Il nous est tous arrivé de démarrer un sprint dans les couloirs du métro au moment où l'on entend ce bruit caractéristique qui laisse à moitié penser que la rame arrive au bout du quai.
Il nous est tous arrivé d’avoir l’air idiot, la mèche au vent, le souffle court alors que nous constatons, non sans un certain encombrement, que le bruit en question était celui d’un métro qui arrivait de l'autre coté. Impression pareillement désagréable à celle que l’on a lorsque le métro arrive du bon coté mais que l'on a pas couru assez vite et que les portes se ferment devant nous sous les regards mi amusés, mi sadiques des autres voyageurs.
Il nous est tous arrivé de chercher à grapiller cette minute précise qui sépare le métro d’avant du métro d’après.
Mais que fait-on en général de cette minute gagnée à la sueur de son costume ?
Le plus souvent rien, en ce sens que plus tard, on passe cette minute à rêvasser au bureau ou à la machine à café avec les collègues.
Gagner une minute dans son emploi du temps ou même être à l’heure à la minute prêt ne présente rarement un grand intérêt, sauf peut être dans le cas où l’on s’apprête à rentrer d’une mission d’exploration de la planète Mars et que la prochaine configuration favorable des orbites permettant un retour sur terre aura lieu six ans plus tard.
Il est intéressant de remarquer que quand l’animal cherche à gagner du temps, par exemple en se mettant à courir, c’est en général pour une bonne raison comme par exemple survivre aux griffes d’un prédateur ou à un incendie qui se propage dans la savane, alors que l’homme ne sait le plus souvent pas trop pourquoi il se dépèche, si ce n’est pour avoir cette satisfaction un peu dérisoire d’être arrivé une minute plus tôt…




Un reportage vu sur Arte hier soir me rappelle cette réalité : j’ai deux grands regrets dans la vie. L’un de ne pas savoir la musique et en particulier de ne pas savoir jouer du saxophone, l’autre de n’avoir jamais pris le Concorde.
Avec le printemps, vient le temps des brocantes à tous les coins de rues et notamment aux Batignolles. 
Je me suis toujours demandé ce qui poussait la boulangère à systématiquement glousser l’interrogation « tranché ? » à chaque fois que vous achetez un modèle de pain dont la forme se prête relativement bien au tranchage. Pour moi, il suffirait d’attendre que les clients qui ont envie d’avoir leur pain tranché le demandent, il n’y a pas besoin d’harceler tout le monde avec cette interrogation agaçante limite obsessionnelle.

