Humeur

Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /Mars /2006 07:45

Hier, profitant d’une journée de récup (bénies soient les récups en milieu de semaine prises sur un coup de tête…) je me suis rendu chez le coiffeur (il se passe quand même des trucs incroyables dans ma vie et sur ce blog…).

Chez le coiffeur, j’aime beaucoup le moment du shampoing, je crois que je pourrais me faire gratouiller le cuir chevelu pendant des heures.

Chez le coiffeur, j’aime beaucoup observer les petites vieilles qui viennent se faire teindre les cheveux en violet toutes les semaines (quand on y pense l’industrie de la coiffure n’est pas loin de faire son beurre de façon majoritaire sur les petites vieilles qui viennent, tous les mardis, claquer leur retraite et raconter leurs problèmes d’arthrose avant d’aller jouer au bridge avec les copines).

Chez le coiffeur, j’aime pas trop par contre les conversations de salon de coiffure qui se résument pour la plupart à « fait trop chaud », « fait trop froid », « fait trop tiède » ou bien « est ce que vous prenez des vacances bientôt » ou encore « le monde ne tourne pas rond ma bonne dame »

Chez le coiffeur, j’aime pas trop non plus les cheveux qui grattent dans le cou quand on est rentré chez soi (si elle savait ma coiffeuse, que la première chose que je fais en rentrant est en général de prendre une douche et de me laver les cheveux) et puis aussi je déteste ce truc idiot que font tous les coiffeurs de la terre à la fin de leur prestation, qui consiste à prendre une glace puis, grâce à un subtil jeu de miroir, à vous faire approuver votre coupe vue de derrière. Mais quel est le malade qui a mis ce truc au programme des écoles de coiffure ? Le truc gênant c’est qu’il faut toujours donner un avis sur l’allure de sa nuque (alors qu’a ce stade là même si c’est raté il n’y a plus grand-chose à faire que d’attendre que ça repousse …) et comme on ne sait pas trop quoi dire et qu’on n’ose pas tellement avouer non plus qu’on s’en fout, on se contente en général d’un hochement du bonnet un peu contrit et toujours ridicule.

Ce qui est étonnant c’est que dans un monde où on fait tout plus vite (on se déplace plus vite, on communique plus vite etc etc …) on met toujours le même temps à se faire couper les cheveux. La technique est la même qu’il y a cent ans et restera la même jusqu'à ce qu’on invente une machine à laser asynchrons haute pression qui en quelques secondes vous façonnera une coupe identique à celle du modèle de la couverture du magazine que vous aurez préalablement découpé et introduit dans le scanner de la dite machine.
Comme tout le reste se fait plus vite, on passe proportionnellement plus de temps à se faire couper les cheveux par rapport à nos autres activités (ce raisonnement tordu peut être mis sur le compte du décalage horaire, mais je vous promets que si on fait un camembert du temps que l’on passe à faire les choses, la portion coiffeur est globalement une de celles dont la taille a le plus augmenté proportionnellement  aux autres).

De tous les commerçants de proximité, le coiffeur est celui qui vous emmène le plus rapidement et naturellement dans une relation à la fois exclusive et possessive.

On peut sans problème faire des infidélités à sa boulangère sans qu’elle s’en aperçoive (on se sent toujours un peu coupable de faire des infidélités à ses commerçants habituels et on est toujours un peu piteux quand on se fait prendre la main dans le sac donc autant éviter...). Pour la boulangère donc, il suffit de faire un peu attention et ne pas passer devant sa boulangerie attitrée avec cette autre baguette qu’on aime bien aussi sous le bras. Votre boulangère se dira que vous avez mangé au restau ou bien que vous êtes parti en vacances.

Par contre impossible de cacher la moindre infidélité à votre coiffeuse : un simple regard expert à votre crâne, lors de votre prochaine visite suffira à révéler la trahison capillaire commise pendant vos vacances, pendant ses vacances, ou bien parce que vous aviez envie d’autre chose. Elle vous lâchera un « oh oh c’est pas ma nuque ça » avant de se lancer, verte de rage, dans le massacre en bonne et due forme de votre cuir chevelu. En fait, la seule infidélité possible ne pouvant attirer les représailles est une infidélité définitive qui lui fera penser que vous n’habitez pas dans le quartier. Par contre autant changer de quartier aussi car malheur à vous si vous et votre nouvelle coupe la croisez dans votre rue…

 

