Voyage

Mercredi 10 mai 2006 3 10 /05 /Mai /2006 00:00

J’ai parfois l’impression qu’aux Etats-Unis, encore plus que chez nous, les jeux, les séries, les infos sont un prétexte pour donner une apparence de discontinuité au tunnel de publicité absolu que constitue le PAF américain*.

Aux Amériques, on a le droit de faire de la pub pour à peu près n’importe quoi : les partis politiques, les médicaments qu’ils soient en vente libre ou non et même les hôpitaux.

C’est ainsi qu’un écran incitant à réélire le gouverneur sortant est suivi d’une pub qui vante les mérites d'un médicament anti-cholestérol (On imagine ensuite assez bien la consultation chez le médecin : "Docteur j’aimerais bien que vous me prescriviez cet anti-cholestérol que j’ai vu à la télé dont je ne me rappelle plus bien le nom mais dont la boite est jolie", puis d’une autre  pour un hôpital qui traite le cancer mettant en scène des gens aussi radieux et excités qu'un américain moyen dans la file d’attente du Space Mountain.

Un ou deux écrans plus tard, Gillette fait la promotion d’un nouveau rasoir à cinq lames. Je dois dire que je suis un peu perplexe sur cette surenchère à laquelle se livrent les fabricants de rasoirs concernant le nombre de lames, assez voisine de l’escalade entretenue par les Etablissements Afflelou chez nous qui à mon avis ne va pas tarder à sortir la dodécadra (la douxième paire de lunette pour 1 euro de plus).

Il y a un je ne sais quoi de névrotique qui pousse ce pays à être toujours en quête de plus grand, de plus gros, en un mot de plus tout court. C’est peut être le fruit de l’histoire, à moins que ça soit simplement un effet de taille : ce territoire est immense on a donc tendance à faire tout en grand.

C’est peut être aussi pour cette raison que ce sont les Japonais qui ont inventé les bonzaïs et les origamis et pas les américains.

* Oui je sais, on ne dit pas le PAF américain, mais cette expression boiteuse est celle qui traduit le mieux ma pensée de l’instant.

Par Nanaimo - Publié dans : Voyage
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Dimanche 7 mai 2006 7 07 /05 /Mai /2006 22:54

Se réveiller tôt le matin dans un lit grand comme celui de Gulliver, sentir la vibration de la ville.
Entrouvrir les rideaux de la chambre d’hôtel, se rendre compte qu’il fait un temps magnifique.
Errer sur Times Square encore un peu endormi, faire une rafale de photos, se mettre à la recherche d’un endroit pour prendre un petit déjeuner. Se décider pour un déli.
Se promener au parc, croiser des milliers de New Yorkais à vélo.
Prendre une cinquantaine de photos d’écureuils.
S’étonner de voir ces gens qui promènent plusieurs chiens en même temps en étant pendus au téléphone.
Reprendre une dizaine de photos d’écureuil, on ne sait jamais.
Passer par le zoo pour assister au déjeuner des otaries, se plaindre qu’il fait un peu trop chaud.
Descendre la cinquième avenue, s’attendre à croiser Arnold et Willy à chaque instant.
Faire un peu de shopping, se réjouir de la faiblesse du cours du dollar et du coup refaire un peu de shopping.
Se retrouver sur Time Square, refaire une vingtaine de photos de cet endroit.
Marcher le nez en l’air pendant des kilomètres, dévorer ces avenues verticales.
Se plaindre qu’on a mal au pieds, abandonner les avenues verticales pour les petites rues du village.
Déjeuner à la terrasse d’un petit restaurant italien.
Prendre un petit café au premier Starbucks que l’on rencontre pour lutter contre le coup de barre de l’après midi.
Remonter la ville en métro parce que décidément on a trop mal aux pieds .
Aller voir les horaires de cinéma de mission impossible III et décider enfin de ne pas y aller car ça n’a pas d’intérêt vu que le film est sorti en France déjà.
Se noyer dans la foule de Time Square au soleil couchant, refaire quelques photos.

Un dimanche ordinaire à New York.

 

Just a perfect day
Feed animals in the zoo.
And then later a movie, too
And then home
Oh it’s such a perfect day
I'm glad I spend it with you

* Paroles et musique Lou Reed

Par Nanaimo - Publié dans : Voyage
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Samedi 6 mai 2006 6 06 /05 /Mai /2006 22:03

Il y a deux ou trois signes qui ne trompent pas et qui permettent d’être sur que l’on est aux Etats-Unis :

- On se réveille au milieu de la nuit sans raison (mais ça ne dure pas)

- Il y a de la cannelle partout. Quand on déteste la cannelle (comme moi) il ne faut jamais baisser sa garde, le moindre dessert, le moindre chocolat, le moindre chewing-gum, voire la moindre pizza peut avoir été piégé. Je déteste la cannelle, beurk.

- Les sirènes hurlent dans la nuit comme dans les films américains

- Dans les douches des hotels, les robinets sont toujours très compliqués et à chaque fois différents. On ne sait jamais trop comment aiguiller l’eau vers la pomme de douche. Il m'est arrivé de m'acharner sur le bitonio pendant vingt minutes avant de renoncer et faire couler un bain. C’est en effet le même bouton qui règle la pression d’eau et la température selon un mécanisme complexe et incompréhensible. C'est ainsi que l'on a une chance de s’ébouillanter quand on allume l’eau et une autre au moment ou l’on tente  de l’éteindre. Entre les deux il coule en général de l'eau froide.

- Les gens parlent tous très fort, s’appellent par leur prénom et trouvent tout FAN-TAS-TIQUE.

- Les steaks dépassent de leurs assiettes.

- Les gens dépassent de leurs pantalon.

Par Nanaimo - Publié dans : Voyage
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Vendredi 5 mai 2006 5 05 /05 /Mai /2006 13:37

J’écris ce billet à bord du train qui relie Boston à Washington en passant par New York ce qui tombe plutôt bien car je me rends à New York.

Quel que soit le moyen de transport que l’on adopte, il y a quelque chose de magique à arriver à New York. A l'instant où l'on commence à discerner les traits caractéristiques de cette ville,  on ressent cette impression étrange, cette excitation unique, sans doute voisine de celle que ressentaient les immigrants à l’approche d’Ellis Island.

Il y a quelque chose de magique à se réveiller sans être fatigué le premier matin vers quatre heures puis errer sur Times Square presque désert en attendant l’ouverture du premier Starbucks.

New York est un rêve vertical, un aimant d’une polarité attractive à la mienne.

Par Nanaimo - Publié dans : Voyage
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