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16 janvier 2006 1 16 /01 /janvier /2006 19:37
Ce mi janvier est marqué chez moi (enfin dans ma maison) par des problèmes de plomberie. Pour être très précis des problèmes de broyeur. J’ai le bonheur d’habiter la plus belle ville du monde (si euhhhh c’est la plus belle villeeuuuu du mondeuuuuu). Et comme les immeubles de la plus belle ville du monde n’ont pas toujours disposé du confort moderne (confort moderne = avoir les toilettes dans son chez-soi plutôt que sur le pallier), les canalisations sont moyennement calibrées pour permettre d’installer ledit confort moderne  n’importe où dans l’appart. Résultat : Paris compte une population tout à fait respectable de sanibroyeurs SFA branchés sur la grosse canalisation règlementaire. Le sanibroyeur SFA est une invention moderne de l’homme qui permet de hacher menu menu tout ce dont les dimensions pourraient nuire à l’écoulement dans la grosse canalisation réglementaire. Oui mais voilà, comme toute invention moderne de l’homme, il arrive que le sanibroyeur SFA ait une petite faiblesse. C’est ce qui est arrivé au mien ces derniers jours.

Je n’ai jamais vraiment eu de chance avec les tuyaux, en fait je suis un peu le Perrin du tuyau.

Il y a quelques années, la canalisation des eaux usées avait été bouchée en aval de chez moi suite à des travaux. Les conséquences de ce petit bouchon furent spectaculaires puisque la production en eaux usées des quatre étages de voisins du dessus trouva alors amusant (faute de mieux) de refouler dans ma baignoire au son de glouglous fort inquiétants.

La première étape délicate lorsqu’on a un souci de plomberie (ce qui en général se produit préférentiellement le week-end ou les jours féries) est de trouver un artisan disposé à vous sortir de la mouise. Et là c’est un peu comme s’ils faisaient la course dans les pages jaunes pour arriver chez vous en premier… Première règle, éviter ceux dont le nom commencent par un A.
J’ai une fois eu la faiblesse d’appeler au chevet d’une chaudière fort mal en point l’entreprise AAAAAAAAA (pour Atelier des Artisans Apprentis Adhérents à l’Association Amicale des Amateurs d'Andouillettes Authentiques) et je m’en suis mordu les doigts. J’ai pu assister au sabotage pur et simple de ladite chaudière avant de me retrouver face a un choix simple : mourir de froid ou signer un gros chèque.

-  Vous savez m'sieur, tous les ans des gens meurent d’intoxication au monoxyde de carbone, ca sent rien le monoxyde de carbone, un peu comme là. C’est pas joli joli un cadavre mort d’une asphyxie au monoxyde de carbone, c’est tout bleu. Maintenant c’est vous qui voyez.

Je suis persuadé que dans les écoles de plomberie on enseigne les statistiques des morts par accident de chaudière, de robinet de radiateur, de broyeur (beurk) …

Je ne connais pas d’autre métier ou l’on peut, en un minimum de temps et un demi tour de clef à molette générer une marge maximum en vendant un truc dont ils n'ont pas besoin à de pauvres innocents (ce qui quand on y pense est l’aboutissement ultime de toute démarche de marketing).

En fait je pense que ce genre de comportement vise à assouvir un désir de vengeance : "ah vous me dérangez le dimanche pour me regarder mettre les mains dans votre caca, et bien profitez en bien parce que va vous coûter un max."

On est toujours impuissant face à un plombier qui vous dit :

- Regardez m’sieur c’est la mornifle elle est toute rouillée, et la oh la hop hop, la bistufle elle est pas neuve non plus hein, vous feriez mieux de tout changer parce que finalement ça vous reviendra meilleur marché que de changer des pièces tous les ans

- Ah oui comme l’année dernière en fait…


Ce coup ci j’ai eu la présence d’esprit d’appeler le fabriquant du dit broyeur et de lui demander s’il n’aurait pas l’adresse d’un artisan pas trop voleur qui sache soigner la bête.

Curieusement les établissements SFA ne semblent avoir confiance qu’en un seul artisan dans tout Paris. De là à penser que les 1365 autres établissements parisiens qui apparaissent lorsque l’on tape « dépannage broyeur » dans les pages jaunes auraient diagnostiqué un problème combiné de mornifle et de bistufle avant de me refourguer un broyeur tout neuf (d’ailleurs même pas forcement tout neuf) il n’y a qu’un pas.

J’ai donc rendez-vous avec mon Sauveur (non je vous assure le mot n’est pas trop fort, la perte du confort moderne est un truc qui me mine…) ce matin entre 7h et 7h30. Ca tombe plutôt pas mal rapport que j’ai une réunion à 9 heures à la Défense. C’est pas que j’aime tellement ça faire sonner le réveil avant que ça soit l’heure de faire sonner le réveil, mais avec l’agenda de pétasse que j’ai en ce moment, j’ai pas trouvé mieux comme créneau.
7h05 : personne
7h10 : personne
7h15 : à y réfléchir je n’ai jamais vu un plombier arriver à l’heure
7h20 : soupir agacé
7h30 : je me décide à appeler l’entreprise en question pour les insulter : « nos bureaux sont ouverts de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 17heures merci de laisser un message apres le bip – biiiiiiip »
7h50 : coup de fil du sauveur il s’essecuse mais il vient juste d’arriver à la Place de Clichy.
8h10 : arrivée du Sauveur (putain ça fait long quand même 20 minutes pour faire Place de Clichy – rue des Moines). Il sent très fort la clope (allez je m’en grille une petite avant le boulot. Une tite gitane maïs à 7h30 pour commencer la journée, y’a pas mieux…)

On voit tout de suite que c'est un professionnel, qu’il a l’habitude. Il me demande de faire silence pour écouter la respiration du boyeur avant de se décider à ouvrir les entrailles de la bête (un peu comme dans chaque épisode d’urgence quand ils découpent le thorax des patients venus pour un panari).

J’assiste un peu dégoûté au matinal démontage curetage du broyeur.

- Euh vous auriez un seau m'sieur ?

Le problème c’est que le contenu du dit seau dont je vais vous épargner la description ne peut point se vider dans les toilettes car il constitue la raison précise du mauvais fonctionnement des dits toilettes.

Il m’apprend ensuite que cette petite merveille technologique s’entretient avec un produit spécial tous les 4 mois..

Selon mes calculs, le truc a six ans et n’a jamais été entretenu

Une carte electronique, un bouton poussoir, du produit d'entretien plus tard (soit  deux cent dix huit euros quand même) voila mon broyeur prêt à repartir comme en quarante...

Je laisse un mot anonyme à la femme de ménage lui confiant lâchement une mission un peu ingrate faire disparaître les traces de cette bataille entre l’homme et le sanibroyeur SFA et regarde partir mon sauveur vers un autre broyeur avant de filer moi même vers les tours de la défense en me disant que j’aime bien mon boulot.

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Published by Nanaimo - dans Humeur
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commentaires

Nuno 17/01/2006 10:18

Tu me rassures... Moi qui me plains d'avoir un appartement vieillot dans un quartier vieillot (mais au fond j'adore ça), je vais tout de suite arrêter de regretter d'avoir quitté une ville moderne comme Paris :) On est tous logés à la même enseigne en fin de compte...

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