Par Nanaimo - Publié dans : Humeur
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Mercredi 1 mars 2006 3 01 /03 /Mars /2006 00:00

L’autre jour, avec ma responsabilité dans la vie*, nous nous sommes rendus à la cité des sciences. Nous avons fait la queue pendant des heures, nous nous sommes fait bousculés devant les attractions, avant d’enfin trouver un endroit pour déjeuner. Au milieu du repas, Louise se lève, fait un énorme sourire et nous lance un informatif :

- Je vais faire caca, je reviens

C’est toujours marrant cette spontanéité qui caractérise les enfants à l’age ou ils se soucient moyennement du prochain tiers provisionnel, d’avoir fini ses congés payés pour la fin mai et de payer les traites de l’appart.

J’aime imaginer parfois un monde où l’on garderait cette spontanéité à l’age adulte et ou par exemple un PDG pourrait se lever en plein milieu d’un conseil d’administration, faire un énorme sourire et lancer un informatif :

-Je vais faire caca, je reviens

L’enfance a son lot de problèmes gravissimes comme celui de préférer cette luge bleue à la luge verte au moment ou le petit cousin s’est déjà emparé de la dite luge bleue. La scène se termine en général par un échange de mandales dans le dos des parents suivi de d’une crise de larme et d’un gros câlin. Les problèmes ont aussi des solutions simples à cet âge, une crise de larme un gros câlin et on passe à autre chose…

Pourquoi ne garde t’on pas à l’age adulte cette capacité que l’on a étant petit à fabriquer des énormes larmes ?

Un certain nombre de comportements de l’age adulte ne sont pas si éloignés que ça de ceux qui nous animent au cours de l’enfance. La jalousie, l’envie, le caprice, la déception trouvent leur place dans nos vies de grandes personnes.
Ces sentiment s’expriment juste de façon moins directe, plus perfide, en envahissant un pays voisin, en faisant une petite guerre ou en balançant des avions dans des tours.

Par chance, il arrive que certain de ces comportements percent le carcan de la réserve obligée du monde des grands. Je me rappelle par exemple ce grand chef dans une réunion stratégique dont la seule intervention fut de demander à son voisin :

- Il est chouette ton stylo, tu l’as eu où ?

Par contre l’histoire ne dit pas ce qui s’est passé au moment où le dit voisin a refusé de lui prêter ce chouette stylo…

* Louise, cinq ans ma filleule et ce truc qui me fait littéralement fondre au moment où elle m’aperçoit et qu’elle se met a courir le plus vite qu’elle peut à travers la foule pour me sauter dans les bras et me faire un bisou.

Par Nanaimo - Publié dans : Humeur
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Lundi 20 février 2006 1 20 /02 /Fév /2006 07:42

Je n'ai jamais beaucoup aimé cette familiarité qui s'installe avec les commerçants à partir du moment ou vous vous rendez suffisamment souvent chez eux pour que ceux ci vous considèrent avec bienveillance comme un habitué.

Quand on y pense, c'est assez incroyable tout ce que, mine de rien, les commerçants de votre quartier savent de vous. S'ils décidaient de mettre en commun ces informations à la prochaine réunion de l'amicale des commerçants de votre quartier, ils n'auraient aucun mal à reconstituer ensemble le grand puzzle de votre vie avec un dégré d'intimité absolu.

Votre banquier sait à peu près à tout moment, dans quel pays vous vous trouvez, dans quel hôtel vous dormez. Il sait tout de ce que vous faites de votre argent.

Votre boulangère est au courant de vos aventures avant même votre meilleur ami : on ne passe pas de "une demi-baguette s'il vous plait madame" à "une baguette entière, deux croissants et deux pains au chocolat" un samedi matin un peu avant midi avec des cernes de pandas sans éveiller les soupçons sentimentaux de la dite boulangère qui ne manquera pas de vous lancer un sourire complice.

Votre teinturière connaît la marque de votre parfum, elle connaît votre odeur, elle sait que vous avez mangé des spaghettis à la sauce tomate le jour ou vous aviez mis votre belle chemise blanche. Telle une épouse jalouse, elle trouvera ce cheveu qui n'est pas le votre sur votre veste. Je me rappelle une teinturière un peu possessive que je faisais voyager à l'énumération de mes destinations. Un jour je l'avais fait rêver d'exotisme en ramenant des Indes* une magnifique tache de bave d'éléphant sur mon costume gris.

