Je suis toujours intrigué de
ces réactions parfois étonnantes que peut avoir le corps humain dans certaines circonstances. Cette veine qui bat au coin de l'œil sans que l'on sache forcément pourquoi, ces yeux qui se mettent
à couler au milieu d'un fou rire. A chaque fois je me demande ce qui se passe et je m'interroge sur la nature du court-circuit interne qui à mené à cette manifestation incongrue. L'une des plus
étonnantes est certainement la chair de poule. Hier en rentrant du travail j'ai été saisi par ce phénomène suite à l'action conjuguée d'une température inférieure aux normales saisonnière et de
l'écoute fortuite d'une chanson sublime. En traversant l'avenue, je n'ai pas pu m'empêcher de m'interroger sur ce qu'aurait été la réaction d'un poulet dans pareilles circonstances.
Il arrive parfois que tombe sur
vos épaules une responsabilité inattendue, pour laquelle vous ne vous étiez pas du tout préparé. C'est par exemple le cas au G20 quand la caissière au bout de la file d'attente dans laquelle vous
vous trouvez décide de prendre sa pause et vous confie la lourde tâche d'en informer le reste du magasin. Le plus souvent on se livre à cette tâche avec un enthousiasme plutôt mesuré.
La lâcheté conduit même parfois à faire comme si de rien n'était jusqu'à ce que la caissière aboie un rappel à l'ordre à votre voisin de derrière qui depuis une dizaine de minutes se réjouissait
intérieurement d'avoir fait un choix de caisse parfait tant la longueur de la file dans laquelle il s'est engagée est infiniment plus courte que les autres.
L'autre jour dans le TGV une dame a commencé à faire des bruits très bizarres, le wagon entier à envisagé une crise d'épilepsie avant de se rendre compte qu'ayant avalé un truc de travers elle
était en train de s'étouffer. C'est pendant que j'étais en train d'essayer de me remémorer cette demi-journée de formation aux gestes qui sauvent, organisée il y a quelques mois au bureau, pendant
laquelle on avait bien rigolé avec les collègues qu'un monsieur juste en face de moi (il devait être médecin) s'est levé pour se précipiter vers la dame et d'un geste précis lui a fait expulser ce
qui était en train de devenir son dernier m&m.
A ce moment là j'ai ressenti comme une espèce d'humiliation voisine de celle que l'on éprouve quand une dame de la file d'attente d'à coté s'adresse à celui qui s'apprête à faire la queue derrière
vous et lui lance un sévère "c'est fermé derrière le monsieur, pourquoi croyez vous qu'il y ait aussi peu de monde à cette caisse ?"
Il y a une règle d’or chez le traiteur chinois c’est que quand la somme
des achats dépasse un montant que j’estime à 12 ou 13 euros on a droit à un cadeau, un petit supplément qui fidélise, rajouté en cachette dans le sac un peu à la manière de la vendeuse en
parfumerie qui profite du moment d’inattention généré par la rangement de la carte bleue pour glisser dans le sac une ou deux mignonnettes de sent-bon supplémentaires.
Si on a repéré que la vendeuse a manigancé quelque chose au moment de l’encaissement, on ouvrira son sac plastique dans un mélange d’enthousiasme et de crainte. L’enthousiasme d’avoir gagné
quelque chose de gratuit mais aussi la crainte de s’être fait refilé un paquet de vielles chips de crevette éventées ou un petit flacon d’eau de cologne de mamie.
Je me suis toujours demandé d’où provenait cette habitude et pourquoi cette pratique commerciale n’était pas utilisée par d’autres commerçants.
Ainsi le dentiste pourrait profiter d’un manque de vigilence provoqué par l’angoisse de l’extraction d’une dent de sagesse pour poser discrètement une couronne gratuite sur une prémolaire dans un
but de fidélisation.
Encore plus étrange, dans les concerts, un artiste inconnu pourrait se produire avant l’entrée en scène de la vedette, laquelle pourrait à la fin de son spectacle faire semblant de partir avant
de revenir chanter un peu.
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