Nothing

Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 17:26
De mon point de vue, l’utilisation d’un photomaton s'apparente à une espèce de torture.

D’abord se rappeler dans quelle station de métro il y a une cabine, pester de ce que la machine est en panne, marcher, en trouver une autre, s’énerver de la présence d’un énorme tag sur le fond blanc plus très blanc du coup. Trouver enfin un automate photographique disponible, constater avec désarroi que l’on a pas de monnaie, aller acheter un paquet de tic tac au bureau de tabac pour faire de la monnaie, perdre son tour, attendre la fin de la séance photo de trois lolitas compactées ayant décidé d’immortaliser leur amitié préadolescente.

Vérifier que l’on a pas été suivi, s’engouffrer dans la machine, s’étonner de ce que le rideau soit désespérément trop court, tourner le tabouret, mettre les pièces, appuyer sur le gros bouton, se concentrer, sentir le nez qui gratte, ne pas se gratter, surtout ne pas se gratter le nez. Et puis si, se gratter le nez quand même, on doit avoir le temps, clic clac. Ne pas garder la photo, recommencer, se rappeler des photomatons de son enfance et du flash qui résonnait dans toute la gare (y a-t-il un équivalent de raisonner pour la lumière ?), se concentrer de nouveau, et puis sans raison sur un coup de tête, défier l’objectif d’une grimace de dernière minute, clic clac. Dernière chance, se concentrer vraiment, pas bouger, clic clac.

Sortir de la machine, attendre une éternité en se donnant une contenance, s’emparer de la bandelette et partir en courant.

Quelques années plus tard mettre la main sur son stock de photomatons ratés en triant des vieux papiers, se moquer.

Etienne Daho – Tombé pour la France

PS : c’est sans doute une coïncidence, mais il se trouve que je commence juste un projet inutile (http://www.photomaton-moche.com) en lien avec billet.  N’hésitez pas à contribuer à cette oeuvre.

Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 18:59
J’ai depuis toujours une passion pour l’écoute des conversations des inconnus, de préférence dans le bus (je ne sais pas pourquoi mais le bus nourrit davantage les conversations que ne le fait le métro, il y a très peu de conversations à épier dans le métro). Ainsi très récemment dans le bus 31 une vieille dame se lamentait de l’incompétence des météorologues actuels qui ne font rien de bon avec leur super ordinateurs, alors que jadis, cette profession accomplissait des merveilles en étant simplement outillée d'un bocal, d’une grenouille et d'une petite échelle.

Même si je sais que c'est mal, je peux rester des heures à écouter les conversations dans le bus.

Ils sont nombreux les petits plaisirs à la limite du moralement répréhensible : se moquer de la teinture violette de cette mamie qui traîne son caddie dans les allées du G20, ricaner de ce passant qui vient de se faire doucher au passage du bus dont les roues ont chassé l’eau accumulée dans le caniveau ou bien indiquer à des touristes perdus la direction opposée à celle de leur destination.

Certains voient dans ces comportements l’expression d’une misanthropie naissante, mais je préfère penser qu’ils traduisent simplement le fait que j’ai gardé une âme d’enfant, qui jette des boules puantes sur les passants, qui part en courant après avoir sonné chez des inconnus ou vaporise des sauterelles en concentrant les rayons du soleil à l'aide des lunettes à doubles foyers empruntées à sa grand-mère pendant la sieste.


Carlos – Senor météo
Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 00:00
Je suis parfois surpris de la capacité qu’a le cerveau humain de concevoir tout à la fois les inventions les plus extraordinaires et de produire les réalisations les plus minables. Ce qui est étonnant c’est que parfois ces deux extrêmes proviennent de la même boite crânienne.

Ainsi les brillants ingénieurs qui ont conçu le TGV (fleuron, à l’instar du minitel, du génie industriel tricolore) ont aussi décidé que le seul endroit où l’on aurait le droit de téléphoner dans cette petite merveille de technologie se situerait entre les voitures, c'est-à-dire précisément là où il y a le plus de bruit. Dans certaines rames un peu anciennes on pourra néanmoins profiter de la présence d’une alcôve à peine moins bruyante, vestige de l’époque révolue où il y avait dans le TGV des cabines téléphoniques qui permettaient d’étonner ses amis à 320 km/h pour même pas 15 francs la minute. Force est de constater que comme le bibop ou le magnétoscope V2000 cette merveille de technologie qu’était la cabine téléphonique à grande vitesse, n’aura pas connu le succès escompté.

Ces mêmes ingénieurs arriveront quelques années plus tard à la conclusion que, dans une époque trouble de menace terroriste, un bagage menaçant devient inoffensif au moment précis où on lui colle une petite étiquette avec son nom dessus.

En fait, je pense que juste après avoir fait une invention géniale, le cerveau humain rentre en surchauffe et ne se rend plus très bien compte de l’absurdité de ce qu’il produit ensuite.

Cette théorie si elle était vérifiée pourrait expliquer bien des choses : les pistes cyclables entre les voitures et les couloirs de bus, les portillons du métro par lesquels on ne peut pas faire passer une valise, ou les plateaux repas dans les avions qu’il est impossible de remettre en ordre une fois vidés sauf à avoir été champion de tangram de son académie quand on était à l’école primaire.

Françoise Hardy et Jacques Dutronc - Puisque vous partez en voyage
Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /Juin /2008 12:05
Ces dernières semaines, Etienne Daho, des travaux pharaoniques, un voyage inopiné en orient express, la promesse d’une promesse, des réunions de chantier tôt le matin, un employeur accaparant, un demi déménagement, une interminable perturbation sur la ligne Saint-Lazare - Nanterre U, du plâtre sur le costard, un futur week-end à Londres, une connection internet interrompue en raison du manque de formation professionnelle qui semble exister chez les électriciens portugais quant au branchement adéquat des fils blanc et bleu en positions 1 et 3 dans le cas d'une installation téléphonique totalement dégroupée, une toiture menaçante et une enquête internationale dans le but de retrouver le propriétaire d’un bout de cave, se sont ligués contre la bonne marche de ce blog entraînant du coup une interruption momentanée de l’image et du son.

Le lecteur est invité à patienter en attendant des jours meilleurs, à l’écoute en boucle de ce sublime morceau.


The last shadow puppets – My mistakes were made for you
Par Nanaimo - Publié dans : Nothing
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