Voyage

Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /Juin /2006 10:22

A Tokyo l'un des trucs les plus compliqués, c’est de sortir du métro : les stations de métro sont de vrais labyrinthes multi-niveau d’où il est difficile de s’extraire. C’est un peu comme si le type qui a conçu la station Châtelet les halles avait conçu toutes les stations de métro ici.

A Tokyo, une fois que l’on est sorti du métro on n’est pas forcement tiré d’affaire pour autant, souvent les stations de métro coupent véritablement le quartier en deux parties étanches, et il peut être difficile de passer d’un coté à l’autre de la voie ferrée.

A Tokyo, les urbanistes n’ont pas passé trop de temps à mettre des panneaux dans les rues. Ca ne les intéresse absolument pas. Parfois on a l’impression d’avoir une piste parce que l’on trouve par hasard un panneau avec un nom qui ressemble à celui de là où l’on veut aller, seulement voilà, en général c’est le nom du quartier, ce qui fait que la rue perpendiculaire et la rue adjacente portent le même nom, comme dans un cauchemar en fait.

A Tokyo, dans les hôtels au petit déjeuner on entend le chant des oiseaux. Visiblement dans ce pays les piafs vendent énormément de disques.

A Tokyo tout ce qu’on peut acheter est au moins emballé trois fois, l’industrie du packaging se porte bien ici. C’est le seul pays que je connaisse ou l’on peut acheter des fraises en barquette individuelle et où le Perrier est conditionné dans des bouteilles de 12 centilitres.

A Tokyo, les chauffeurs de taxi ont tous 150 ans. Cette longévité est un peu paradoxale compte tenu du fait qu’ils fument comme des pompiers et que la nicotine jaunit les jolis napperons qui recouvrent les sièges. Je n’arriverai jamais à me faire au fait que les portes de taxis japonais s’ouvrent toutes seules.

A Tokyo, aujourd’hui il fait 35 degrés.

Tokyo est un vertige.

Par Nanaimo - Publié dans : Voyage
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Dimanche 25 juin 2006 7 25 /06 /Juin /2006 02:38

Quand on voyage en Asie et notamment au Japon, que ça soit en train en métro ou en avion, il n’est pas rare d’être le seul occidental dans le moyen de transport en question. Ceci a principalement deux conséquences, l’une de dépasser toujours l'assemblée d’au moins une tête, l’autre de se sentir observé un peu comme pourrait l’être un martien fraîchement descendu de sa soucoupe.

Les Asiatiques ont cette capacité à vous dévisager du coin de l’œil, à vous observer sans jamais donner l’impression de vous regarder. Je pense que cette technique s’apprend à l’école après l’age de huit ans car les petits enfants, eux, vous dévisagent carrément, avec un air mi-curieux mi inquiet.

Aujourd’hui je voyage en avion entre la Chine et le Japon dans un boeing 767 de la JAL.

C’est toujours rigolo les vols intérieurs au Japon.

D’abord la file d’attente rectiligne, impeccable, un peu comme si la mise en place des gens avait été répétée mille fois, comme si l’emplacement de chacun était marqué avec des petits morceaux de scotch blanc phosphorescents, comme au théâtre.

Ensuite les démonstrations de sécurité récitées dans un anglais improbable par une hôtesse strapontée  déchifrant avec peine son annonce phonétique.

Au moment où l’avion roule sur le tarmac il tombe des cordes, pluie tropicale n’arrivant sans doute pas à faire passer le thermomètre sous la barre des 38 degrés.

Au décollage, je suis hypnotisé par le ballet des grandes bandes blanches peintes sur la piste d’envol qui défilent à toute vitesse sur les télés dans la cabine. Ces images proviennent d’une petite caméra située dans le nez de l’avion, gadget inutile mais tellement excitant. Il paraît qu’air France a equipé certains avions récents de ce système mais le déconnecte à l’atterrissage car des gens se sont plaints que ça leur faisait peur, moi j’adore de truc.

J’ai toujours une petite angoisse à chaque fois quand le commandant fait une annonce dans une langue que je ne comprends pas, en l'occurence en japonais. Je me demande dans quelle mesure il n’est pas en train de nous informer d’un drame imminent, peut être son annonce dit-elle en substance : « Vénérables passagers, suite à une regrettable erreur de pilotage de ma part, il m’est pénible de vous annoncer que nous perdons tout notre carburant et que nous allons sans doute nous écraser bientôt après une vertigineuse chute. Je vous prie de vouloir me pardonner pour cette erreur impardonnable que j’ai commise en raison de mon incompétence, je vous prie aussi de m’excuser d’avoir troublé la quiétude de votre repas par cette dérangeante annonce que je vous remercie beaucoup d’avoir bien voulu avoir l’infinie patience d’écouter. Je vous remercie beaucoup beaucoup beaucoup, je vous remercie vraiment."

