Lundi 20 février 2006
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Je n'ai jamais beaucoup aimé cette familiarité qui s'installe avec les commerçants à partir du moment ou vous vous rendez suffisamment souvent chez eux pour que ceux ci vous considèrent avec bienveillance comme un habitué.
Quand on y pense, c'est assez incroyable tout ce que, mine de rien, les commerçants de votre quartier savent de vous. S'ils décidaient de mettre en commun ces informations à la prochaine réunion de l'amicale des commerçants de votre quartier, ils n'auraient aucun mal à reconstituer ensemble le grand puzzle de votre vie avec un dégré d'intimité absolu.
Votre banquier sait à peu près à tout moment, dans quel pays vous vous trouvez, dans quel hôtel vous dormez. Il sait tout de ce que vous faites de votre argent.
Votre boulangère est au courant de vos aventures avant même votre meilleur ami : on ne passe pas de "une demi-baguette s'il vous plait madame" à "une baguette entière, deux croissants et deux pains au chocolat" un samedi matin un peu avant midi avec des cernes de pandas sans éveiller les soupçons sentimentaux de la dite boulangère qui ne manquera pas de vous lancer un sourire complice.
Votre teinturière connaît la marque de votre parfum, elle connaît votre odeur, elle sait que vous avez mangé des spaghettis à la sauce tomate le jour ou vous aviez mis votre belle chemise blanche. Telle une épouse jalouse, elle trouvera ce cheveu qui n'est pas le votre sur votre veste. Je me rappelle une teinturière un peu possessive que je faisais voyager à l'énumération de mes destinations. Un jour je l'avais fait rêver d'exotisme en ramenant des Indes* une magnifique tache de bave d'éléphant sur mon costume gris.
C'est parfois un peu compliqué à gérer cette familiarité là, par exemple quand après avoir terminé les croissants vous passez par hasard ensemble à la pharmacie pour acheter du shampoing parcequ'il n'y a plus de shampoing et que la pharmacienne vous demande si vous avez été content de la pommade qu'elle vous a conseillée la semaine dernière pour votre problème d'eczéma génital.
* J'aime bien dire les Indes, comme j'aime bien dire les Amériques ça a un coté voyage avec un grand V d'une époque où les voyages transcontinentaux avaient plus de panache qu'aujourd'hui
Par Nanaimo
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Publié dans : Humeur
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Je pars moi même après demain a Philadelphie pour rajouter un point rouge sur la cote est des états unis. D'ailleurs j'invite tous les lecteurs de ce blog à en faire autant, prendre le premier avion pour l'autre bout du monde dans le but de rajouter des points rouges sur ma carte....
Une fois vos voyages planifiés, vous pouvez enregistrer vos promesses de points rouges en commentaires ici. Mais attention pas de promesse de point rouges à la légère, rappelez vous qu'il y a un ancien enfant qui attend vos points rouges...
MO-BI-LI-SEZ VOUS !
Plus sérieusement, tu as échappé au commentaire sur la crème pour soigner les hémorroïdes. Avec le regard compatissant des autres souffrants (tous les clients d'une pharmacie y sont car ils souffrent de quelque chose, non?), qui pensent tous la même chose: Aïe, aïe, aïe. Mais aussi leur clin d'oeil goguenard, parce qu'on se souvient tous de la pub à la télé avec le tabouret qui danse.
Soudain tout devient plus clair, ma vie et celle des gens qui lisent ce blog avec ont enfin un but absolu, un sens, parcourir le monde pour rajouter des points rouges sur cette putain de mappemonde...
J'aime bien ton blog découvert grace à un com chez la grande Loulou. Je reviendrais ;-)