est en forme ce soir).


Si on est déjà un peu en France au moment où l’on met un pied dans un avion d’Air France, force est de reconnaître qu’on est reste aux Etats-Unis tant qu’on a pas posé le pied sur la passerelle à Roissy.

USAIR est au bord de la banqueroute et cet état de déconfiture est palpable. La moyenne d’age des hôtesses doit être de 65 ans et il est amusant de penser que toutes ont du bien connaitre Guynemer Mermoz et Saint Exupéry. Sur Air France, il y a en général une hotesse avec plus d'heures de vol que les autres, elle est souvent issue d'air inter et en général c'est la chef de cabine sur USAIR on a l'impression qu'il n'y a que des chefs de cabine...

Le type qui pousse le chariot de boissons me fait penser à Fétide Adams (dans la famille Adams), il a à peu près autant de grace que les types qui poussent les charriots avec un macabé au Cook County Hospital dans urgence...

Un peu plus tard, je contemple avec désarroi le "bœuf bourguignon" assez peu fidèle à la description d’un paragraphe entier qui en était faite sur le menu. Je crois que les rations de bœuf bourguignon servies à l'armée sortent de la même usine. Les génies du marketing qui ont rédigé le menu seraient sans doute capables de pondre vingt lignes ampoulées pour annoncer la présence prochaine sur la table d’une boite de saucisse lentilles ou de raviolis de chez Leader Price.

C’est marrant ces traversersées atlantiques retour, d’abord c’est toujours un vol de nuit c’est obligé, il n’est pas possible de rentrer des Amériques sans y laisser une nuit (enfin pas depuis que le concorde a pris sa retraite. J’ai deux grands regrets dans la vie : ne pas savoir la musique, plus précisément ne pas jouer du saxophone et ne pas avoir pris le concorde. Enfin bref le concorde LUI permettait de faire le vol de jour si on en avait envie, ce qui n’est plus possible aujourd’hui, sauf bien sur à louer un jet privé, ce qui n’est pas dans mes moyens…).

A peine pas terminé le bourguignon, il convient de ne plus perdre une minute et dormir. La nuit sera courte forcement. A chaque franchissement de méridien, une nouvelle heure s'evaporera imperceptiblement en plus de celles qui s'écoulent normalement.

Si j’ai de la chance Fétide Adams ne viendra pas me secouer une heure et demie avant l’atterrissage pour me demander si je préfère dormir ou prendre un petit déjeuner :

- Vous êtes sûr que vous ne voulez pas un appétissant petit déjeuner composé de délicieux pan cakes, revenus au beurre de cacahoutete accompagnés de fruits frais de saison et d’une selection de viennoiseries  ?

- Non ?

- Ah oui c’est ca vous préférez dormir ?

- Alors au nom d’USAIRWAYS je vous souhaite une très bon rendormissement.

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26 février 2006 7 26 /02 /février /2006 23:00

Je n’ai jamais bien compris pourquoi dans ce pays tout se doit d’être plus grand (les portions, les voitures, le buildings, les gens…). D’accord par construction le pays est immense et les distances d’un ordre de grandeur supérieures à celles que nous connaissons en Europe, mais cela peut-il être un début d’explication au fait que le « petit » coca au Macdo du coin n’est pas loin de représenter un gallon* de coca. Bon ok j’exagère un peu mais en tout cas c’est l’impression qu’on a lorsque l’on a finit de glouglouter le dit coca.

Pour être tout à fait précis d’ailleurs le Macdo de ce midi n’était pas un Macdo mais un Wendy’s. Sinon j’aurais aussi pour choisir un Burger King, pour le whooper et aussi que parce que Burger King a mis la clef sous la porte en France. Le whooper a donc maintenant comme un parfum de nostalgie du temps ou Burger King tentait d’investir le marché français. Après, bien sur, si on ouvre le chapitre de la nostalgie des hamburgers, on ne manquera pas de se remémorer le Freetime et ses fameux longburger de notre adolescence et Arlette qui renversait toujours la sauce sur les chaussures…

Comme beaucoup d’européens, je me suis souvent fourvoyé en commandant une petite salade en entrée et en réalisant à l’arrivée de la salade qu’on aurait pu facilement nourrir une famille de six avec.

Comme tout le monde j’ai regretté d’avoir commandé un steak ensuite.

Comme tout le monde j’ai été effrayé en constatant que le steak débordait de l’assiette.

Comme tout le monde j’ai eu l’impression à la fin du steak que celui ci avait l’air intact malgré tous les efforts déployés pour en engloutir à peine un tiers.

Ainsi donc, en Amérique tout se doit d’être plus haut, plus fort, plus gros, plus grand, plus gras … L’aigle américain patauge dans l’ice cream**. L’Amérique fait monter son taux de cholestérol en flèche avec bonne conscience en s’empifrant à longueur de journée de produits « low fat ».

J’ai pu mesurer la profondeur de ce paradoxe lors d’une visite au musée des sciences hier à Philadelphie. Il y a avait là une exposition sur le cœur, quelques maquettes d’artères bouchées par du gras dans lesquelles les enfants pouvaient jouer comme dans un toboggan et puis des panneaux avec conseils éducatifs pour tenter de convaincre les visiteurs d’ouvrir le dictionnaire à la page légume. Le truc hallucinant c’est d’observer les gens en train qui se goinfrent d'ice-cream en lisant ces panneaux (regardez les enfants c’est bon pour la santé) et constater par hasard la présence saugrenue d’un distributeur de snacks juste à coté de ce panneau…

* Un gallon = 3.785 litres
** Presque paroles et musique Alain Souchon

 

 

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