Par chance, il me semble deviner à l’écoute de la version presque anglaise qu’il nous annonce que nous débutons notre descente vers l’aéroport de Narita et qu’on est priés de ranger les ordinateurs portables, de relever le dossier et la tablette de notre siège et de mettre fin à la rédaction de ce billet.

Par Nanaimo - Publié dans : Voyage
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Mardi 20 juin 2006 2 20 /06 /Juin /2006 02:28

J’ai toujours aimé les aéroports. Il y a dans ces lieux une atmosphère qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Etant petit, l’aéroport d’Orly était parfois la balade du dimanche à l’époque où les distributeurs de billets n’étaient pas si nombreux et souvent vides le week-end. L’aéroport d’Orly, c’était la garantie d’un distributeur toujours replet même pendant les ponts. J’adorais qu'on se promène dans l’aérogare, aller sur la terrasse pour regarder les avions décoller. L’aéroport d’Orly a cette odeur caractéristique mélange de vapeurs de kérosène et de solvants des matériaux de construction employés dans les années soixante. L’odeur d’Orly est unique au même titre que celle qui règne dans la ligne 1 du métro.

Quand je dois prendre un avion, j’aime bien arriver très en avance, me mettre dans un coin et regarder les gens. Départs, arrivées, embrassades, retrouvailles, larmes, courses contre la montre, retards, rupture, coups de foudres, bousculades, attente, angoisses, excitation. J’observe avec amusement les gamins avec leurs énormes étiquettes autour du cou qu’une hôtesse emmène à l’avion en les tenant par la main, les portes automatiques des arrivées qui s’ouvrent sur les mines défaites des voyageurs qui viennent de passer deux six douze ou vingt heures dans un avion, les chauffeurs qui attendent un client qu’ils ne connaissent en tenant un panneau à l’orthographe approximative.

L’aéroport est un petit monde à part entière, une vibration permanente qui donne parfois l’impression comme dans les clips d’être immobile alors qu’autour de soi tout défile en accéléré.

Un peu comme là maintenant autour de moi dans le salon de l’aérogare 2C alors que j’attends un vol pour pékin en tapotant ce billet ce lundi après midi.

 

 

Par Nanaimo - Publié dans : Voyage
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Lundi 19 juin 2006 1 19 /06 /Juin /2006 09:09

Je suis en train de faire une valise.

Pour être tout à fait précis j’étais en train de faire une valise juste avant d'entamer l'écriture de ce billet.

La valise est l’un des préliminaires fondamentaux au voyage. J'aime bien sortir toutes les affaires sur le lit, les étaler, faire un tri, parler aux paires de chaussettes  : toi je t’emmène, toi je te t’emmène pas.

Quand on était petit et qu’on partait en colonie de vacances, la valise était un cérémonial qui commençait quelques semaines plus tôt lorsque l’on se rendait en famille à la mercerie pour retirer ces petits rubans de tissus avec son nom dessus que maman coudrait avec amour sur ce magnifique sous pull en acrylique orange (celui qui fait des étincelles quand on l’enlève) afin que celui-ci ne finisse pas dans la valise d’un autre au retour de colo.

Autre étape importante de ce processus, la construction de la liste, qui quelques jours plus tard sera scrupuleusement scotchée sur le dessus de la valise comme un deuxième garde fou au détournement du sous pull en acrylique orange.

Aujourd’hui  plus besoin de liste et à force d’habitude je suis capable de boucler une valise en un temps record (sans rien oublier, c’est ça qui est dur). Par contre je souffre d’une maladie chronique que je tiens de ma mère : quelle que soit la durée du séjour et la taille de la valise, celle-ci finit toujours pleine à craquer (ce qui permet de se livrer à ce petit plaisir unique qui consiste à s’asseoir sur la valise pour arriver à la fermer).

Le plus souvent, au retour, on retrouve la moitié des affaires qui n’ont pas été dépliées, elles ont juste vu du pays et sont beaucoup plus froissées qu’au départ.

Autant faire une valise a quelque chose d’excitant, autant défaire une valise est très ennuyeux : une fois qu’on a enlevé les trucs qu’on a acheté au bout du monde, le reste, principalement du linge sale en boule n’a pas grand intérêt.

Le plus souvent d’ailleurs, on ne prendra pas la peine de décrocher l’étiquette noir et blanc portant les trois grosses lettre CDG symbole du retour au bercail. On ne l’arrachera que plus tard quand on aura besoin de remplir une nouvelle valise sur laquelle bientôt sera posée une autre étiquette et trois lettres différentes et lointaines d’une destination exotique pour laquelle on aura déjà étalé plein d’affaires sur le lit.

Par Nanaimo - Publié dans : Voyage
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