Paris

Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 19:21

La tempête a eu raison du vasistas de la cuisine.

Ca fait un drôle d’effet quand on rentre chez soi de trouver des bouts de verre un peu partout sans avoir laissé échappé le moindre saladier. Il m’a fallu un peu de temps pour, tel un inspecteur de la police scientifique, reconstituer un scénario probable permettant d’expliquer la présence combinée d’eau, de morceaux de verre mais aussi de ciment sur le carrelage de la cuisine. Une bourrasque plus forte aura décroché un morceau de mur, lequel morceau de mur s’ennuyant n’aura rien trouvé de mieux à faire que de se précipiter sur mon vasistas qui n’aura pas survécu à l’énergie cinétique accumulée par la brique*.

Quoi de plus jouissif quand on est déjà très très en retard sur les courses de noël de passer l’ante pénultième samedi à chercher un vitrier.

J’avais déjà évoqué ici ou les difficultés que l’on peut avoir à engager un artisan fiable à paris, les vitriers ne dérogent pas à cette règle.

J’ai d’abord pu constater qu’il était très difficile de se retrouver dans les pages jaunes. Non seulement toutes les boites de dépannage commencent par un A mais il semble également qu’ellles multiplient les inscriptions dans l’annuaire pour augmenter vos chances de se prendre dans leurs filets.

Je convoque donc un premier artisan qui m’avait annoncé au téléphone qu’il venait juste pour un devis, et qu’il ne pourrait procéder à la réparation du dit vasistas que la semaine prochaine. Une heure trente après l’heure convenue du rendez vous (les artisans parisiens, ne portent jamais de montre ou alors ils ne savent pas lire l’heure, et il semble que ça ne les dérange pas, mais alors pas du tout du tout) arrive un gars azimuté et débonnaire qui s’étonne que je le dérange pour un devis un samedi (???) jette mollement un œil au vasistas agonisant et m’annonce "Ca fera cinq cent euros". Je le raccompagne en lui assénant un "Je vous rappelle" c’est marrant on dit toujours " Je vous rappelle" alors que l’on pense : " Toi mon pèpère t’as vraiment un tronche d’escroc, jamais je ne te confierai le sauvetage de mon vasistas".

Un peu plus tard dans la journée, je me suis mis à la recherche d’un nouvel artisan. Seulement voilà, comme j’écrivais plus haut, on se perd un peu dans les pages jaunes, et j’avais pas vraiment noté le numéro du premier, donc comme un con je rappelle le même (inscrit sous un autre nom…).

Moi : Bonjour j’ai un problème de vasistas cassé

Lui : Oui nous sommes venus chez vous tout à l’heure, vous en appelez beaucoup comme ça des artisans ?

Moi : Euh … ben au moins deux

Lui : Faut nous laisser travailler monsieur plutôt que de nous déranger pour rien, il y a des gens qui ont des réels besoins.

Le candidat suivant choisi lui aussi dans les pages jaunes, n’était quant à lui pas du tout emballé à l’idée de se déplacer pour faire un devis : "Si on vient, on fait le boulot, pas de devis, c’est comme ça. Et puis vous vous en foutez si on vous arnaque, c’est l’assurance qui paye"

C’est à ce moment là que je me suis dit que vitrier c’était quand même un chouette métier, on va voir les clients qu’on veut, quand on veut, on leur facture des trucs à n’importe quel prix et on les engueulent quand ils vous retardent dans cette entreprise….


* J’aimais bien l’expression il gèle à pierre fendre, j’emploierai désormais l’expression, il vente à pierre vole.

Par Nanaimo - Publié dans : Paris
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /Oct /2006 07:36

Les touristes étrangers font parfois des milliers de kilomètres pour goûter aux charmes d’une terrasse de café à Paris, par une belle journée d’automne. Il ne faudrait pas grand-chose pour que ces moments là soient des moment parfaits : un petit rayon de soleil, le spectacle de la ville, regarder passer les gens dans la rue puis tourner un peu la tête, observer les habitués au comptoir, deviner la teneur de leurs conversations sur le passage à l’euro qui a fait augmenter tous les prix, l’insécurité, les RTT ou ces hommes politiques qui sont vraiment tous des pourris.

