Nothing

Mercredi 24 mai 2006 3 24 /05 /Mai /2006 11:32

Je sors de chez le dentiste. Je déteste aller chez le dentiste, en fait je déteste rendre visite au corps médical en général mais le dentiste est classé assez haut dans mon hit parade des trucs pour lesquels il faut vraiment que je me fasse violence. Je crois que c’est un truc de garçon ça la phobie du docteur. Quel que soit le symptôme, un Doliprane devrait faire l’affaire, un double si besoin est, et on termine chez le médecin quand il n’y a vraiement plus de Doliprane dans la boite.

Seulement voilà, si un gros rhube ou une mauvaise toux finit souvent par disparaître tout seul, il est plus rare qu’une carie cicatrise toute seule (je sais bien qu'on ne peut pas parler de cicatrisation pour une carie, mais en même temps j’ai fait chimie moi, pas dentaire…).

Qu’on le veuille ou non, on est obligé d’avoir une confiance aveugle dans son dentiste. D’abord il pourrait lui être facile au cours d’une visite de contrôle de donner un p'tit coup de fraise ici et là pour être sur de vous voir revenir quelques mois plus tard le supplier de démarrer un gros chantier fort lucratif en vous tenant la joue.

Et puis au contraire du réparateur de chaudière ELM LEBLANC on ne voit absolument pas ce qu’il fait (et en un sens c’est tant mieux). J’ai une règle simple chez le dentiste : fermer les yeux tout du long, d’abord ça permet d’avoir l’impression de ne pas être là, d’être juste en train de faire un mauvais rêve, et puis aussi parce que je ne veux absolument pas savoir quelles chignoles, pinces, forceps sont nécessaires au fraisage, curetage, polissage de mon intérieur bucco dentaire.

Je me rappelle avoir par accident aperçu une paire de tenailles un jour qu’on s’apprêtait à m’extraire une dent de sagesse. Cet outil n’avait rien à envier aux engins de tortures médiévaux les plus raffinés. Peu après cette vision, j’avais dans la tête cette image du type qui essaie d’arracher un clou particulièrement peu accessible au fond d’un placard reculé.

Y’a plein de trucs que j’aime pas chez le dentiste, l’attente dans la salle d’attente et entendre un gamin hurler dans la pièce d’à coté, le voir ressortir avec des restes de grosses larmes sur les joues, l’odeur de clou de girofle, les vibrations de la chignole qui raisonnent dans le corps tout entier, le détartrage et ce moment précis où la toute petite fraise s’aventure entre la dent et la gencive des incisives de devant et qu’on est tout surpris quand on se rince qu’il reste encore des dents ou encore ne pas du tout pouvoir avaler sa salive du tout le temps interminable de la prise d’une empreinte.

De façon surprenante, y’a des trucs que j’aime bien aussi comme le cabinet ultra moderne avec des écrans partout qui ressemble à la passerelle de l’USS entreprise ou le fauteuil atomique à 24 dégrès de liberté.

Quand j’étais petit j’aimais bien le petit bonbon auquel on avait droit à la fin de la séance si on avait été sage, ce qui quand on y pense est quand même pour un dentiste le meilleur moyen de garantir la pérennité de son fond de commerce.

Mais ce que j’aime par-dessus tout chez le dentiste c’est faire un chèque. Devoir faire un chèque, ça veut dire qu’on a pas besoin de reprendre un rendez-vous et qu’on a au moins six mois de liberté devant soi. C'est encore meilleur quand vous faites ce chèque à la fin d’une visite de contrôle juste après avoir entendu un « tout va bien, rien a signaler ». En général on descend les marches quatre à quatre, on traverse la rue en sautillant en de disant que le monde est beau…

Comme je disais à mon dentiste tout à l’heure, finalement plus on vient vous voir et moins on vient vous voir.

Lui a acquiescé d’un sourire bienveillant, j’aime bien mon dentiste.

Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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Lundi 22 mai 2006 1 22 /05 /Mai /2006 07:27

Il est des mots qui font leur entrée dans le dictionnaire pour y rester à jamais comme ordinateur ou télévision et d’autre qui n’y font qu’un passage éphémère. Parmi eux le mot télématique dont les jours sont à mon avis à peu près comptés. Le destin du mot télématique dans le dictionnaire risque d’être incroyablement parallèle à celui de la statue de cire de Jean-Pierre Raffarin au musée Grévin, à supposer que Jean Pierre Raffarin ait jamais eu sa place au musée Grévin. Pour le dictionnaire, j’en parle même pas.

J’aime bien ces mots démodés que presque personne n’utilise plus, comme saperlipopette, réclame, flapi, ribouldingue, pochon, bath,  ou suranné. De façon surprenante le mot suranné est lui-même obsolète (il n’y a pas tant d’adjectifs pouvant s’appliquer à eux même).

Il y a dans ces mots là un je ne sais quoi de rassurant. Employer un de ces mots dans une conversation c’est comme retrouver chez un brocanteur l’odeur des vieux livres qu’il y avait dans le grenier de ma grand mère.

Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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Vendredi 19 mai 2006 5 19 /05 /Mai /2006 12:28

Quiconque élève un blog vous le dira : se lancer dans l’écriture régulière sur le net apporte son lot de petits plaisirs. Parmi eux, celui de consulter ses statistiques pour voir le nombre de personnes qui sont venues, ce qu’elles ont lu et aussi comment elles sont arrivées là. Les résultats sont parfois étonnants. Ainsi, pendant quelques semaines on pouvait arriver ici en effectuant dans google une recherche avec les mots clefs « Anne Sinclair à poil ». Il semble que ça ne soit plus le cas aujourdhui. Google a sans doute reçu des plaintes d'internautes fort déçus de ne pas trouver ici, des clichés suggestifs de la star des access prime time dominicaux de notre enfance dans des poses lascives et équivoques, au milieu de pulls en mohair improbables.

