Mercredi 2 juillet 2008
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Je suis parfois surpris de la
capacité qu’a le cerveau humain de concevoir tout à la fois les inventions les plus extraordinaires et de produire les réalisations les plus minables. Ce qui est étonnant c’est que parfois ces
deux extrêmes proviennent de la même boite crânienne.
Ainsi les brillants ingénieurs qui ont conçu le TGV (fleuron, à l’instar du minitel, du génie industriel tricolore) ont aussi décidé que le seul endroit où l’on aurait le droit de téléphoner dans
cette petite merveille de technologie se situerait entre les voitures, c'est-à-dire précisément là où il y a le plus de bruit. Dans certaines rames un peu anciennes on pourra néanmoins profiter
de la présence d’une alcôve à peine moins bruyante, vestige de l’époque révolue où il y avait dans le TGV des cabines téléphoniques qui permettaient d’étonner ses amis à 320 km/h pour même pas 15
francs la minute. Force est de constater que comme le bibop ou le magnétoscope V2000 cette merveille de technologie qu’était la cabine téléphonique à grande vitesse, n’aura pas connu le succès
escompté.
Ces mêmes ingénieurs arriveront quelques années plus tard à la conclusion que, dans une époque trouble de menace terroriste, un bagage menaçant devient inoffensif au moment précis où on lui colle
une petite étiquette avec son nom dessus.
En fait, je pense que juste après avoir fait une invention géniale, le cerveau humain rentre en surchauffe et ne se rend plus très bien compte de l’absurdité de ce qu’il produit ensuite.
Cette théorie si elle était vérifiée pourrait expliquer bien des choses : les pistes cyclables entre les voitures et les couloirs de bus, les portillons du métro par lesquels on ne peut pas faire
passer une valise, ou les plateaux repas dans les avions qu’il est impossible de remettre en ordre une fois vidés sauf à avoir été champion de tangram de son académie quand on était à l’école
primaire.
Françoise Hardy et Jacques Dutronc - Puisque vous partez en voyage
Par Nanaimo
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Samedi 28 juin 2008
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12:05

Ces dernières
semaines, Etienne Daho, des travaux pharaoniques, un voyage inopiné en orient express, la promesse d’une promesse, des réunions de chantier tôt le matin, un employeur accaparant, un demi
déménagement, une interminable perturbation sur la ligne Saint-Lazare - Nanterre U, du plâtre sur le costard, un futur week-end à Londres, une connection internet interrompue en raison du manque
de formation professionnelle qui semble exister chez les électriciens portugais quant au branchement adéquat des fils blanc et bleu en positions 1 et 3 dans le cas d'une installation téléphonique
totalement dégroupée, une toiture menaçante et une enquête internationale dans le but de retrouver le propriétaire d’un bout de cave, se sont ligués contre la bonne marche de ce blog entraînant
du coup une interruption momentanée de l’image et du son.
Le lecteur est invité à patienter en attendant des jours meilleurs, à l’écoute en boucle de ce sublime morceau.
Par Nanaimo
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Dimanche 1 juin 2008
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18:01

Quand j’étais petit, j’adorais
les jouets Fisherprice. Les jouets Fisherprice c’était toujours plein de couleurs et de formes différentes qui tournaient dans tous les sens en faisant clong clong clong ou pouet pouet.
Je me rappelle que mon jouet préféré était le téléphone, celui dont les yeux tournaient quand on le faisait rouler. Ce qui est étonnant avec les jouets Fisherprice, c’est qu’ils sont plein de
boutons, de molettes et de leviers de contrôle qui n’ont aucun autre but que celui de faire pouet pouet ou clong clong clong.
Je suis toujours surpris dans la vie d’adulte de retrouver des mécanismes similaires qui donnent l’impression d’avoir du contrôle sur les choses alors qu’il n’en est rien.
C’est par exemple le cas pour le bouton d’appel piéton au feu rouge dont chacun sait qu’il n’a aucune incidence sur le passage du feu au vert mais que l’on prend toujours plaisir à cogner le plus
fort possible et le plus souvent cinq fois de suite en saccade, en s’emerveillant de ce que le feu passe au rouge trois minutes plus tard comme si de rien n'était.
Le monde est plein de mécanismes Fisherprice, ainsi le bouton de fermeture des portes dans les ascenseurs, les logiciels antivirus des ordinateurs avec plein de réglages compliqués mais qui
évitent rarement la contamination ou bien le valideur de pass navigo dans les bus a pour seule utilité de faire retentir un bip sympathique et rassurant.
Claude François - Le téléphone pleure
Par Nanaimo
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4
Dimanche 25 mai 2008
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11:11

L’autre jour j’ai fait un rêve
étrange : j’étais chez le dentiste, mais tout se passait comme si j’étais à un concert.
J'étais arrivé très tôt le matin, et j'avais attendu l’ouverture des portes avec d'autres gens afin d’être assuré de disposer d’une bonne place.
Plus tard, dans la salle d’attente avec parquets et moulures, tout le monde s’était assis par terre. Les haut parleurs diffusaient surtout de la musique qu’on ne connaissait pas et puis à
un moment a retenti ce vieux morceau de Brenda Lee que j’aimais bien et que je n’avais pas entendu depuis très longtemps.
Il faisait très chaud et de temps en temps un gros baraqué avec des tatouages passait pour nous arroser à l’aide de bouteilles d’eau minérale bon marché. Lorsque mon tour arriva (avec une demi
heure de retard quand même), on m’installa dans un grand fauteuil puis la lumière s’éteignit. Arriva alors un jeune dentiste que je ne connaissais pas. Ce n’était pas l’artiste que j’étais venu
voir. Il était un peu mal à l’aise, il n’avait pas le droit de se servir de tous les instruments. Il m’a fraisé rapidement deux ou trois caries, a remercié le dentiste titulaire, puis s’en est
allé pendant que la foule applaudissait mollement.
Après, la lumière s’est rallumée et tout le monde s’est précipité vers le bar, ou les toilettes. Je me rappelle qu’il y avait beaucoup la queue devant les toilettes des filles. Et puis la lumière
s’est de nouveau éteinte et mon dentiste attitré a fait son entrée sous les bravos de la foule. Je me rappelle que les gens hurlaient son nom en essayant de couvrir le son de la roulette,
certains lui disaient qu’ils l’aimaient, d’autres lui criaient d’utiliser plutôt une fraise de douze et imitaient chacun de ses gestes.
Quand il eut fini, il enleva sa blouse et quitta la pièce alors que je terminais de me rincer avec ce liquide rouge au goût étrange qui semble couler par enchantement dans le petit gobelet en
plastique quand on en approche sa main.
C’est alors que la foule s’est mise à faire beaucoup de bruit dans le but de l'inciter à revenir, ce qu’il finit par faire. Alors que j’étais déjà en train de rédiger mon chèque, il me demanda de
me rasseoir, et se livra à un nouveau détartrage qu’il fit durer beaucoup plus longtemps que le premier.
C’est à ce moment là que je me suis réveillé en sursaut, en me disant qu’on fait vraiment de trucs débiles pendant les concerts.
Brenda Lee - Stupid cupid
Par Nanaimo
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