Le charme des café parisiens, c’est aussi ce garçon de café, forcément bourru, portant souvent (mal) la moustache qui vient prendre votre commande machinalement sans même vous regarder. Avant cela, vous l’avez attendu pendant un quart d’heure : dix fois il est passé devant vous, dix fois il s’est comporté comme si la chaise sur laquelle vous êtes assis était vide.

Un peu plus tard il vous ramènera un pauvre coca tiède sans bulle a 3 euros 80 qui n’aurait pas passé le contrôle qualité (pourtant assez laxiste) de chez Mcdo, et puis il détalera à peine le verre abandonné sur la table et lèvera les yeux au ciel quand vous lui demanderez des glaçons.

Peu après, il choisira le moment où vous êtes de train de dire quelque chose d’important ou d’intime à la personne avec laquelle vous êtes pour venir vous aboyer un "Il faut falloir que j’encaisse c’est la fin du service".

Ensuite il s’appliquera dans son rendu de monnaie pour qu’il vous soit facile de lui donner un pourboire généreux et si par hasard la somme d’argent qu’il doit vous rendre n’est pas éloignée du pourboire qu’il s’estime mériter il jouera la montre en espérant que vous lâchiez prise.

Alors parfois il vous vient des envies de vengeance, parfois vous vous entendez penser :

Un jour je viendrai dans ton café pourri en face du passage du havre* qui vend des cocas pourris à 3 €uros 80, je passerai toute l’après midi en terrasse, je te demanderai une consommation toutes les demi heures et des verres d’eau toutes les quatre minutes, je changerai d’avis, je te demanderai des reçu avec TVA et des reçus sans TVA, je demanderai à changer de table tout le temps parce que je sentirai un courant d’air. Je ne commanderai que des trucs qu’il n’y a pas sur la carte, je serai outré la pauvreté de cette carte, je parlerai fort, je fumerai le cigare, ça puera sur toute la terrasse, ça fera fuir les touristes américains, ceux qui laissent des gros pourboires. J’aurais pendant des mois collectionné les pièces de 1 et de 2 centimes il y en aura des miliers, je les abandonnerai sur la table en partant en m'excusant poliment et avec un grand sourire "Oh vraiment désolé mais je me suis pris les pieds dans la table et j’ai tout renversé, c’est pas ergonomique chez vous vraiment".

* Brasserie Le Printanier – Rue de Caumartin – Paris 9ème.

Par Nanaimo - Publié dans : Paris
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Mardi 26 septembre 2006 2 26 /09 /Sep /2006 07:39
Le traiteur chinois est sans conteste le joker absolu en matière de dîner improvisé. C'est un truc fiable, facile et sans surprise lorsque l’on s’aperçoit que le frigo est vide en rentrant de week-end comme un vrai parigot et que l’on n’a pas la force d’aller faire la queue au monoprix quand celui ci regorge de vrais parigots aux frigo vide qui, eux aussi, rentrent de week-end.

Avec le traiteur chinois pas de question à se poser : on sait qu’il sera ouvert (je suis toujours sidéré par les horaires d’ouverture de ces endroits) on sait exactement ce qu’on y trouvera, on sait d'avance ce que l’on commandera, on est même capable de prédire chaque ligne du texte de cette gentille dame qui dirige l’échoppe. Je pense que dans les écoles où l’on se forme au métier de traiteur chinois, on apprend en phonétique les phrases minimales nécessaire à l’exercice de ce commerce : "Avec la sauce ?" "Chauffé Monsieur ?"