C'est parfois un peu compliqué à gérer cette familiarité là, par exemple quand après avoir terminé les croissants vous passez par hasard ensemble à la pharmacie pour acheter du shampoing parcequ'il n'y a plus de shampoing et que la pharmacienne vous demande si vous avez été content de la pommade qu'elle vous a conseillée la semaine dernière pour votre problème d'eczéma génital.


* J'aime bien dire les Indes, comme j'aime bien dire les Amériques ça a un coté voyage avec un grand V d'une époque où les voyages transcontinentaux avaient plus de panache qu'aujourd'hui
Par Nanaimo - Publié dans : Humeur
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Mardi 14 février 2006 2 14 /02 /Fév /2006 21:10

Depuis quelques mois, j’ai décidé d’apporter ma contribution à l’avortement de ce projet qu’ont les habitants des pays dits développés de suicide collectif au cholestérol. Pour ce faire j’ai décidé de m’inscrire dans une salle de sport des batignolles (mon quartier que j'ai).

S’inscrire dans une salle de sport des Batignolles (mon quartier que j'ai) et ne pas y aller est un acte qui en soi implique assez peu d'effort. D'ailleurs ça m'etais déjà arrivé avant. Dans les salles de sport on aime beaucoup les gens qui se contentent de s'inscrire. Il allègent leur compte en banque de quelques centaines d’euros, glissent la belle carte de membre dans leur portefeuille, viennent à leur rendez vous contact avec leur coach Sergio et puis on ne les revoit jamais plus : ca fait rentrer du cash et ça ne prend pas de place sur les rameurs.

Par contre s’inscrire à une salle de sport et y aller représente un effort surhumain. A la première scéance, mon petit cœur bien enveloppé dans sa poche de gras a été  pris de panique dès les premières minutes sur le rameur (ça se sentait d'ailleurs qu'il était paniqué ce petit coeur, il battait tout vite, tout fort). Cette cardiaque panique était sans doute liée au fait que pour un petit coeur, le rameur ca fait vachement plus de boulot que de rester vautré dans un canapé à regarder la télé et manger des chips… Curieusement au bout d’une vingtaine de minutes le corps oublie la douleur (a cause des endomorphines il paraît). Entendons nous c’est assez chiant le sport en fait hein, mais on se sent vachement bien quand c’est terminé. Je pense que l’alternative pour se sentir bien sans le moment pénible d'avant s’appelle la drogue.

Sur les posters des pubs pour les salles de sport qu'on trouve dans les salles de sport, les gens sont toujours très beaux et ont dans l'effort, un sourire béat genre je viens de croiser la vierge. Dans les salles de sport pour de vrai, il y a certes quelques bombes, mais le plus souvent sur les tapis roulant, il y a des gens ordinaires et parfois ventripotents qui eux aussi participent au projet décrit plus haut. Par contre je n'ai jamais croisé personne avec un sourir illuminé comme sur les affiches : sur le chest press, c’est plutôt grimace, visage tordu genre putain c’est dur.

J’aime bien observer les gens dans les salles de sport, y’a un peu toujours les même gens :

Y’a celui qui est là mais qui tire au flanc qui fait deux ou trois mouvement sur les machines, qui passe son temps à aller et venir, qui matte.

Y’a les deux copines qui se racontent leur histoires de mecs en gloussant sur les steps.

Y’a le dragueur avec des biceps plein les manches* qui explique à cette jolie brune comment utiliser le rameur :

"Tu sais je vais me mettre derrière toi et je vais te caler les seins avec mes mains musclées parce que si tu fais pas attention ça peut être très dangereux pour les seins le rameur."

Y’a l’autiste son pod vissé aux oreilles, qui fait en sorte de ne croiser aucun regard il est dans son truc.

Y’a les dj’euns qui cherchent la performance des trucs à soulever et s’échangent leurs adresses pour acheter des piqûres qui font pousser les muscles plus vite.

Y’a des dames fraîchement ménopausées qui depuis qu'enfants et mari sont partis de la maison ont décidé de reprendre leur corps en main…

Et pis y’a moi qui observe tout ça sur le tapis qui me roule en écoutant mon cœur taper et en me disant que j’ai sans doute perdu un dizième de point de cholestérol depuis le début de la séance et que tout ça pourrait faire une idée de billet pour mon blog.

 

* Paroles et musique Claude Nougaro  / Michel Legrand

Par Nanaimo - Publié dans : Humeur
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