Paris

Dimanche 11 juin 2006 7 11 /06 /Juin /2006 11:28

Je n’avais jamais vraiment traîné de ce coté là de Paris avant d’habiter pas très loin de la Place de Clichy.

Il faut reconnaître que ce lieu n’est pas tellement un endroit où l’on va, mais plus un endroit où l’on passe, par exemple pour rejoindre le périph si l'on est en voiture ou bien pour se rendre à pied à Montmartre si l’on vient de Villiers.

Ou alors, c'est qu'on a une bonne raison, comme par exemple aller voir un film au Pathé Wépler ou mieux au cinéma des cinéastes ou alors aller acheter du placo au Castorama (je ne peux pas croire que se rendre au flunch très glauque au dessus du casto puisse consister un but en soi).

Ce qui me frappe dans la place de Clichy, c’est que ça tourbillonne à toute heure du jour et de la nuit. Un peu comme si tourner autour de la place était un moyen de prendre son élan pour gagner de la vitesse afin de se lancer vers un autre quartier de Paris, comme un vaisseau spatial pourrait le faire autour de la lune, mettant à profit les lois de Képler pour bénéficier d’une foudroyante accélération naturelle vers la planète Mars.

Par Nanaimo - Publié dans : Paris
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Vendredi 2 juin 2006 5 02 /06 /Juin /2006 08:01
Je rêve de pouvoir accrocher sur les portes du métro ce petit carton que l’on suspend à la poignée extérieure de sa chambre d’hôtel et qui a l’effet magique que personne ne vient alors plus vous déranger ou faire du bruit (notons aux passage qu’on peut également le suspendre à la poignée intérieure auquel cas il est nettement moins efficace).

Il faudrait que l’on interdise l’accordéon dans le métro (et peut être aussi l’accordéon tout court d’ailleurs). Je supporte de moins en moins bien (en fait non en y repensant je n’ai jamais supporté) le son de l’accordéon après une journée de travail (avant non plus d’ailleurs, ça n’est pas davantage supportable l’accordéon au réveil).

Même bien joué, l’accordéon est toujours un supplice aux oreilles. Au fait est-il possible de mal jouer de l’accordéon ? L’accordéon est il un instrument qui permette que l’on en joue doucement ?

A chaque fois, mon ipod tente du lutter contre le volume sonore de l’engin dans une absolue cacophonie avant de lâcher prise me condamnant à l’unique son de l’instrument diabolique. J’ai souvent eu envie de proposer une subvention culturelle de 20 euros aux saltimbanques dissonants sous la condition qu’ils aillent torturer le wagon d’à coté.

Quitte à jouer de la musique dans les wagons du métro, pourquoi ne pas choisir un instrument calme et harmonieux, je sais pas moi la flûte traversière, le triangle ou même la harpe ? Je suis sur que je donnerais des sous avec plaisir à quelqu’un qui jouerait de la harpe dans les rames de la ligne 1 notamment
parceque je ne crois pas que l'on puisse jouer de la harpe fort.

Je me rappelle il y a quelques années avoir croisé dans les couloirs du métro une dame qui jouait de la harpe. Entendre raisonner ce son dans le métro parisien avait un je ne sais quoi de surréaliste et d'agréable. J’ai cependant du mal à croire qu’elle ait pu faire passer sa harpe à travers les tourniquets, je pense donc qu’elle s’était résignée à vivre dans les couloir du métro après qu'elle eut terminé le montage de sa harpe en kit pour tuer le temps en attendant son métro.
Par Nanaimo - Publié dans : Paris
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Lundi 1 mai 2006 1 01 /05 /Mai /2006 08:01

Hep

Je prends beaucoup de taxis. Non pas par goût de prendre des taxis, mais comme une conséquence directe du fait que je prends beaucoup d’avions et que je n’ai pas de voiture.

Il y a des chauffeurs de taxi qui vous conduisent d’un point A à un point B sans un mot, sans un regard. Parfois vous adoreriez tomber sur ce chauffeur de taxi muet pour vous conduire très tôt le matin à l’aéroport mais en général quand vous n’avez pas envie de parler, vous tombez plutôt sur un bavard qui meurt d’envie de vous faire un brin de causette. Paris dort encore, les travestis vont se raser, les strip-teaseuses vont se rhabiller, normalement à cette heure ci vous êtes au fond de votre lit, là vous êtes tout vermoulu vous n’avez qu’une envie, qu’on vous laisse tranquille au fond de cette Mercedes, mais vous ne pouvez échapper à cette conversation passionnante sur le fait que rien ne va dans ce pays.