Bien sur, vu le nombre de traiteurs chinois que compte Paris, il y a à boire et à manger, enfin je veux dire il y a du bon et du moins bon.
Il est important d’avoir un bon traiteur chinois, commeil est vital d'avoir un bon notaire, un bon dentiste, un bon garagiste. Identifier un bon traiteur chinois quand on arrive dans un quartier est un truc primordial car en fait on ne sait jamais trop à l’avance quand on en aura besoin. Un bon repérage évite de se retrouver un lundi soir de retour de week end à consommer des nems confectionnés au milieu des cafards quelques semaines plus tôt dans une baignoire d’un F2 sordide de l’avenue de Choisy.

J’aime bien les traiteurs chinois, j’aime bien les restaus chinois aussi, par contre je n’ai jamais élucidé deux mystères :


- Le premier : qu’on y serve des oranges givrées en dessert : je suis allé en Chine, au Vietnam, je n’y ai jamais vu le commencement d’une orange givrée.

- Le deuxième : qu’on ne trouve pour ainsi dire jamais d’orange givrée ailleurs qu’au restaurant chinois.

Les frères Tang auraient ils verrouillé la filière d’importation de l’orange givrée  ?
Par Nanaimo - Publié dans : Paris
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Lundi 14 août 2006 1 14 /08 /Août /2006 07:00

Il y a quelque chose de magique dans la première quinzaine du mois d’août à Paris. Au bureau il y a ce je ne sais quoi qui rappelle un peu les quinze derniers jours avant les grandes vacances à l’école, une fois que le conseil de classe etait passé, quand il n’y avait plus grand monde et plus tellement d’enjeu non plus.

Déjà on est plus vraiment obligé de mettre une cravate, ensuite on peut sur un coup de tête partir à 16 heures sans que l'indice Euronext ne bronche. On peut passer plus de temps que de raison à la machine à café avec des collègues rieurs (pour peu, bien sur, qu’on ait à sa disposition des collègues rieurs) ou bien alors se livrer à des occupations inouïes, inimaginables le reste de l’année, comme par exemple ranger son bureau ou faire du ménage sur son disque dur sans être interrompu par le moindre coup de fil. De temps en temps un mail vient s'échouer dans la messagerie, le plus souvent une notification d'absence, réponse automatique à un message envoyé le matin, unique production électronique de la journée.

La première quinzaine d’août à Paris, on aime s’étonner qu’il puisse exister le long des trottoirs des places de stationnement non occupées, ou des banquettes entières inoccupées dans le métro le matin.

La première quinzaine d’août a Paris, on trouve excitant de pouvoir traverser la rue Réaumur sans même se soucier que le petit bonhomme soit vert ou rouge.

La première quinzaine d’août à Paris, on aime errer sans but dans la ville, se poser sur les chaises en fer à coté du bassin aux canards du jardin des Tuileries et écouter le presque grondement de la ville autour.

Il faut se rendre à l’évidence, ils sont partis. Ils ont troqué les bouchons de la N118 du matin contre ceux de la route qui revient de la mer en fin d’après midi. Ils ont abandonné la densité improbable des rames de la ligne 13 pour une densité voisine sur la grande plage. Je suis d'ailleurs étonné que la promiscuité estivalle ne conduise pas plus souvent à des meurtres au parasol : "Désolé Madame, mais compte tenu de l’inclinaison du soleil, le thorax de votre mari était l’emplacement le plus favorable pour que le petit reste à l’ombre". Ils en avaient marre de la queue à la caisse du Franprix le lundi en rentrant de week-end, ils attendent maintenant sagement dans la file d’attente du super U le samedi car Ils sont tous arrivés le samedi à cause du début de la location.

Quand, trop tôt, arrive la seconde quinzaine du mois d’août à Paris, on s’étonne de voir circuler de nouveau des voitures, de ne pas deviner de place de stationnement disponible. Parfois on aimerait qu’ils ne rentrent jamais, on aimerait ne jamais remettre de cravate, pouvoir passer plus de temps à la machine à café avec des collègues rieurs et aussi que l’on démonte tous les feux de la rue Réaumur devenus inutiles.

Par Nanaimo - Publié dans : Paris
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