A chaque fois que l'on change de Président de
la République, il y a toujours ce moment un peu solennel mais assez peu spectaculaire que constitue la passation de pouvoir.
En gros à la télé, on voit un gars qui attend, un autre qui arrive, les deux vont se cacher dans le palais loin des caméras. Après il ne se passe rien pendant de longues minutes pendant
lesquelles les commentateurs meublent en nous expliquant ce qui, d'après le communiqué élaboré par le service de presse de l'Elysée, est en train de se passer à l'intérieur. Plus tard, les deux
sortent dans la cour. Puis celui qui attendait l'autre tout à l'heure s'en va et l'autre reste.
Ce qui est étonnant c'est que ni l'un ni l'autre n'a de valise ou de camion de déménagement avec lui.
Alors de trois choses l'une : soit le sortant a laissé toutes ses affaires à l'intérieur et alors il faudra qu'il revienne les chercher, soit le sortant a déjà tout vidé, dans ce cas qu'est ce
que le nouveau peut bien faire dans un Elysée tout vide ? Est-ce qu'il attend que les caméras soient parties pour aller chercher son camion de déménagement garé en double file un peu plus loin
dans la rue du Faubourg Saint-Honoré ? Ou bien alors, il a déjà installé toutes ses affaires, sa playstation, suspendu son peignoir à la paterre de la salle de bain et mis sa brosse à dent dans
le verre à dent présidentiel frappé du sceau de la République. Dans ce cas comment il a fait le sortant pour se brosser les dents le dernier matin ?
Non vraiment il y a quelquechose qui ne va pas dans cette mise en scène là. C'est comme au cinéma quand un détail ne colle pas: quand la raie d'un personnage change de coté au milieu d'une scène
ou quand on voit passer une twingo dans un film qui est censé se passer dans les années 70.
Je me demande si le tout premier feu d’artifice de l’histoire de l’humanité a été un truc volontaire ou bien la conséquence colorée (bien que sans doute funeste) de l’écrasement nocturne approximatif d’une cigarette par un officier assouvissant en cachette une certaine tendance au tabagisme dans les allées d’une poudrière royale.
Le feu d’artifice est le seul exemple qui me vient à l’idée de l’utilisation d’une technologie militaire spectaculaire à des fins (artistiques) de divertissement. Curieusement ce phénomène assez étonnant de transfert de technologie ne s’est pas reproduit après l’invention de la bombe atomique. On imaginerait assez aisément pourtant, la commémoration de la fête nationale Nord Coréenne : le ciel de Pyongyang egayé de jolis champignons de toutes les couleurs et la foule s’esbaudir « ah le joli cèpe ! » « ah la belle girolle ! ».
Justement je n’ai jamais vraiment compris pourquoi les gens, pendant les feux d’artifices braillent des « oh la belle bleue ». Il est peu probable que cette indication quant à la couleur de la fusée soit destinée aux personnes non voyantes de l’assemblée donc ça ne sert à rien et c'est très énervant. Par certains cotés ça me rappelle un peu ma grand-mère qui avait pour habitude de commenter les films devant la télé (bah dis donc, t’as vu ce qu’il lui met au méchant.)
Le feu d’artifice a toujours ses codes, ses rituels : les gens qui sont arrivés très tôt avec la glacière et le pliant pour être sur d’avoir une bonne place, les rabat-joie qui dès la deuxième fusée lancent à leur progéniture « ça y est c’est le bouquet final » comme pour leur rappeler que les choses agréables se terminent toujours un peu plus tôt qu'on le voudrait, et puis les ronchons qui, une fois que la dernière fusée a été tirée, font remarquer que quand même celui de l’an dernier était mieux.
Pour ma part j’adore les feux d’artifice, je suis à chaque fois émerveillé comme si c’était le premier. J’aime ce bruit exagérément puissant, cette impression que le ciel va nous tomber sur la tête.
Si j’étais artificier, je crois que je commencerais toujours par le bouquet final, et que dans mon laboratoire, je mettrais au point des fusées decouleurs qui n’existent pas qui laisseraient les gens bouche bée.
Vous l’avez peut être remarqué en venant ici ou sur a peu près n’importe quel blog mais ce week end, l’internet allait moyen moyen. Quelques explications se trouvent au bout de ce lien sur le site du monde. (si il marche).
L’accès à ce blog a donc été un peu beaucoup passionnément perturbé, non pas en raison d’une grève d’une certaine catégorie de personnel comme on aurait pu s'y attendre, mais suite à une bête coupure de courant qui a mis en rade une bonne partie de l’Internet hexagonal. A l'avenir, si vous venez ici et que ça ne marche pas, vous pouvez laisser un commentaire sur ce billet (euh non c’est con ça comme idée) ou plutôt revenir plus tard. Oui c’est ça plutôt plus tard (je suis le petit fils caché de Raymond Devos …) Quand on y réfléchit deux minutes l’ordinateur (et surtout le PC) est à la fois une des inventions les plus fantastiques et les moins fiables que l’homme ait commise.