Je me rappelle d’une chauffeuse de taxi qui ne m’avait pas décroché un mot jusqu’à ce que je remarque avec étonnement la présence d’un chien sur le siège passager. J’ai alors eu droit au bulletin de santé détaillé du dit chien qui était sujet à des crises d’épilepsie dont aucun détail ne m’a été épargné pendant l’intégralité du reste du trajet.

Je me rappelle de ce chauffeur de taxi visiblement très mal dans sa tête qui insultait son taximètre sous le prétexte qu’il avait émis un bip déplacé avant de lui taper dessus en lui criant « toi je vais te casser la tête ». Le tout en atteignant en un temps record la vitesse de 140 km/heures sur le boulevard circulaire de la Défense.

Je me rappelle avoir failli perdre douze fois la vie à bord de ce taxi à Marseille dont la conduite avait sans doute inspiré les scénaristes du film taxi. Je me rappelle lui avoir lâchement menti quand en me tendant sa carte il m’avait demandé si je reprenais l’avion le soir.

Je me rappelle avoir lu mille fois sur le visage des chauffeurs de taxi l’expression caractéristique du mensonge au moment où ils vous annoncent que la machine à carte bleue est en panne alors que vous n’avez pas de liquide. Quelques minutes plus tard votre valise et vous parcourez tout l’aérogare à la recherche d’un improbable distributeur de billet avant de traverser de nouveau le terminal dans l’autre sens et de vous acquitter enfin de cette dette sur laquelle votre gentil chauffeur n’aura pas à s’acquitter de la commission  de 3 % d’un paiement par carte.

Je me rappelle être rentré souvent à pied le soir, en ne croisant que des taxis occupés, des taxi libres que ça n’intéresse pas d’aller dans votre rue, ou des taxis vides qui semblent faire mine de ne pas vous avoir vu héler. (Héler est un verbe désuet comme je les aime qu’on ne peut employer dans nulle autre situation que celle de héler un taxi).

Par bonheur, je me rappelle aussi des courses sans histoires dans Paris au petit matin, des trajets presque aériens sur les voies sur berges désertes la nuit avec les monuments illuminés qui défilent derrière les fenêtres. 

Par Nanaimo - Publié dans : Paris
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Lundi 10 avril 2006 1 10 /04 /Avr /2006 00:00

Ce matin, un forte envie de ne pas aller travailler m’a conduit à m’accorder dix minutes de sommeil en plus.

Au début gratter dix minutes de sommeil c’est relativement simple : deux petites baffes au réveil et on n’en parle plus. Après, tout se déroule de la même façon que lorsqu’on se lève à l’heure normale jusqu'au moment où on arrive dans le métro. En effet dix minutes, c’est à peu près le temps qu’il faut pour passer d’une situation métropolitaine quand même chargée (la ligne 1 à 8h20) à une situation métropolitaine  extrêmement chargée (la même ligne 1  à 08h30).

Arrivé sur le quai, on se rend assez vite compte que la demi-heure qui vient ne va pas être très drôle (en plus on est lundi). Une fois dans le wagon on regretterait presque ces dix minutes insouciantes de pur bonheur volées au Grand Capital bien au chaud sous la couette en plume d’oie.

Vu l’heure, il n’est même pas la peine d’imaginer arriver à se faufiler vers ces places idéale où l'on peut s'adosser contre les gros joints en caoutchouc entre les wagons et lire le journal peinard. Il faut rapidement se rendre à l’évidence : on fera le voyage contre le porte, à la mauvaise place.

On se rappelle alors les mauvaises places de son passé : ce fauteuil du milieu d’une rangée de cinq dans un 747 bondé, cette place au théâtre juste derrière un poteau à laquelle on ne peut pas étendre les jambes, cet emplacement de camping tout près de la fausse septique, ce fauteuil au cinéma parfait jusqu’à l’instant où vient s’asseoir Gulliver sur le fauteuil aligné du rang de devant.

On s'installe donc tant bien que mal dans ce coin du métro qui n’en est pas un, là où l’on ne peut se rattraper à rien en cas de coup de frein, là où l’on est obligé de descendre à chaque station pour laisser passer les gens qui sortent, là où l’on a du mal a retrouver son bout de mètre carré en remontant parce que les gens qui étaient sur le quai se foutent que vous étiez avant eux dans le wagon et se dépêchent de se faufiler dans les coins les plus confortables (contre les strapontins) vous abandonnant à votre mauvaise place, celle ou il n’est même pas la peine d’imaginer ouvrir le journal ou prendre un quelconque appui.

Cette place que personne ne vous envie et à laquelle vous vous dites que deux heures de sommeil en plus auraient pu vous éviter de vous retrouver dans cette situation inconfortable.

Par Nanaimo - Publié dans : Paris
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