Quelques internautes se sont égarés ici alors qu’ils s'intéressaient aux « types de fromage pour dessert » ou étaient à la recherche de « promotion éclair au chocolat ».

Plus récemment les algorithmes d’indexation m’ont permis d’avoir la satisfaction de sortir en toute première position dans google lorsque quelqu’un effectue une recherche avec les mots clefs : « enculés de patrons de mes couilles ».

En fait un blog c’est un peu comme un café brasserie en face d’une grande gare, il y a toujours des gens qui sont là par hasard. Certains auraient préféré aller en face mais n’ont pas eu la patience d’attendre que le piéton passe au vert, d'autres sont entrés attirés par les banquettes en molesquine rouge.

Certains reviendront la prochaine fois qu’ils prendront le train, d’autres non.

Et puis il y a aussi les habitués qui viennent s’envoyer un p'tit café tous les matins en lisant le journal et les accros qui viennent prendre des cafés plusieurs fois par jour (attention aux palpitations quand même).

Certains laissent sans le savoir ou en le faisant exprès un point rouge sur la carte, une photo (mais oui c’est possible, regardez un peu la colonne de gauche) ou un commentaire…Ce sont toutes ces petites choses qui font la vie d’un blog, je crois.

Pour les commentaires aussi, il y a les occasionnels, les habitués, les amis, les amis d'amis. Le plus souvent, il laissent leur email, l’url de leur blog, on découvre leur univers, à force on a presque l’impression de les connaître, on s’attache à eux.

Depuis quelques mois, il y a un visiteur presque anonyme du nom de Monsieur Type qui m’intrigue tout particulièrement par son caractère énigmatique (il ne déclare ni mail, ni blog). Ses commentaires (que j’aime bien) sont le plus souvent en résonance avec l’esprit de ce blog (ce n'est pas le seul mais c'est le plus mystérieux dans cette catégorie).

Ce que je sais de cet étrange visiteur :

- Monsieur type a l’air de voyager sur la ligne 13, il est donc possible qu’il habite le quartier. Paradoxalement, le serveur de son fournisseur internet semble être localisé à Xaintray (Poitou Charentes) ce qui a le bon goût de matérialiser un point rouge sur la carte à hauteur de Xaintray quand il vient ici.

- Monsieur Type peut poster des commentaires aussi bien à 17 heures qu’a 4 heures du matin (peut être est t’il globe trotteur, à moins qu’il ne soit insomniaque)

- Monsieur Type aime bien jeter des boules de fumée façon Fantomas.

Alors bien sur, face au manque d’information, le cerveau humain cogite : Est-ce que c’est un quelqu’un que je connais déjà ? Un voisin ? Est-ce que  je le croise dans le métro le matin ? (enfin bon moi j’évite le plus possible le ligne 13, mais quand je ne peux pas éviter la ligne 13 j’observe les gens autour de moi pour voir si je distingue à la base du cou ce raccord de latex caractéristique des masques de Fantomas).

Devant toutes ces questions sans réponses j’ai bien envie d’entamer une recherche sur Google du style « qui est monsieur type ? » mais je crains fort de me retrouver rapidement ici même, et de ne pas trouver ainsi la réponse à cette question essentielle qui m’interpelle.

Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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Samedi 13 mai 2006 6 13 /05 /Mai /2006 13:33

J’ai parfois l’impression que la vie, dès la petite enfance est un long sprint ou plutôt un enchaînement d’innombrables petites courses contre la montre.

Petit on se dépêche d’avaler son Benco le matin pour ne pas être en retard à l’école. On file, son cartable plus lourd que soi sur le dos pour ne pas avoir à passer chercher un billet de retard chez le surveillant général qui vaudra un mot sur le carnet de correspondance puis à coup sûr une admonestation parentale une fois rentré au bercail.

Plus tard on cavalera après un bus ou un métro pour ne pas être en retard au bureau. On fera la queue à la poste du Louvre pour poster sa déclaration d’impôt car c’est le seul endroit dans Paris où l’on peut obtenir un cachet de la poste qui fait foi un dimanche soir tard.

On fera la course avec la caissière au Monoprix pour ranger ses articles dans les sacs au moins aussi vite qu’elle n’est capable de les scanner. C’est une compétition difficile car elles sont surentraînées les caissières de Monop. Parfois on aura une petite longueur d’avance jusqu'à tomber sur un sac donc les bords seront collés par l’électricité statique. Ce grain de sable fera alors prendre un retard quasi irrattrapable permettant à la caissière de déchirer le ruban sur la ligne d’arrivée pendant que la personne derrière dans la file se mettra à bougonner parce que ses achats se mélangent aux votres sur le tapis roulant lui faisant ainsi prendre un handicap certain dans cette compétition dans laquelle elle est sur le point de se lancer elle aussi*.

Plus tard dans une jolie maison de retraite on se dépêchera pour être le premier derrière les portes de la cantine et s’assurer ainsi d’une bonne place à table, celle où on ne se fait pas piquer son éclair au chocolat par une colocataire vorace.

Le chat au contraire de l’homme se dépêche rarement dans le but de respecter un délai. C’est peut être ce qui fait que les chats sont moins sensibles aux infarctus du myocarde.

* J'ai conscience que cette phrase est très longue, un effet du décalage horaire sans doute.

Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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