Si le feu avait été inventé par l’homme avec la même fiabilité, je pense que chaque jour la moitié des fumeurs périraient carbonisés en tentant d'allumer leur clope et l'autre moitié arrêterait de fumer faut de pouvoir arriver à produire la moindre flamme avec cette foutue allumette. De temps en temps et pour des raisons inconnues, l'un d'entre eux arriverait a allumer sa clope sans encombre. Alors bien sur comme l’homme est malin il a décidé de confier aveuglément sa vie, ses trains, ses avions, ses hôpitaux, ses centrales nucléaire à son invention la moins fiable. Résultat quand y’a une tite coupure de courant de rien du tout, l’humanité ne peut plus aller sur mon blog et ça c’est proprement insupportable. Une chose est sure, je ne voudrais pas être ce type en réanimation qui a vu (ou pas d’ailleurs) apparaître sur la machine qui le respire un message d’erreur de windows tout bleu (celui qui est vraiment mauvais signe) juste après cette fameuse coupure de courant. PS : Pour les amateurs des messages d’erreur windows une photo du plus grand message d’erreur (en Amérique forcement, sur Time Square précisement) que j’ai trouvé sur un blog que j’aime bien.
La première entreprise française a annoncé cette semaine, la honte au front, un résultat opérationnel de près de douze milliards d'euros. Bien sur douze milliards d'euros ça parle pas beaucoup au commun des mortels. On se rend mieux compte quand on écrit le chiffre, soit un douze avec neuf zéros derrière. Il doit être impressionnant le relevé de banque de la première entreprise française avec le gros chiffre de 12.000.000.000 dans la colonne crédit. Je suis même pas sur que ça tienne sur un relevé standard et puis je pense que pour le Président de la première entreprise francaise il est plus prudent d'éviter de demander le solde de son compte quand on va retirer des sous avec la carte de crédit de la boite, car a mon avis ça bloque le distributeur.
Ici ou là des voix s'élèvent sur le caractère scandaleux de ce profit. D'ailleurs le Président de la première entreprise française a même été pris d'une quinte de toux à l'annonce de ce chiffre colossal. S'agit t'il d'une coïncidence ? de l'expression d'un malaise ? ou bien d'un conseil donné par un gourou de communication afin que ce chiffre obscène soit moyennement intelligible pour les micros aux aguets et donc moyennement diffusé ? Certains demandent même la taxation de 5 milliards (un 5 avec neuf zéros derrière) pour financer les transports en commun et là je ne comprends pas. D'abord comme l'a dit un peu en colère le Président qui tousse, il a déjà payé douze milliards d'impôts et ça va bien comme ça (un 12 avec neuf zéros derrière. Là encore ça doit faire une jolie feuille d'impôt et un joli chèque pour le percepteur qui se retrouve du coup lui aussi avec ce sale problème que son relevé de banque n'a pas assez de place pour ce chiffre).
Si on veut être logique la prochaine fois que cette entreprise ou une autre ne fera pas assez de bénéfice, l'état lui fera un petit chèque pour l'aider c'est ça ? D'ailleurs elle est ou la limite entre pas assez de bénéfices, juste ce qu'il faut de bénéfices et trop de bénéfice ? deux milliards ? trois milliards ? trois milliards et demi ?
Mais alors que faire de tout cet argent ? quelques idées en vrac :
- Le mettre sur un codévi à 2.25 % et générer sans rien faire un profit de 270 millions d'euros par an - Acheter 52 airbus A380, les peindre aux couleurs de la société et les garer devant la belle tour de la défense pour se faire de la pub ? - Subventionner un smicard (ou bien quelques générations descendantes de ce smicard) pendant 736 882 ans ?
Ou alors racheter ses propres actions, les détruire et regarder monter leur cours ou bien les racheter tout court. La capitalisation boursière de cette société étant de à peu près 133 milliards d'euros on pourrait imaginer d'avoir tout racheté en dix ans (si le petrole continue de payer). Mais au fait qu'est ce qui se passe si une société rachète toutes ses actions ? Plus de risque d'opa c'est chouette, mais que devient le cours si personne n'achète, si personne ne vend ? Et si pour jouer comme ça cette société vend une action 1 milliards d'euros à une ses filiales, est ce que l'action vaut un milliard du coup ? Et la minute d'après est ce que le CAC 40 explose et déclenche un cataclysme boursier planétaire ?
Non vraiment je ne vois pas bien comment imaginer s'ennuyer une minute avec douze milliards d'euros devant soi.
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